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Comment l’Égypte mise sur les énergies renouvelables pour répondre à la hausse attendue de la demande d’énergie – Espace Manager

Par ToufiK Khitous (*)

Pour répondre à sa demande croissante d’énergie, l’Égypte se tourne vers les sources d’énergie renouvelable. Ses objectifs, s’ils sont atteints, verront le pays devenir un pionnier dans le paysage énergétique africain. Mais les plans sont-ils réalistes ?

La population égyptienne a désormais dépassé les 100 millions. En tant que l’une des nations les plus peuplées et les plus dynamiques du continent africain, fournir de l’électricité à tous ses citoyens est une priorité pour le gouvernement égyptien.

Pour assurer la sécurité et la stabilité continues de l’approvisionnement énergétique, l’Égypte a lancé une stratégie de diversification énergétique, connue sous le nom de « Stratégie énergétique durable intégrée (ISES) 2035 », qui vise à accélérer le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans le pays.

En effet, l’Égypte compte produire 20% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2022 et 42% d’ici 2035. En ce qui concerne 2035, l’objectif est que l’éolien puisse fournir 14%, l’hydroélectricité 2% et le solaire 25%.

Une ambition motivée par la nécessité

Il s’agit certes d’un plan énergétique extrêmement ambitieux, mais nécessaire à l’épanouissement de l’Égypte. Le pays souhaite en particulier diversifier son mix de sources d’énergie. L’Égypte a introduit l’énergie nucléaire et développe également quelques mégaprojets qui apporteront une quantité massive de gaz dans son mix énergétique.

Cela contraste fortement avec 2014, où, en raison de pénuries d’électricité, l’Égypte a été contrainte d’introduire davantage de charbon dans son mix énergétique afin de réduire sa dépendance à l’égard du gaz importé. La demande croissante, la baisse des coûts des énergies renouvelables et la découverte de nouvelles sources de gaz naturel ont permis à l’Égypte de diversifier son mix énergétique et de devenir un exportateur de gaz.

De plus, les préoccupations environnementales liées à la production et à l’utilisation du charbon ont renforcé cette approche écologique. L’Égypte a signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ce qui signifie qu’elle n’a d’autre choix que de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.

Un effet domino ?

L’exploitation des énergies renouvelables profitera à l’Égypte de différentes façons : elles amélioreront la croissance économique du pays et apporteront des revenus en devises. On s’attend également à ce que l’utilisation accrue des énergies renouvelables conduise à l’exportation de combustibles fossiles ou à leur utilisation dans d’autres secteurs au pays, tels que la production industrielle.

La transition vers les sources d’énergie renouvelables devrait également aider les entreprises locales en Égypte, car le coût de l’électricité est un facteur essentiel pour les chefs d’entreprise. Bien que l’énergie solaire et l’électricité durable ne soient pas encore largement disponibles dans le pays, le plan de l’Égypte visant à exploiter les sources d’énergie renouvelables à long terme est courageux. Davantage d’usines se tourneront vers les sources d’énergie renouvelables durables si elles s’avèrent économiquement rentables, en raison du coût de production et du prix croissant de l’électricité.

Obstacles infrastructurels et géographiques

Cependant, afin de tirer parti des avantages de la transition vers les énergies renouvelables, l’Égypte doit surmonter quelques obstacles infrastructurels et géographiques.

Un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) fournit une évaluation complète et des recommandations pour les principales mesures que l’Égypte doit prendre pour atteindre les objectifs définis dans l’ISE. Le rapport souligne la nécessité d’actualiser les stratégies du secteur de l’énergie électrique de l’Égypte afin de refléter les avantages de coût croissants et les autres avantages des énergies renouvelables. Il se concentre également sur la réforme du cadre de marché existant pour améliorer la faisabilité économique des projets.

De plus, le pays étant divisé en deux par le Nil, de nombreuses régions du sud ne sont toujours pas connectées au réseau national. L’Égypte est très désireuse d’investir dans le secteur du tourisme le long de la mer Rouge, ce qui signifie qu’il y a un besoin non seulement d’infrastructures mais aussi d’électricité pour fournir à ces régions.

La situation de l’Égypte a beaucoup changé depuis 2011. De nos jours, le problème est la distribution plutôt que la consommation. L’Égypte a pour tradition de fixer sa distribution d’énergie verticalement. Cela a un impact plutôt négatif sur la façon dont l’énergie est consommée, mais cela peut changer puisque nous commençons à voir de plus en plus d’industries entrer dans le pays alors que l’Égypte encourage la participation du secteur privé.

Ce qui nous attend?

Entre 2022 et 2027, l’Égypte prévoit d’installer une centrale thermique supplémentaire et deux centrales électriques à « charbon propre ». On s’attend à ce que ces initiatives dépassent les demandes de pointe de puissance et d’électricité du pays.

Parmi les objectifs d’énergies renouvelables pour 2022, le solaire et l’éolien sont considérés comme réalisables. En particulier, le projet Benban Solar Complex, qui est considéré comme l’un des plus imposants projets de centrales solaires photovoltaïques au monde avec une capacité totale installée de 1,8 GW, devrait être mis en service parallèlement à un certain nombre de projets de parcs éoliens à grande échelle dans la région de Suez.

L’Égypte a certainement beaucoup de questions sans réponse à l’heure actuelle, mais elle semble être sur la bonne voie. Trois grands volets – le gaz, les turbines marines et les énergies renouvelables – doivent jouer leur rôle à l’avenir. L’Égypte n’a pas le choix; elle doit investir dans les énergies renouvelables. Le secteur ne représente à l’heure actuelle qu’environ 2% du mix énergétique, mais ces annonces pourraient le porter à 20% – c’est presque une révolution.

(*) ToufiK Khitous, Responsable du Développement Commercial pour l’Afrique du Nord chez Wartsila

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