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Ces éoliennes low-tech lilloises ont le vent en poupe – Les Échos Start

Si la force du vent est une source d’énergie inépuisable et écologique, la technologie derrière la production d’énergie éolienne présente encore des inconvénients majeurs pour son développement à grande échelle. Souvent décriée par les écologistes (extraction néfaste des métaux rares), elle impose par exemple des nuisances sonores et visuelles grandeur nature, ainsi qu’un danger pour la faune et la flore locale. Autre point souvent critiqué : l’extraction de matières premières nécessaires à sa fabrication, à la fois énergivore et polluante. C’est précisément sur cet élément que se penche la jeune pousse lilloise Unéole, qui produit et installe depuis 2015 des mini-éoliennes silencieuses et éco-conçues sur les toits des bâtiments urbains. Cette éolienne low-tech, haute de 3,85 mètres et large de 1,96 mètre, est fabriquée à partir de matériaux recyclés – et recyclables – tels que l’aluminium et l’inox, sourcés principalement de manière locale, dans le nord de la France.

De quoi transformer même les anti-éoliennes en adeptes du système. « Elles ne font pas de bruit et, en plus, ne perturbent pas la nature car elles sont posées sur les toits des bâtiments en béton », se félicite Quentin Dubrulle, à l’origine du concept et fondateur d’Unéole. L’aventure de ce diplômé en marketing passionné de technique a débuté en 2006, en Polynésie française, lorsqu’il travaillait pour une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables. « On installait beaucoup d’éoliennes dans des villas de riches propriétaires qui souhaitaient avoir une autonomie énergétique », se souvient-il. Une fois rentré en métropole, il constate que l’engouement croissant des particuliers pour les panneaux solaires n’a pas d’équivalent pour les éoliennes. Après un an d’incubation, il crée son entreprise en 2014 et le premier prototype (la V1) de son éolienne low-tech urbaine, l’année suivante.

Compter 5.000 euros pour une éolienne

Cette première version, développée en collaboration avec une dizaine d’enseignants-chercheurs et une cinquantaine d’étudiants ingénieurs de l’Université Catholique de Lille et de l’Ecole nationale supérieure des Mines-Télécom de Lille-Douai, était élaborée à partir d’un composite de fibre de lin, plus écologique que la fibre carbonée utilisée pour la plupart des éoliennes, et biosourcée localement dans la région des Hauts-de-France. Posée pour la première fois en octobre 2015 sur le parking du groupe Eiffage, premier client d’Unéole, cette V1 permet à l’entreprise de décoller mais rencontre quelques limitations pour augmenter d’échelle : un coût par unité très élevé, pouvant monter jusqu’à 10.000 euros, et une faible stabilité en raison de la nature du matériau principal, la fibre de lin. C’est alors, en 2017, que la V2 voit le jour, cette fois élaborée à partir d’aluminium et d’inox recyclés, sourcés auprès de recycleries à Dunkerque. « Encore plus écologique que la V1 puisque l’empreinte carbone des matériaux recyclés est moindre que celle de la fibre de lin », souligne Quentin Dubrulle. Moins chère, aussi.

Si la technologie ne pourra jamais être zéro carbone, concède le fondateur d’Unéole, l’entreprise compense ses émissions de CO2 afin d’atteindre la neutralité. Avec huit unités déjà installées, principalement dans les Hauts-de-France, et une vingtaine de projets en cours, l’entrepreneur mise désormais sur Paris, Rennes, Marseille ou encore la Chine pour développer son offre qui, pour l’instant, demeure principalement destinée aux constructeurs, aux promoteurs immobiliers et aux bailleurs sociaux. Car si le prix de la V2 d’Unéole est plus accessible que celui de sa V1, il reste élevé : il faut compter environ 5.000 euros pour une éolienne.

Dans la pratique, n’importe quel particulier pourrait suivre la notice de montage et installer sa propre mini-éolienne. « C’est comme un gros Lego », plaisante Quentin Dubrulle. A terme, l’entreprise compte proposer un kit DIY pour les particuliers sur son site web afin que celles et ceux qui le souhaitent puissent monter eux-mêmes leur éolienne urbaine. Toutefois, excepté pour les grandes maisons de campagne qui disposent de champs en hauteur (pour que le vent s’engouffre), Quentin Dubrulle prévient : les machines, encore trop volumineuses, pourraient nuire à l’esthétique d’une maison traditionnelle.

Installée sur une copropriété dans une zone bien exposée, celle-ci pourrait produire quelque 1.000 kWh par an – ce qui reste insuffisant pour rendre complètement autonome un immeuble de quatre étages, qui aurait besoin d’une dizaine d’éoliennes pour couvrir ses besoins énergétiques, pourvu qu’il soit déjà un bâtiment basse consommation.

Produire de l’énergie de jour comme de nuit

C’est précisément pour pallier ces aléas énergétiques que l’entreprise travaille désormais sur une autre innovation made in France, cette fois unique au monde : la première plateforme de production d’énergie mixte urbaine, mêlant éolien et solaire. Construite sur bâtiment à toit plat, celle-ci inclut des éoliennes Unéole qui sont surplombées par un toit couvert de panneaux photovoltaïques, s’intégrant à l’architecture du bâtiment comme un nouvel étage, ce qui permet de profiter de la totalité de la surface sans l’encombrement des équipements déjà présents sur le toit.

Unéole

En amont de la pose, l’entreprise effectue une étude des vents et des besoins énergétiques du bâtiment afin d’évaluer le nombre d’éoliennes nécessaires pour rendre l’immeuble énergétiquement performant, voire autonome. Ce système combiné est, de plus, capable de générer de l’énergie autant de jour que de nuit. Un progrès considérable en matière d’efficacité et de stockage, ce qui réduit également la facture d’électricité, avec un coût de production de moins de 12 centimes le KWh en centre-ville, selon l’entreprise, contre XX en moyenne en France.

La première de ces plateformes au mix énergétique sera posée cette année dans le site du Centre de Développement des Eco-entreprises (CD2E) à Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais. L’entreprise mise néanmoins déjà sur des projets pour des clients potentiels de taille, tels que le ministère de l’Economie et des Finances pour une installation à Bercy, ou encore l’Agence de l’Urbanisme chinoise pour une plateforme mixte éolienne-solaire dans le nord de Pékin. Un vent qui souffle décidément dans la bonne direction autant pour les énergies renouvelables que pour les low-techs.

Sparknews fait émerger en France et dans le monde des innovations sociales et positives qui accélèrent la transition écologique. L’entreprise crée aussi des programmes de sensibilisation sur ces thématiques, notamment auprès des médias.

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