« Bachelor ou MS, l’Usine du futur constitue une véritable opportunité », Patxi Ellissalde, dir. ESTIA – https://grandes-ecoles.studyrama.com/

Vous lancez, à l’ESTIA, un MS Procédés du futur et robotisation, en quoi et comment les procédés du futur doivent évoluer ? Qu’entend-on par Usine du futur ? Quelles sont les compétences attendues pour les ingénieurs de demain ?

« L’Usine du futur, appelée aussi usine 4.0 est la 4e révolution industrielle, après celles de la mécanisation, de la production de masse et de l’automatisation. Elle vise à l’intégration des technologies digitales, de l’Internet et des usages du numérique dans l’industrie. Cette transformation digitale de l’appareil de production permet de produire avec plus d’efficacité et d’agilité et à des coûts optimisés. Elle est une réponse aux logiques qui ont conduit de nombreuses entreprises à délocaliser leur production pour assurer leur compétitivité. A l’heure où l’urgence climatique milite pour une production plus locale et où des crises comme celles du Coronavirus montrent la dépendance induite par ce modèle, l’Usine du futur constitue une véritable opportunité. Elle s’appuie sur la mise en oeuvre de procédés de fabrication avancés dont les matériaux composites et la fabrication additive sont des leviers incontournables. Ils apportent aux matériaux, un potentiel d’allégement, de solidité, de durabilité, de fonctionnalités augmentées et de personnalisation. De nombreux secteurs en retirent des bénéfices ou sont en passe de le faire : aéronautique, spatial, automobile, article de sports, médical (prothèses), électricité, éolien, construction, nautisme, luxe, outillage… Ces technologies sont au cœur des apprentissages du mastère spécialisé (MS) Procédés du futur et robotisation qui adresse, en situation industrielle, les domaines des matériaux, des procédés et de leur robotisation. Cette formation permet d’acquérir un niveau technique très élevé et une approche opérationnelle essentielle à la mise en œuvre des solutions manufacturing de l’usine du futur. Ce sont les compétences attendues pour les ingénieurs d’aujourd’hui car la mise en œuvre de ces nouvelles méthodes de production représente un investissement important pour les entreprises. »

Pourquoi un MS et pourquoi pas une spécialité du cursus ingénieur ?

« D’une part, le MS Procédés du futur et robotisation est centré sur des procédés émergents qui impliquent une démarche de transition très impactante sur les cycles de production industrielle. Faire évoluer ces derniers en développant de nouveaux procédés nécessite une connaissance des deux mondes, l’actuel et celui d’après. Cette démarche nécessite aussi l’acquisition de compétences pluridisciplinaires et opérationnelles auprès d’une entreprise impliquée dans le développement de ces nouveaux procédés. Ces raisons ont conduit à la création d’un mastère spécialisé sur ces nouveaux procédés et à son organisation en alternance. D’autre part, l’expression de besoin des industriels qui travaillent à leur démarche d’innovation sur nos plateformes technologiques est à l’origine de la création du MS Procédés du futur et robotisation : former leurs ingénieurs pour accompagner leur transition numérique. Souvent formées en interne à cette problématique, leurs ressources le sont en environnement de production, ce qui n’est pas idéal. Le MS « Procédés du futur et robotisation » adresse donc un public en quête de spécialisation dans le cadre de la formation continue mais aussi de jeunes ingénieurs en formation initiale. Cette mixité est d’une grande richesse. »

Pourquoi vous être associé à Sigma Clermont ?

« Sigma Clermont travaille beaucoup en recherche sur les procédés de fabrication, un domaine dans lequel l’ESTIA dispose d’un parc d’expérimentation important qui a conduit à nouer une collaboration pérenne, notamment dans le cadre de la Chaire de Fabrication Additive de Sigma Clermont. Il y a des convergences très fortes entre Sigma, spécialisée en mécanique et chimie, et l’ESTIA, plus généraliste. Sigma Clermont apporte ses compétences dans les matériaux et les procédés et l’ESTIA nourrit les recherches de ses compétences informatiques et de l’accès à ses plateformes technologiques, Compositadour et Addimadour. »

Peut-on parler de double compétence ou de spécialisation, c’est-à-dire d’une formation capable d’accueillir des ingénieurs de tous profils ?

« La formation s’adresse à trois types de public : aux étudiants ayant tout juste obtenu leur diplôme de niveau master 2, sans expérience professionnelle. Ces étudiants cherchent une spécialisation forte dans le domaine des procédés de fabrication ; aux candidats disposant déjà d’une expérience professionnelle, souhaitant une spécialisation ou reconversion professionnelle ; aux professionnels en activité. Les diplômes ou profils requis sont dans tous les cas un master 2 ou un diplôme d’ingénieur habilité par la commission des titres d’ingénieur (CTI), généralistes ou plus spécialisés, éventuellement avec une spécialité mécanique et/ou génie mécanique de préférence, ou avec une orientation matériaux, procédés, robotique, génie industriel… »

L’ESTIA propose aussi un Bachelor centré sur l’Usine du futur, répond-il à cette même logique de compétence technologiques ?

« C’est dans l’ADN de l’ESTIA de former des ingénieurs innovants et acteurs du changement. Dans cette démarche, l’école s’appuie sur trois moteurs : la formation trilingue et la mobilité internationale de ses étudiants ; l’interaction permanente avec le monde de l’entreprise ; l’animation d’un écosystème d’innovation impliquant l’ensemble des étudiants et des enseignants. En poursuivant l’objectif de former les cadres intermédiaires de l’industrie du futur et de la transformation numérique, le Bachelor de l’ESTIA est imprégné de cette identité. Il initie les étudiants à des domaines avancés (matériaux et numérique), comporte des modules de formation spécifiques à l’industrie du futur, à la robotique, aux systèmes embarqués, au management de la technologie… L’immersion en environnement industriel et l’enseignement trilingue (français, espagnol, anglais) constituent aussi ses composantes fortes. Enfin, le Bachelor de technologie Usine du futur offre l’opportunité d’accéder au cycle ingénieur ESTIA et de devenir ingénieur en 5 années d’études. »

Allez-vous demander le grade de licence pour le Bachelor ? L’obtention du grade est d’être adossé à la recherche : qu’en est-il pour l’ESTIA ?

« Oui, l’ancrage du Bachelor de l’ESTIA à la recherche est effectif et garanti. 80 % des enseignants sont aussi chercheurs, et développent leurs travaux scientifiques au sein de ESTIA Recherche dans les domaines des systèmes cyber physiques, des énergies renouvelables, ou des interactions hommes-systèmes. Pour parfaire leurs connaissances aux métiers de l’industrie, les élèves du Bachelor en ingénierie consacrent au moins 206 heures de leur formation sur les plateformes technologiques et industrielles de l’ESTIA : robotisation des procédés de fabrication des structures composites, fabrication additive métallique, smart grids et énergies renouvelables, hub innovation et entreprenariat, simulation numérique. Outre de disposer des outils et des machines les plus avancées en la matière, ces plateformes accueillent des équipes de recherche spécialisées. Les élèves du Bachelor y acquièrent des compétences. Ils sont au contact des chercheurs et des industriels. Ils en retirent une image réaliste des métiers de l’industrie comme de la recherche. »

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