Cocktail énergétique – Les Échos

Publié le 22 juil. 2020 à 16h51

Pour qu’un cocktail soit réussi, il importe de bien doser chacun des ingrédients. Alors qu’une étude démontre que pour la première fois, sur le premier semestre 2020, l’Europe a produit plus d’électricité à base d’énergies renouvelables que d’énergies fossiles, certains pourraient être tentés de se dire que l’avenir de l’électron pourrait ne plus se conjuguer demain qu’à base de solaire et d’éolien. Ils auraient tort.

La vérité est que comme dans bien d’autres activités économiques, c’est souvent la dose qui constitue le poison. Au même titre que la France ferait fausse route si elle décidait de ne miser que sur le nucléaire, l’Europe de l’énergie doit prendre garde de ne pas accréditer l’idée que l’heure est venue de mettre tous nos oeufs dans le panier des énergies vertes.

Si l’on doit se féliciter de constater qu’en moins de cinq ans l’essor de l’éolien et du solaire a permis de diminuer de moitié notre dépendance au charbon à l’échelle européenne, il faut garder à l’esprit que la performance sur les six premiers mois de l’année n’est pas que structurelle mais aussi conjoncturelle. La crise du Covid ayant provoqué un arrêt brutal de l’industrie européenne, la consommation électrique s’est effondrée comme jamais. Logiquement, les électriciens ont préféré arrêter de faire tourner leurs centrales à charbon et au gaz plutôt que de recouvrir de bâches leurs panneaux solaires ou de replier les pales de leurs éoliennes.

Sur le second semestre marqué par l’hiver, le froid, la baisse du nombre d’heures d’ensoleillement et une reprise industrielle, la consommation d’électrons va repartir et les énergies vertes vont mathématiquement reperdre un peu de terrain. Une Europe qui ne serait aujourd’hui branchée que sur du solaire et de l’éolien, serait un continent qui basculerait dans le noir et le froid.

Diaboliser l’atome

Il ne faut d’autre part pas perdre de vue que l’hydraulique que l’on oublie souvent représente près de la moitié de la production électrique des énergies renouvelables et que dans certains pays comme la France ou la Grande-Bretagne, le nucléaire fait encore partie de notre cocktail énergétique.

Plutôt que de diaboliser l’atome et d’encenser les éoliennes, l’ approche pragmatique consiste à reconnaître que pour préserver au maximum l’environnement tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles importées, l’Europe doit s’appuyer sur un mix énergétique le plus diversifié possible. Un mix qui permet de produire plus à la demande en s’affranchissant de l’intermittence des énergies éoliennes et solaires. Et un mix qui permette de stimuler la concurrence et l’innovation entre les différentes sources d’énergies.

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