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Energie : La Tunisie fait son entrée dans le solaire flottant – African Manager

Troquant le fossile pour le renouvelable, la Tunisie ne jure que par le solaire qu’il soit sur terre ferme ou sur des plans d’eau tranquillisés. Le but en est de ne pas consommer de trop grandes surfaces de terres utiles et d’intégrer le solaire flottant à des espaces déjà artificialisés pour répondre aux deux grands défis écologiques que connaissent les sociétés : la préservation des terres agricoles et la production d’énergie décarbonée, qui n’émet pas de dioxyde de carbone (CO2).

La première ferme du genre sera mise en service en Tunis fin 2021. Le processus y afférent va son petit bonhomme de chemin. Une séance de travail s’est tenue, ce lundi, au siège du gouvernorat de Tunis, consacrée à cette installation flottante de 200 kWc sur le lac de Tunis qui sera réalisé par la Steg et l’entreprise française Qair International. C’est l’une des premières concrétisations du protocole d’accord de partenariat signé, le 9 juillet dernier, par Qair International et la Steg pour la réalisation de ce projet pilote et une étude du potentiel solaire flottant en Tunisie, financé par un Fond d’études et d’Aides au Secteur Privé (FASEP) du ministère français de l’Économie et des Finances.

Ce projet jette les fondements d’un partenariat durable entre Qair International, représenté localement par sa filiale Qair Tunisie, et les acteurs du secteur et contribuera au développement de technologies innovantes dans le domaine des énergies renouvelables en Tunisie.

Selon la STEG, les travaux démarreront avant la fin de l’année 2020. Ils seront supervisés par le ministère tunisien de l’Énergie, des Mines et de la Transition énergétique. « Outre l’amélioration de l’accès à l’électricité dans les Berges du Lac, ce projet solaire servira aussi à étudier la capacité de la Tunisie à accueillir des panneaux solaires flottants », indique la STEG.

Une 2ème centrale à Kasserine

La même année où la centrale solaire photovoltaïque flottante des Berges du Lac sera opérationnelle, verra le lancement d’un autre projet solaire obtenu par le Qair aux termes d’un appel d’offres. L’entreprise française construira une centrale solaire au sol d’une capacité de 10 MWc dans le gouvernorat de Kasserine au centre-ouest de la Tunisie.  La centrale solaire de 10 MWc servira à la promotion des énergies renouvelables en Tunisie, dont l’objectif est d’atteindre une part de 30 % des énergies renouvelables dans le mix électrique national à l’horizon 2030 . Une fois construite, cette centrale solaire au sol de Kasserine produira l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 13 500 personnes.

Qair formera ses équipes à ces nouvelles technologies fabriquées en France en tissant des partenariats avec des prestataires de l’hexagone. Le caractère flottant du générateur solaire sera aussi l’occasion de tester en Tunisie, en grandeur nature, cette nouvelle solution en vue d’un déploiement à plus grande échelle en Tunisie et en Afrique.

L’entreprise française n’en est pas à sa première centrale solaire flottante en projet sur le continent africain. Aux Seychelles, les travaux de construction de la centrale solaire flottante de Providence, situé sur l’île principale de Mahé démarreront au cours de ce mois de juillet 2020 pour une durée de six mois. L’installation sera composée de 13 500 panneaux solaires qui produiront 5,8 MWc.

Le solaire flottant a le vent en poupe

Une étude de la Banque mondiale de 2018 évalue à 400 GW le potentiel du solaire flottant, soit l’équivalent de la puissance photovoltaïque installée au sol dans le monde à la fin de l’année 2017. Un potentiel limité mais néanmoins non négligeable. La capacité mondiale totale d’énergie solaire flottante a d’ailleurs été multipliée par plus de 100 entre 2014 (10 MW) et 2018 (1,1 GW), témoignant d’un intérêt croissant pour cette technologie. D’une capacité de 40 MW et mise en service il y a deux ans, la plus grande centrale sur l’eau se trouve aujourd’hui à Anhui, dans l’est de la Chine.

Si la baisse des coûts se poursuit, le photovoltaïque devrait évoluer vers des applications offshore. La mer a l’avantage d’offrir un meilleur rendement aux technologies de l’énergie : l’ensoleillement est plus important au large que sur terre et l’eau permet d’améliorer l’efficacité des panneaux par son effet rafraîchissant.

Enfin, associé à l’aquaculture et à l’énergie éolienne offshore, le solaire flottant peut conduire à une utilisation optimisée de l’espace : les panneaux sont placés entre les éoliennes offshore, là où la navigation est rendue impossible. L’idée de faire fonctionner ces deux sources en synergie permettra de brancher les panneaux photovoltaïques sur le réseau électrique déjà existant.

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