Énergie – Électricité « verte » et « locale » : quel choix pour les Nivernais ? – Le Journal du Centre

Passer au vert. Y compris quand on allume son four, quand on fait tourner son linge ou qu’on recharge son smartphone. Nous y voilà : l’air du temps (de plus en plus chaud) pousse à s’interroger sur l’énergie verte.

Qui la produit ? Comment arrive-t-elle dans les foyers nivernais ? Quels choix sont possibles quand on veut « verdir » sa facture d’électricité ?

Des questions dont les réponses entrouvrent les portes d’un monde complexe. Dans lequel les Français ne sont pas forcément prêts à avancer. Bercés par des monopoles d’État, comme EDF, les Français semblent assez peu friands d’autres fournisseurs d’électricité.

Une demande en forte augmentation

Et pourtant… En France, le nombre de consommateurs souscrivant une offre d’électricité verte est « en forte augmentation, la demande ayant plus que doublé ces quatre dernières années », explique l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), émanation du ministère de la transition écologique.

D’ailleurs, pour aider les consommateurs, l’Ademe œuvre à la mise en place d’un label pour l’énergie verte, vraisemblablement disponible début 2021.

En attendant, les consommateurs « éclairés » doivent se débrouiller seuls, ou presque… Ils peuvent avoir l’appui du médiateur national de l’énergie (autorité publique indépendante) qui a une mission de médiation et d’information. Et qui, dans ce cadre, propose des comparatifs des offres des fournisseurs d’électricité.

Tous les électrons, gris et verts, sont mélangés.

Première question : comment différencier les électrons verts et les électrons gris ? Les « verts » sont produits par des équipements d’énergies renouvelables (eau, vent, soleil) ou de récupération (méthanisation, valorisation des déchets), et les « gris » par tout le reste (notamment le nucléaire).

L’électricité produite des ombrières photovoltaïques part dans le réseau « classique ».

« Tous les électrons sont mélangés dans le réseau », explique-t-on chez Enedis Bourgogne, distributeur du réseau d’électricité. Peu importe comment et où ils ont été produits, tous les électrons se retrouvent tous dans les mêmes câbles. Les compteurs ne sélectionnent pas les électrons. Toute l’électricité passe par le même réseau.

En fait, pour comprendre l’électricité verte, il faut changer sa manière de raisonner. Ne pas penser consommation, mais penser production. Quand un consommateur opte pour un fournisseur d’électricité verte, sa lumière ne sera pas allumée par des électrons verts. En revanche, il soutiendra, par ce choix, la production d’énergie renouvelable et le développement de nouvelles installations.

« Les nouveaux fournisseurs alternatifs veulent répondre à une vraie demande d’électricité verte », explique Xavier Pinon, créateur du site Selectra, qui compare les offres des fournisseurs d’électricité. Hors de question de verdir de l’électricité nucléaire, par exemple.

Des offres standard et premium

Aussi, ce site liste les spécificités de chaque fournisseur. Car, là aussi, il faut une lampe frontale pour s’y retrouver. Deux types d’offres sont proposés : standard et premium.

La première, la plus courante, provient de l’achat, sur le marché, de l’électricité via le système des garanties d’origine (GO). Dans ce cas, l’électricité verte peut être produite en France ou dans l’Union européenne, souvent par des barrages hydrauliques des pays scandinaves.

Quelques fournisseurs ne se retrouvent pas dans ce système de GO, aussi ils proposent de l’électricité verte premium, pour une meilleure traçabilité et une meilleure condition de rémunération des producteurs.

Pas encore d’offre 100% verte et nivernaise

Mais, pour l’instant, aucun de ces nouveaux opérateurs d’électricité verte ne propose une offre 100 % verte et nivernaise.

Pourtant, il existe bien de l’électricité verte produite dans le département. Ainsi, selon l’Oreca (Observatoire régional et territorial énergie climat air) de Bourgogne-France-Comté, la production électrique avec les énergies renouvelables, dans la Nièvre, se compose de :

– 55.900 MWh d’éolien ;

– 54.653 MWh de solaire ;

– 32.834 MWh d’hydraulique ;

– 8.860 MWh de valorisation des déchets ;

– et 6.600 MWh de méthanisation.

Des productions à mettre en regard de la consommation électrique de la Nièvre en 2016 : 1.397.000 MWh.

Tous nos articles sur l’énergie éolienne dans la Nièvre

Aujourd’hui, la production « verte » de la Nièvre part dans les postes-sources et est « diluée » dans le système global. Soumis à la loi du marché et de la concurrence… Mais, à l’avenir, avec la multiplication des fournisseurs « vertueux » (comme Enercoop ou Ilek, par exemple), toujours à la recherche de producteurs, il se peut que l’électricité verte et nivernaise trouve sa place dans une offre commerciale.

Avec un état d’esprit nouveau… Comme l’explique Julien Courtel, d’Enercoop qui a fait le choix d’une organisation en coopérative, « pour laisser le pouvoir aux citoyens ».

Avec son réseau de dix Enercoop locales, cette coopérative affiche un prix plus élevé, de 7 à 20 % plus cher.

Julien Courtel l’explique : « nous refusons le mécanisme de l’Arenh, accès régulé à l’énergie nucléaire, qui permet qu’une part de l’énergie nucléaire soit rachetée par de nouveaux fournisseurs. Notre positionnement est clair : l’énergie renouvelable ». Et cela a un coût… Enercoop ajoute à sa “facture” une rémunération favorable aux producteurs.

Le système Enercoop, au plus près des citoyens et des collectivités, sur le terrain, peut permettre une meilleure acceptabilité de certains projets éolien ou photovoltaïque. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Autoconsommation. C’est la seule solution pour savoir quelle électricité alimente votre foyer, via une installation personnelle. Une pratique assez rare, même si les demandes sont en forte hausse.

Laure Brunet

admin

Share
Published by
admin

Recent Posts

Maroc-Malawi: Signature de quatre accords de coopération couvrant divers domaines – MAP

samedi, 24 octobre, 2020 à 15:04 Rabat – Le Maroc et le Malawi ont signé,…

40 minutes ago

Partenariat de près de 3 M$ pour la recherche solaire – ACTUALITÉS – Estrie – Estrieplus.com – Le journal Internet – EstriePlus.com

Dans le but de développer la prochaine génération de cellules solaires qui réponde aux besoins…

1 heure ago

Livre : « Agriculture et énergie renouvelable post covid-19 », par Boukar Michel – Tchadinfos

L’ancien ministre du Pétrole et de l’Energie, Boukar Michel, a mis sur le marché, un…

3 heures ago

L’expérience du Maroc à la COP22 intéresse le Royaume-Uni – Agriculture Maroc

Le ministre britannique de l’Environnement revient sur l’expérience du Maroc à la COP22.Lors d’une visite…

3 heures ago

Xinhua Silk Road : Le secteur de l’énergie solaire de la Chine profitera d’une croissance accélérée dans le contexte de son objectif de carboneutralité – LeLézard.com

Classé dans : L'environnement, Exploitation pétrolière NANJING, Chine, 23 octobre 2020 /CNW/ - Le secteur de l'énergie…

5 heures ago

Comment produire son énergie – L’énergie tout compris

Eolienne Depuis le début des années 2000, le marché de l’énergie éolienne s’est beaucoup développé…

6 heures ago

This website uses cookies.