Deux cerfs-volants marins Minesto aux îles Féroé – L’Energeek

Les îles Féroe installent actuellement une nouvelle technologie pour exploiter l’énergie marémotrice. Des “cerfs-volants marins” sont déployés par l’entreprise norvégienne Minesto. Ils doivent permettre d’augmenter encore la part des énergies renouvelables dans les îles Féroé. Le but ? Atteindre un mix énergétique 100% vert dès 2030.

Dès 2011, les îles Féroé ont lancé un ambitieux programme de transition énergétique. Elles souhaitaient atteindre une production électrique avec 75% de renouvelables en 2020. La prochaine échéance est encore plus impressionnante : un mix énergétique 100% renouvelables dès 2030. Pour se faire, les îles Féroé n’hésitent pas à investir dans de nouveaux sites de production, ainsi que dans des infrastructures de stockage des énergies vertes. SEV, l’entreprise qui gère la production électrique des îles Féroé, souhaite encore diversifier le mix électrique de l’ensemble des territoires. Pour cela, elle fait le pari de l’énergie marémotrice. Une décision qui relève de l’évidence selon Terji Nielsen, l’un des chefs de projet de SEV : “L’avenir environnemental et économique des îles Féroé exige que nous maximisions l’utilisation de toutes les sources d’énergie renouvelable dont nous disposons.”

Des cerfs-volants marins pour créer de l’énergie

En avril dernier, les autorités des îles Féroé ont donné leur accord pour le lancement d’un nouveau projet. Il consiste à déployer une nouvelle technologie, des “cerfs-volants marins”, pour exploiter l’énergie marémotrice au large des côtes des îles. Cette nouvelle technologie a été mise au point par une entreprise norvégienne, Minesto.

Le Deep Green se présente sous la forme d’une aile munie d’une turbine. Une fois immergé en profondeur et stabilisé à l’aide d’une amarre située au fond de l’océan, l’aile effectue des boucles en forme de huit. Elle exploite les courants sous-marins pour produire de l’énergie.

Le projet des îles Féroé concerne le déploiement de deux modèles Deep Green. Ils seront installés dans le détroit de Vesmannasund, entre l’île principale de Streymoy et l’île secondaire de Vagar. A eux deux, ils devraient offrir une capacité de production entre 30 et 70 MW.

Une énergie propre et prévisible

Alors que la Commission européenne vient tout juste de lancer, le 22 juillet dernier, sa consultation sur le développement de l’énergie offshore, le projet des îles Féroé intéresse de nombreux acteurs. SEV, qui s’est engagée à racheter l’électricité produite par les deux modèles Deep Green, y voit un moyen de développer l’énergie offshore d’une nouvelle manière. Hakun Djurhuus, le PDG de SEV, a ainsi déclaré : “Si l’énergie marémotrice devient une option techniquement et économiquement viable, notre estimation préliminaire est qu’elle peut représenter environ 30 à 40% de la production totale en 2030.” Il souligne d’ailleurs un argument de poids en faveur de l’énergie marémotrice : “En raison de ses caractéristiques prévisibles, elle s’intègre très bien dans le mix énergétique.”

Le Conseil Européen de l’Innovation partage ce point de vue. Il a participé au financement du projet de 3,5 millions d’euros.

Prochaine étape : la production à grande échelle

L’installation des deux exemplaire de Deep Green aux îles Féroé a commencé le 3 juillet dernier. Ils devraient être opérationnels d’ici la fin d’année 2020. La phase de test va ensuite durer plusieurs mois. Mais Martin Edlund, le PDG de Minesto, voit déjà plus loin. D’après lui, Deep Green est une solution évolutive, et c’est pour cette raison qu’elle devrait intéresser de nombreux autres états, et pas seulement des états insulaires. Dans une interview accordée à CNBC, il a déclaré que Deep Green pouvait s’adapter “de l’électrification à plus petite échelle des utilisateurs distants à la production d’électricité à l’échelle des services publics.” De quoi intéresser les états qui souhaitent développer leurs capacités de production d’énergie offshore. D’ailleurs, Minesto a déjà déployé son modèle Deep Green au large du Pays-de-Galles.

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