Élections régionales : dans Dimanche en politique, Gil Mettai expose le projet écologiste pour les Hauts-de-Fr – France 3 Régions

La campagne des élections régionales, prévues au printemps 2021, s’accélère chez la gauche des Hauts-de-France. Ce 25 septembre, Ugo Bernalicis (La France insoumise) s’est déclaré candidat et a tendu la main aux écologistes et communistes. Main saisie le lendemain par Fabien Roussel, le député communiste, qui s’était auparavant déclaré « disponible » pour mener le combat face à Xavier Bertrand et au Rassemblement national, qui choisira son candidat en octobre. Mais pas par Europe-Écologie-Les-Verts (EELV).

Même si la région est passée à côté de la « vague verte » nationale aux municipales, les écologistes des Hauts-de-France se verraient bien transformer l’essai aux régionales. Ils sont aussi pour l’union avec les socialistes, les communistes, et les insoumis. Mais ces derniers ne veulent pas des premiers.

C’est dans ce contexte que Gil Mettai, secrétaire régional EELV Picardie, était ce jour l’invité de Dimanche en politique. Il a affirmé que son parti était prêt à soutenir « un candidat ou une candidate » qui ne soit pas issu de ses rangs, mais à condition qu’il ait un véritable profil écologiste et rassembleur. Mais fondamentalement, »cette question nous paraît secondaire, a avancé Gil Mettai.

Un accord de parti c’est pas quelque chose qui peut espérer réussir dans les Hauts-de-France. Il est nécessaire d’abord de co-construire un programme avec les citoyens.

Gil Mettai, secrétaire régional EELV

Un programme dont il a dressé les contours rêvés par les écologistes.

La transition écologique et sociale, « des milliers d’emplois » ?

Les écologistes rêvent d’utiliser les « outils de planification » de la région pour inscrire les Hauts-de-France dans « la transition écologique et sociale » et « créer des milliers d’emplois« .

Concrètement, cela passerait par un grand plan de réhabilitation énergétique des logements de la région. « C’est 30 000 emplois« , estime Gil Mettai. Ils veulent également pousser la conversion biologique et paysanne des agriculteurs : « Pour une même production, c’est dix fois plus d’emplois que sur une agriculture productiviste.«

Une politique ambitieuse dans le royaume de l’agriculture conventionnelle… et coûteuse

Ça nécessite de faire des économies ailleurs, confirme le secrétaire régional. Cibler, identifier, éco-conditionner les aides, s’inscrire dans une logique de transition, c’est-à-dire identifier des technologies qui seraient à terme obsolètes pour rediriger ces crédits sur ce qui est porteur d’avenir.

Gil Mettai, secrétaire régional EELV

Bridgestone aurait dû être reconverti depuis longtemps

Une philosophie qui serait appliquée à toute l’activité économique, grâce notamment au principe d’ « éco-conditionner » les aides régionales. Mais lorsqu’il s’agit de maintenir des industries existantes, comment faire le tri entre les bons et les mauvais projets ? La fermeture annoncée de l’usine de pneus Bridgestone à Béthune constitue un bon cas pratique : faut-il sauver l’activité au nom de l’emploi, malgré son caractère peu écologique ?

Pour Gil Mettai, « il aurait été plus judicieux de reconvertir (le site), de former ces personnels« , plutôt que de le « maintenir artificiellement » avec des aides publiques. Mais il ne serait « pas trop tard » pour le faire : « On ne peut pas laisser 800 personnes sur le carreau ».

DEP Gil Mettai – Bridgestone

Le président de région Xavier Bertrand a pour sa part proposé au gouvernement de se déplacer au Japon pour rencontrer les dirigeants du groupe et leur demander de nouveaux investissements, auxquels l’Etat et la région participeraient.

Fin du nucléaire, plus d’éoliennes

Autre divergence entre la droite et l’écologie régionale : l’avenir du site nucléaire de Gravelines, où gravitent plus de 3 000 salariés. Les réacteurs, très anciens, devront bientôt être éteints. Pour sauver l’emploi et la production électrique, la majorité régionale actuelle a fait du site un candidat à la construction d’un réacteur pressurisé européen (EPR), la nouvelle génération de réacteurs nucléaires, qu’EDF présente comme plus puissants et plus sécurisés. L’État envisage six constructions en France mais aurait reporté la décision à 2022.

« Vous connaissez un EPR qui fonctionne et qui ne coûte pas des millions ?« , balaye Gil Mettai, en référence à l’EPR de Flamanville, le premier du genre en France, dont le chantier s’est éternisé. Par ailleurs, Gravelines ne serait pas une bonne candidate.

C’est une des seules centrales nucléaires en France basée sur une zone inondable. À l’heure du réchauffement climatique, de la montée des eaux, c’est de la folie furieuse.

Gil Mettai, secrétaire régional EELV, à propos de la centrale de Gravelines (Nord)

En parallèle de cet EPR, Xavier Bertrand voudrait doubler les énergies renouvelables… à l’exception des éoliennes, déjà trop nombreuses à son goût. Au contraire, Gil Mettai pense que la région peut encore pousser plus loin l’éolien en agrandissant les parcs existants, tout en développant « le photovoltaïque et le biogaz« .

/ Vidéo nucléaire et éoliennes /

Une vision, des principes, pas d’exceptions

Gil Mettai réclame à moratoire sur le déploiement de la 5G, la nouvelle génération de réseau mobile, destinée notamment à l’industrie, à la chirurgie à distance ou encore à la réalité augmentée et aux voitures autonomes. Malgré les études rassurantes à travers le monde et le retard pris par la France dans ce déploiement vis-à-vis d’autres pays européens, les écologistes sont inquiets de l’impact de cette technologie sur la santé et l’environnement. Ils veulent attendre des rapports français et un débat de société pour lancer les installations.

Concernant la réautorisation temporaire par le gouvernement de néonicotinoïdes – réputés dangereux pour les abeilles – pour traiter les champs de betteraves souffrant de jaunisse, Gil Mettai reste sur ses mêmes principes : « l’urgence, l’effondrement de la vie sur terre, 80% de la masse des insectes qui disparaissent en une décennie : c’est beaucoup plus catastrophique qu’une année de production de betteraves ! «

Une forme de refus du pragmatisme porté par la République en marche – qui pourrait mobiliser plusieurs ministres pour cette élection – comme par l’actuel président de région. « On ne peut pas retirer à Xavier Bertrand une certaine énergie : il a géré, mais sans vision, lance Gil Mettai. Le Hauts-de-France ont besoin d’une vision sur les 20 ans, les 30 ans qui viennent. C’est ce que Xavier Bertrand n’a pas fait. »

Voilà donc une campagne prometteuse. Si tant elle que les impétrants arrivent, dans les six prochains mois, à passionner les électeurs, malgré l’actualité sanitaire, sécuritaire et économique.

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