Efficacité énergétique : Le consommateur doit-il consentir plus d’efforts ? – El Watan

Les appels pour la rationalisation de la consommation de l’énergie se multiplient en direction des ménages, surtout durant la période d’été. Le dernier appel en date est celui de Chems-Eddine Chitour, ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, ayant mis en garde contre le gaspillage de l’énergie.

Ainsi, M. Chitour estime que ce gaspillage est de l’ordre de 10 à 15% de la production nationale globale. «Si nous continuons à consommer l’énergie de la même façon, nous aurons des problèmes en 2030, soit il faut exporter, soit il faut consommer, on ne peut pas continuer ainsi», alerte le ministre.

Mais sur le terrain, ces appels restent sans effets. De nombreux citoyens que nous avons interrogés à propos de l’économie d’énergie déclarent qu’ils ne peuvent pas faire plus d’efforts que ce qu’ils font habituellement. Pourtant, ils assurent que les dernières factures qu’ils ont reçues sont bien salées. «J’ai remplacé toutes les lampes de mon appartement par d’autres dites économiques, à moins qu’on se prive de la climatisation durant cette période de canicule», répond un cadre dans une institution publique à la question sur l’économie d’énergie.

Ce dernier estime que ses factures d’électricité n’ont pas vraiment diminué en utilisant des lampes économiques, accusant les concepteurs de ces logements de ne pas respecter les normes de construction, encore mois celles liées à l’efficacité d’énergie (isolation thermique).

Ainsi, l’étude réalisée par équipe de recherche de du Laboratoire de génie mécanique, département de génie mécanique, université Amar Telidji, Laghouat, et du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) sur performances de l’efficacité énergétique et l’énergie PV (photovoltaïque) dans le bâtiment résidentiel rend bien compte de l’impact du respect des normes liées à diminution de la consommation de l’énergie au niveau des habitations. «Dans notre pays, l’aspect maîtrise et économie d’énergie n’est pas encore considéré ni par les actions de l’Etat ni par le comportement des citoyens. Cette situation est due au coût de l’énergie relativement bas.

En effet, d’après une étude réalisée par Aprue, il s’avère que les appareils électroménagers sont à l’origine de la hausse continue de la consommation de l’électricité dans les foyers», relève cette étude. Faut-il préciser que la recherche en question consiste en «étude de comportement énergétique du bâtiment résidentiel en Algérie. Plus exactement, il s’agit de l’évaluation de la demande d’énergie pour le chauffage et le refroidissement d’un bâtiment de référence et d’un bâtiment classique ayant les mêmes caractéristiques dimensionnelles, et ce, dans trois régions en Algérie, à savoir Laghouat, Béchar et El Oued qui représentent deux zones climatiques : les Haut -Plateaux et le Sahara.

Cette étude a été effectuée dans l’environnement de TRNSYS (le logiciel TRNSYS est spécialisé dans la simulation thermique dynamique appliquée au bâtiment ndlr).» Ainsi «une étude des performances électriques d’un système PV (photovoltaïque ndlr) connecté au réseau basse tension a été effectuée dans l’environnement de Homer.

Le système est proposé sur le toit du bâtiment de référence pour alimenter les besoins en électricité (à l’exception du chauffage et du refroidissement)», précise-t-on dans cet article sur l’efficacité énergétique. Ces chercheurs ont procédé à l’élaboration d’un profil de charge pour les deux bâtiments, mais en tenant compte du remplacement des équipements énergivores par des équipements de basse consommation énergétique.

Résultat ? Cette expérience affiche une réduction de la puissance nominale (bâtiment de référence) d’environ 50% par rapport à la puissance nominale initiale (bâtiment traditionnel). Ainsi, d’après les conclusions de cette étude, le respect des mesures d’efficacité énergétique dans le bâtiment de référence a montré une influence significative sur la demande d’énergie pour le chauffage et le refroidissement.

Selon ladite étude, les mesures telles que l’isolation thermique des murs, de la toiture, du plancher bas et des fenêtres et la masse thermique influent d’une manière remarquable sur l’économie d’énergie. «Une réduction de plus de 50% est réalisée dans la région de Laghouat, Béchar et El Oued», conclut cette étude. A cela s’ajoute l’impact des appareils énergétiques économes.

