Arnaud Réal del Sarte (CVE) : « Faire venir des collaborateurs de l’industrie pétrolière pourrait nous apporter » – Magazine Décideurs

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter CVE ?

Arnaud Réal. L’histoire de CVE est relativement récente puisqu’elle commence en 2009. CVE est un producteur indépendant multi-énergies, multi-pays, visant une production décentralisée d’énergies renouvelables commercialisées en circuit court auprès des entreprises et collectivités. Nous sommes actifs sur les marchés du solaire qui représentent plus de 90 % de notre activité, du biogaz et de l’hydroélectricité. Nous développons une activité d’innovation qui doit nous permettre de construire de nouveaux modèles énergétiques en recourant notamment à de nouvelles technologies, comme le solaire flottant.  Au-delà de la France, nous sommes également présents aux États-Unis, au Chili et en Afrique. Avec 33 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, nous sommes aujourd’hui une entreprise d’une taille relativement modeste mais avec de fortes ambitions de croissance pour les années futures.

Quelles sont les similitudes entre l’oil&gas et les énergies renouvelables ?

Bien que très différentes, ces deux industries ont pour point commun d’être structurées autour du projet : tous les process internes sont structurés autour de cette brique de base et s’articulent ensuite autour des cinq phases du cycle de production : développement, financement, construction, exploitation et vente d’énergie. La phase de développement est certainement moins technique dans le monde du renouvelable, c’est avant tout un savoir-faire, alors que l’industrie pétrolière fait appel à des compétences extrêmement pointues. Néanmoins, nous utilisons les compétences d’un Système d’information géographique (SIG) afin de repérer le positionnement de nos futures centrales. Par ailleurs, nous nous sommes dotés récemment des compétences d’une data analyst afin de capitaliser sur les énormes quantités de données qui sont à notre disposition, afin par exemple d’être en mesure d’effectuer de la maintenance prédictive. Le financement des projets présente en revanche de grosses similitudes, ces deux industries étant très consommatrices de capitaux. Enfin, le nerf de la guerre et les barrières à l’entrée sont sensiblement les mêmes : l’acquisition de foncier ou de champ de pétrole et de gaz et le financement.

La crise qui touche actuellement le monde du pétrole va-t-elle pousser des compétences vers votre industrie ?

D’ordinaire, nous préférons recruter des collaborateurs directement issus du monde des EnR car ils sont davantage plug&play. Il y a un mouvement inéluctable qui va amener des candidats de l’oil&gas vers les énergies renouvelables : je suis moi-même un ancien de Technip ! Nous sommes une industrie récente et les entreprises du secteur recrutent massivement et éprouvent des difficultés à trouver certains profils. Faire venir des collaborateurs de l’industrie pétrolière qui ont connu des environnements très normés et très professionnalisés pourrait nous apporter quelque chose au-delà de l’élément fondamental de la connaissance des projets. Mais il faut garder à l’esprit que nos collaborateurs ne rejoignent pas CVE par hasard, ils ont un très fort prisme vers l’environnement et cherchent souvent à donner un sens à leur carrière professionnelle en intégrant une entreprise avec des engagements sociaux et environnementaux forts. Nous nous posons d’ailleurs la question de devenir une entreprise à mission, notre stratégie étant basée sur le projet humain.

Nous nous posons la question de devenir une entreprise à mission

Comment la crise du Covid vous a-t-elle affectée ?

Le secteur des EnR est un secteur résilient qui a été moins impacté que d’autres industries par la pandémie du Covid-19. L’impact sur nos résultats 2020 ne sera pas significatif. Nos projets en développement enregistrent en revanche des retards de deux à six mois, du fait notamment de procédures ralenties auprès des collectivités locales. Nos chantiers en France ont également été arrêtés, tandis que ceux situés à l’étranger ont pu se poursuivre.

Propos recueillis par Boris Beltran

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