Covid-19 : maigre réponse dans le secteur des énergies renouvelables en Afrique – SciDev.Net Afrique Sub-Saharienne


[NAIROBI] Selon une étude, jusqu’en juin de cette année, seuls trois pays africains, le Burkina Faso, le Kenya et le Nigéria, avaient encouragé l’utilisation des énergies renouvelables pour contrôler les défis que le COVID-19 a imposés dans le secteur.

Selon l’étude, la COVID-19 a gravement touché le secteur énergétique africain, bloquant la construction de nouveaux projets et menaçant ainsi d’annuler les progrès réalisés jusqu’à présent dans la lutte contre la pauvreté énergétique en Afrique.

Les gouvernements africains ont mis en place des incitations dans le cadre de plans de relance économique pour amortir les effets de la pandémie de la COVID-19.

« Ces incitations ont eu un impact négatif sur les revenus des services publics d’électricité, ce qui pose des défis pour la sécurité de l’approvisionnement, car des revenus sont nécessaires pour l’exploitation et la maintenance ainsi que pour les nouveaux projets », déclare Mark McCarthy Akrofi, co-auteur de l’étude et chercheur à l’Institut des sciences de l’eau et de l’énergie à l’université panafricaine en Algérie.

“Avec les perturbations causées par la COVID-19, il est nécessaire de comprendre son impact dans le secteur de l’énergie”

Mark McCarthy Akrofi, université panafricaine, Algérie

Ademola Adenle, présidente et fondatrice de l’Africa Sustainability Innovation Academy, basée au Nigeria, a confié à SciDev.Net que l’incapacité des gouvernements africains à adopter des politiques claires pour la mise en œuvre de programmes renouvelables a un impact négatif sur la transition vers l’énergie verte.

« Avec les perturbations causées par la COVID-19, il est nécessaire de comprendre son impact dans le secteur de l’énergie pour s’assurer que la pandémie ne ruine pas les progrès réalisés jusqu’à présent dans la lutte contre la pauvreté énergétique en Afrique », ajoute Mark McCarthy Akrofi.

Les chercheurs ont identifié des actions liées à l’énergie en rapport avec la COVID-19 et publiées par des organisations clés telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale de la santé, entre mai et juin.

Mark McCarthy Akrofi fait savoir à SciDev.Net que les mesures, telles que l’électricité gratuite, mises en œuvre par les gouvernements africains peuvent avoir des effets d’entraînement sur la viabilité à long terme des finances de ces services publics.

La plupart des plans de relance économique dans le domaine de l’énergie ont vu les gouvernements fournir le coût total ou suspendre le paiement des factures ; plusieurs pays tels que la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, le Libéria, le Mali, la Mauritanie et le Nigéria mettant en œuvre ces stratégies.

Mark McCarthy Akrofi souligne que les services publics d’électricité ont été affectés par la baisse de la demande d’électricité et l’incapacité de nombreux ménages à payer l’électricité en raison de la pandémie.

« Cette étude a mis en évidence une importante lacune dans les réponses actuelles du gouvernement à la COVID-19, surtout dans le secteur de l’énergie », explique-t-il, citant « l’incapacité de définir spécifiquement des stratégies pour la reprise du secteur de l’énergie, en particulier les énergies renouvelables ».

Ademola Adenle explique que de nombreux gouvernements africains ont répondu par des incitations, des mesures de stimulation économique et des interventions politiques pendant la COVID-19 ; mais nombre de ces politiques n’ont pas encore abordé les défis fondamentaux auxquels est confronté le secteur de l’énergie.

« En Afrique, les programmes d’énergie renouvelable tels que l’énergie solaire sont impulsés par les bailleurs de fonds et [donc] un investissement limité dans le secteur des énergies renouvelables implique que les gouvernements africains doivent revoir leurs politiques énergétiques », explique-t-il.

Il appelle à des plans de relance économique et à des incitations pour cibler la transition vers une énergie verte – le remplacement des combustibles fossiles tels que le charbon et le gaz naturel par des énergies renouvelables – non seulement pour une reprise post-COVID-19 mais aussi, à long terme, pour développer un secteur énergétique fiable.

Cet article a été produit par le desk anglophone de SciDev.Net pour l’Afrique subsaharienne.

Références

Mark McCarthy Akrofi and Sarpong Hammond Antwi COVID-19 energy sector responses in Africa: A review of preliminary government interventions (Energy Research and Social Sciences, October 2020)

admin

Share
Published by
admin

Recent Posts

Energie: EStor-Lux veut stocker l’électricité à grande échelle – Le Soir

Le futur parc de batteries à Bastogne contribuera à maintenir l’équilibre du réseau. Mais des…

17 minutes ago

Seine-Saint-Denis : la start-up Olénergies soutenue par la Région – Les Échos

Publié le 25 nov. 2020 à 9:46Mis à jour le 25 nov. 2020 à 12:02Rattraper…

26 minutes ago

La société pétrolière ATOG veut renforcer ses investissements dans les énergies renouvelables en Tunisie – Espace Manager

La société pétrolière tuniso-britannique ATOG (Anglo-Tunisian Oil & Gas) a exprimé sa volonté de développer…

1 heure ago

Signature d’un accord pour améliorer l’efficacité énergétique dans les entreprises de conserves alimentaires – webmanagercenter

Une convention de partenariat a été signée, mardi 24 novembre, entre l’Agence nationale pour la…

2 heures ago

L’énergie dans la science-fiction : de la dépendance aux énergies fossiles aux transitions à venir – Usbek & Rica

L’intérêt d’évoquer l’énergie dans une œuvre de science-fiction est double. C’est d’abord un ressort narratif :…

3 heures ago

Equipement en énergies renouvelables : où en est la France ? – Les Échos

Publié le 25 nov. 2020 à 8:17[embedded content]>>> Lire aussi : Rénovation énergétique : les…

3 heures ago

This website uses cookies.