Une fois que ces mesures précitées soient réunies cela peut-être «une solution-clé pour faire face à la forte croissance de la demande d’énergie dans le bâtiment résidentiel», d’après cette étude.

Qu’en est-il des énergies renouvelables

L’intégration des énergies renouvelables et plus exactement le solaire photovoltaïque connecté au réseau a donné un bilan électrique annuel qualifié de «positif», et ce, dans les trois régions où l’étude a été effectuée, à savoir Laghouat, El Oued et Béchar. «L’intégration de l’énergie photovoltaïque au bâtiment permet de faire face à l’incapacité du distributeur de répondre à la demande énergétique», (telle que les coupures récurrentes d’électricités) notamment durant les périodes chaudes, en résume cette étude.

Djedjiga Rahmani

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Comment assurer son confort sans gaspiller de l’énergie  : Zoom sur la climatisation

La climatisation a vu le jour dans les années 1930. Ce système de chauffage et de refroidissement en fonction des conditions climatiques était réservé à des constructions importantes. Actuellement, la climatisation devient un élément de confort incontournable pour toutes sortes de locaux, des habitats, d’institutions et des voitures. Climatiser est un investissement dans le confort, un investissement qui a tout de même un coût. C’est pourquoi, quand on évoque le choix de mode de la climatisation, cela implique forcément le choix d’un système qui assure à la fois le confort de ses usagers et l’économie de l’énergie. L’industrialisation des climatiseurs permet désormais à tout un chacun de s’équiper d’un appareil capable de rafraîchir, de chauffer (climatisation réversible), voire de purifier et de filtrer l’air (qualité d’air intérieur). Pour veiller sur son confort sans gaspillage de l’énergie, voici quelques paramètres à prendre en compte :

1- Infiltration solaire : ce sont les apports par les vitrages. Ces infiltrations doivent être masquées par des stores, autant que possible positionnés en extérieur.
2- Occupants : le nombre de personnes dans l’espace climatisé influe également sur la qualité de la climatisation, voire la consommation d’énergie.
3- Électroménager
Ordinateurs, imprimantes et TV, font partie intégrante des nos habitats et génèrent donc des charges thermiques substantielles. Pensez à les choisir en fonction de leur étiquette énergie (de A à G), éteignons les veilles au cas où ces appareils ne sont pas utilisés.
4- Éclairage
L’éclairage peut générer en moyenne 15 watts par mètre carré. Pensons néanmoins aux éclairages basse consommation et à l’éclairage par LED, ce qui fait baisser à 5 watts par mètre carré, et … éteignons les lumières !
5- Ventilation
Ventiler est une nécessité hygiénique. Cependant, si dans la journée les fenêtres doivent être fermées quand nous climatisons, surtout si l’air est à 32°C, la nuit, profitons de la fraîcheur pour aérer le plus largement possible nos logements.

Les besoins énergétiques s’évaluent sur une base rationnelle»

La rationalisation de la consommation de l’énergie se pose de plus en plus avec acuité. Dans la mesure où le gaspillage constaté sur le terrain risque de remettre en cause à la fois la sécurité énergétique du pays ainsi que son indépendance, mettent en garde les experts. Mais qu’en est-il de la stratégie adoptée par les autorités pour réduire un tant soit peu la surconsommation ? «Il faut évaluer tous les besoins énergétiques sur le long terme et faire le choix du mix énergétique le plus adapté», préconise Tawfik Hasni, consultant en énergie et l’efficacité énergétique. Dans cette approche dit-il : «Vous devez baser les besoins énergétiques sur une base rationnelle. La rationalité est la sobriété, c’est-à- dire la réduction du gaspillage.» Cet expert en énergie rappelle que «toute stratégie énergétique doit s’établir à partir d’un modèle de consommation énergétique».Quant à ce modèle de consommation énergétique, il doit s’établir, d’après M. Hasni, sur la base de plusieurs paramètres. Le premier paramètre est la sécurité énergétique du pays, le second est l’indépendance énergétique.

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