Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS – 21 août 2020 – Organisation mondiale de la Santé

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir.

Je souhaite commencer le point de presse d’aujourd’hui en vous donnant les dernières informations sur la flambée de maladie à virus Ebola dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo.

L’épidémie continue de prendre de l’ampleur et de s’étendre géographiquement. Hier, le 100e cas a été notifié, et 43 décès sont à déplorer dans 11 zones de santé de la province.

Actuellement, il s’écoule environ cinq jours entre l’apparition des symptômes et le moment où une alerte est lancée au sujet d’un cas suspect.

C’est inquiétant, car plus le traitement est instauré tard, plus les chances de survie diminuent et plus le virus peut se propager dans les communautés sans être détecté.

La situation a été encore compliquée par une grève des agents de santé, qui perturbe les activités, y compris la vaccination et les inhumations sans risque.

La RDC possède le personnel le mieux formé au monde pour la maladie à virus Ebola. La situation doit revenir à la normale le plus rapidement possible.

L’OMS et ses partenaires travaillent d’arrache-pied dans les communautés pour trouver des cas et les signaler le plus tôt possible.

L’Organisation soutient également le Gouvernement de la RDC afin qu’il joue un rôle plus important dans la riposte et qu’il prépare les zones qui n’ont pas encore été touchées.

Il reste urgent d’accroître les ressources humaines et les moyens logistiques pour appuyer une riposte efficace dans une zone géographique qui ne cesse de s’étendre et pour aider les responsables de la santé à repérer les cas plus tôt.

Le Gouvernement de la RDC a établi un plan pour lequel il faut environ 40 millions US $. Nous exhortons les partenaires à appuyer ce plan.

Passons maintenant à la COVID-19.

Le mois dernier, ma collègue, la Dre Maria van Kerkhove, a contacté les membres d’un groupe dont le nom est « Long COVID SOS », qui représente des patients chez qui la COVID-19 a des effets à long terme.

Cet après-midi, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec eux. Ils m’ont parlé de leur expérience et des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ces patients réclament 3 choses : reconnaissance, réadaptation et recherche.

Reconnaissance de leur maladie, services de réadaptation adaptés et travaux de recherche supplémentaires sur les effets à long terme de cette nouvelle maladie.

Bien que nous ayons beaucoup appris sur cette maladie, nous avons moins de 8 mois de recul à peine. Nous en savons encore relativement peu sur ses effets à long terme.

Voilà ce que j’ai répondu à ces patients : nous avons bien compris votre message et nous nous engageons à collaborer avec les pays pour que vous puissiez bénéficier des services dont vous avez besoin et pour faire progresser la recherche en votre faveur.

À l’échelle mondiale, il y a désormais plus de 22 millions de cas de COVID-19, dont 780 000 mortels.

Mais il ne faut pas s’en tenir au nombre de cas et de décès. Dans de nombreux pays, beaucoup de patients doivent encore être hospitalisés et ont besoin de soins complexes, ce qui représente une pression énorme sur les systèmes de santé et perturbe la prestation de services nécessaires pour répondre à d’autres besoins de santé.

Plusieurs pays connaissent aujourd’hui de nouvelles flambées après une longue période où la transmission était faible voire inexistante.

La situation dans ces pays doit alerter ceux qui constatent maintenant une baisse du nombre de cas.

Le progrès ne signifie pas la victoire.

Il est un fait que la plupart des gens resteront sensibles à ce virus.

C’est pourquoi les pays doivent absolument être en mesure de repérer et d’éviter rapidement les grappes de cas, d’empêcher la transmission communautaire et de mettre éventuellement en place de nouvelles restrictions.

Aucun pays ne pourra vaincre l’épidémie tant que nous ne disposerons pas d’un vaccin.

Le vaccin sera un outil essentiel, et nous espérons que nous en aurons un dès que possible.

Mais il n’est pas garanti que nous en ayons un, et même si nous avons un vaccin, il ne suffira pas, à lui seul, à mettre un terme à la pandémie.

