Barbara Pompili et écologie : pourquoi la ministre est attendue au tournant – Sud Ouest

Quatrième ministre de l’Environnement d’Emmanuel Macron, Barbara Pompili est attendue au tournant par les défenseurs de la transition écologique qui, tout en saluant son engagement, doutent de sa capacité à peser pour faire réellement de l’écologie le « moteur essentiel » de la relance. « Le gouvernement travaillera dans les prochaines semaines à un plan de relance économique dont l’écologie devra être un moteur essentiel », a déclaré la nouvelle ministre mardi en prenant ses fonctions.

« Cela ne se concrétisera que si l’écologie (…) devient aussi l’affaire de tous les membres de ce gouvernement », a insisté l’ancienne députée écologiste, qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle de 2017, alors qu’elle était secrétaire d’État à la biodiversité de François Hollande. « Barbara Pompili, on la connaît bien, elle a un vrai engagement écolo, de vraies convictions personnelles », commente Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France.

Quel poids au gouvernement ?

Mais « on a plus de doutes sur sa capacité à peser au sein de ce gouvernement et sur la place réelle que vont lui faire le Premier ministre et le président », indique-t-il. « On espère qu’elle pourra réussir là où d’autres ont essuyé des revers. Mais ça ne va pas être simple ». Le début du quinquennat a été marqué par la démission fracassante du populaire Nicolas Hulot, qui ne croyait plus à son rôle au sein du gouvernement après de multiples « déconvenues ».

Les ONG ont depuis largement critiqué ses successeurs, François de Rugy et Elisabeth Borne, restés chacun à peine un an à la tête de ce « ministère de l’impossible », qui doit exister face aux lobbies et se battre dans les arbitrages avec Bercy ou le ministère de l’Agriculture. Aujourd’hui « le changement de gouvernement ne garantit pas pour l’instant un changement profond de politique », a insisté le WWF sur Twitter. « Tout reste à prouver! » La nouvelle ministre devra notamment mettre en musique les 146 (sur 149) propositions de la Convention citoyenne sur le climat retenues par le président.

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Des « annonces fortes » ?

Alors que l’obligation de rénovation des « passoires thermiques » d’ici 2040 est une mesure phare des 150 citoyens, le logement est désormais rattaché au ministère de la Transition écologique, sous la houlette de la ministre déléguée Emmanuelle Wargon. « C’est plutôt encourageant et certainement le signe qu’on peut s’attendre à des mesures sur la rénovation thermique des bâtiments. On espère des annonces fortes », souligne Jean-François Julliard. Après la « vague verte » aux municipales, d’autres mesures issues de la Convention sont sur la table, comme la limitation de l’artificialisation des sols et des nouvelles zones commerciales.

Alors que le gouvernement a acté l’abandon du mégacomplexe Europacity, en région parisienne, des collectifs réclament un moratoire sur les projets périurbains d’entrepôts du e-commerce ou de zones commerciales. « La nomination de Barbara Pompili (…) deux semaines après qu’elle a pris publiquement fait et cause pour le moratoire représente un autre signal positif », estime l’ONG Les Amis de la Terre.

Développer les énergies renouvelables

Autre dossier de poids sur la table de la ministre : la mise en oeuvre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à l’horizon 2028, qui grave dans le marbre la volonté du gouvernement de réduire le nucléaire, avec la fermeture prévue de nouveaux réacteurs après Fessenheim, et de développer les renouvelables. Les filières des énergies renouvelables se sont « félicité » de la nomination de la députée LREM. Son arrivée « intervient à un moment clé du développement de la filière éolienne en France« , pour France Énergie Eolienne.

Même ambition côté solaire, dont le secteur veut être « un fer de lance de la relance ». « Le solaire doit passer à la vitesse supérieure », a plaidé dans un communiqué Daniel Bour, président du syndicat Enerplan, réclamant notamment la levée des « blocages administratifs » pour pouvoir atteindre l’objectif annuel de la PPE de 3GW. La nouvelle ministre garde également sous sa tutelle le ministre délégué aux Transports, premier secteur d’émissions de gaz à effet de serre, alors que les défenseurs du climat dénoncent des aides massives accordées aux secteurs de l’aérien et de l’automobile après la crise du Covid-19.

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