Nous devons tous apprendre à maîtriser et à gérer ce virus en utilisant les outils dont nous disposons aujourd’hui, et à adapter notre façon de vivre pour garantir notre sécurité et celle des autres.

Le confinement a permis à de nombreux pays d’enrayer la transmission et d’alléger la pression sur le système de santé.

Mais le confinement n’est une solution durable pour aucun pays.

Il n’est pas nécessaire de faire un choix entre la vie et les moyens de subsistance, ou entre la santé et l’économie. C’est un faux choix.

Au contraire, la pandémie nous rappelle que la santé et l’économie sont indissociables.

L’OMS s’est engagée à collaborer avec tous les pays pour leur permettre de franchir une nouvelle étape dans l’ouverture de l’économie, de la société, des établissements scolaires et des entreprises en toute sécurité.

Pour ce faire, chaque personne doit être impliquée. Chaque personne peut agir. Chaque personne, chaque famille, chaque communauté et chaque nation doit prendre ses propres décisions, en fonction du niveau de risque.

Cela signifie que chaque personne et chaque famille est tenue de connaître le niveau de transmission localement et de comprendre ce qu’elle peut faire pour se protéger et protéger les autres.

Cependant, nous ne reviendrons pas à la situation antérieure, c’est impossible.

Tout au long de l’histoire, les flambées et les pandémies ont modifié l’économie et la société. Ce sera également le cas cette fois-ci.

En particulier, la pandémie a montré à nouveau tout l’intérêt d’agir contre les changements climatiques.

La pandémie nous a donné un aperçu de ce que notre monde pourrait être : un ciel et des fleuves plus propres.

Pour reconstruire mieux, il faut être plus soucieux de l’environnement.

En mai, l’OMS a publié un « Manifeste pour un monde en meilleure santé et plus soucieux de l’environnement », qui comporte six recommandations pour protéger la nature, investir dans l’eau et l’assainissement, promouvoir des systèmes alimentaires sains, assurer une transition vers les énergies renouvelables, construire des villes vivables et mettre fin aux subventions pour les combustibles fossiles.

En juillet, nous avons ajouté, pour chacune de ces recommandations, 81 mesures concrètes permettant aux décideurs de bâtir un monde plus sain, plus juste et plus respectueux de l’environnement.

Depuis lors, plus de 40 millions de professionnels de la santé de 90 pays ont adressé une lettre aux dirigeants du G20 pour demander une reprise viable après la COVID-19.

Et nous avons vu que de nombreux pays agissaient pour protéger les personnes, les moyens de subsistance et la planète dont ils dépendent.

Nairobi améliore l’aménagement des parcs, ajoute des forêts urbaines, construit plus de trottoirs et améliore les égouts.

Le Pakistan a mis en place un programme de « relance verte », qui offre aux travailleurs sans emploi à cause du confinement la possibilité de gagner de l’argent en plantant des arbres.

Au Royaume-Uni, l’utilisation du charbon, la source d’énergie la plus polluante, est tombée à son plus bas niveau depuis 250 ans.

L’Espagne est actuellement l’une des nations qui supprime le charbon le plus rapidement au monde. En effet, 7 des 15 centrales à charbon du pays ont récemment fermé.

Le Portugal a annoncé qu’il supprimerait le charbon d’ici à l’année prochaine.

Le Chili s’est engagé à réduire la pollution atmosphérique et le carbone noir.

De grandes villes, comme Paris, se sont engagées à devenir des « villes du quart d’heure », où tous les services peuvent être facilement accessibles à pied ou à vélo, ce qui réduit la pollution atmosphérique et permet d’atténuer le changement climatique.

L’adversité permet toujours d’apprendre, de progresser et de changer.

La pandémie de COVID-19 est exceptionnelle. Mais elle nous donne aussi une occasion sans précédent de façonner le monde dont nos enfants hériteront – le mot que nous voulons.

Je vous remercie.

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