Energies renouvelables au Burkina Faso : Une étude sur l’accessibilité aux services de qualité validée à Koudougou – leFaso.net, l’actualité au Burkina Faso – LeFaso.net

L’Organisation néerlandaise de développement au Burkina Faso (SNV-BF) et le programme « Voix pour le changement » (V4CP) ont tenu, le 19 juin à Koudougou, un atelier de validation de l’étude sur la volonté et la capacité financière des populations en milieu rural et péri-urbain à s’offrir les services et produits de qualité en énérgie renouvelable. C’est le représentant du directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE), Djourmité Nestor Noufé, qui a présidé l’ouverture des travaux de l’atelier.

L’Organisation néerlandaise de développement au Burkina Faso (SNV-BF) et l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), en partenariat avec neuf Organisations de la société civile (OSC), ont initié le projet « Voice for Change Partnership » focalisé sur le renforcement des capacités des OSC en plaidoyer et lobbying. Parmi ces neuf OSC, trois défendent la thématique Energie renouvelable (ER). Il s’agit de l’Association de la gestion des ressources naturelles et de la faune de la Comoé-Leraba (AGEREF/CL), le Centre écologique Albert -Schweitzer (CEAS Burkina) et l’OCADES (Organisation catholique pour le développment et la solidarité) Dédougou.

Suite à une analyse de l’environnement liée aux énergies renouvelables au Burkina Faso, les OSC de la thématique ont retenu pour thème de plaidoyer : « L’amélioration de l’accès des populations aux produits et aux services de qualité en matière d’énergies renouvelables ». Et pour conduire ce plaidoyer, quatre études nationales ont été commandité par la SNV et utilisées par les OSC de la thématique Energie renouvelable (ER) comme évidences/preuves pour appuyer le plaidoyer.

Ces quatres études ont porté sur : « L’étude sur l’état de lieu de l’offre de formation en énergie renouvelable au Burkina Faso » ; « Etude nationale sur la formation de niveau intermédiaire (CQB, CQP, BQP, CAP, BEP, BAC) en énergie renouvelable au Burkina Faso » ; « Etude sur la relation entre la formation et la qualité du service offert en énergie renouvelable au Burkina Faso » , et enfin « Etude sur les opportunités d’emploi dans le secteur de l’énergie renouvelable surtout en milieu rural au Burkina Faso ».

De ces études, il ressort que sur le marché des biens et services en énergies renouvelables, la faible connaissance des équipements en énergie solaire (tant au niveau des ménages/consommateurs qu’au niveau des techniciens) fait que les produits et services de basse qualité sont les plus demandés car généralement de bas prix. Cependant, la faible qualité est souvent plus coûteuse car ayant une vitesse de renouvellement et un coût d’entretien intuitivement plus élévés.

Aussi, le choix de la faible qualité contribue à maintenir les populations surtout en milieu rural dans leur situation de pauvreté absolue. Toutefois, l’indisponibilité des produits et services de qualité, l’ignorance, et tout autre facteur pourraient expliquer cette préférence des populations rurales pour les produits et services en ER de basse qualité. C’est pourquoi, afin de proposer des alternatives adaptées dans le cadre de ce plaidoyer, il apparait crucial de comprendre le comportement des populations dans la consommation des produits et services de qualité en matière d’énergies renouvelables.

C’est pour apporter donc des solutions appropriées à la problématique de l’énergie renouvelable en milieu rural et peri-urbain, que cette étude a été commanditée. Une étude qui a bénéficié de l’appui technique et financier du projet Energie et croissance économique durable dans la Boucle du Mouhoun (ECED-Mouhoun) mise en œuvre par l’agence d’exécution canadienne Cowater international.

Il s’est agi donc pour les participants à l’atelier de Koudougou, de procéder à un examen minitieux du rapport provisoire de l’étude qui a été livré par le consultant afin de le valider. Aussi, la mission assignée à la quarantaine de participants à l’atelier est de s’approprier le rapport provisoire qui sera présenté, de discuter sur les résultats de l’étude et de procéder à sa validation.

Selon l’approche des OSC, après la validation du rapport, les résultats de l’étude seront utilisés pour convaincre le gouvernement (ministère de l’Education nationale, ministère de la Formation professionnelle, ministère de l’Energie ), les collectivités territoriales (régions et communes), le secteur privé et les investisseurs sur la pertinence et la nécessité de faire la promotion des équipements et services de qualité sur les énergies renouvelables en milieu urbain et rural.

Ce que l’étude a révélé

L’étude a révélé que seulement 14,37% des personnes enquêtées utilisent actuellement des équipements/services en ER. On note seulement 6,62% pour les foyers améliorés, 4,32% pour les kits et lanternes solaires (éclairage) et 1,18% pour les équipements à application productive (motopompe solaire, congélateur/frigo solaire, pompage d’eau solaire).

Par ailleurs, 37,10% des personnes enquêtées se disent disposées actuellement à acquérir des lampes et kits solaires (éclairage +recharge de téléphone). Pour les équipements à usage productive (couveuse/ éleveuse solaire, motopompe et congélateur/frigo solaire, bio-digesteurs) 2,48% affichent leur intention d’en acquérir maintenant.

Quant à la capacité de se doter des équipements en énergie renouvelable, 25,54% de l’échantillon dit n’avoir même pas les moyens d’acheter un équipement/service ER. Cependant, si les conditions d’acquisition sont facilitées (payements échelonnés), ils peuvent se permettre au moins un système solaire pico.

A l’analyse générale de l’étude en ce qui concerne l’offre et les services de l’énergie renouvelable, les préoccupations majeures qui se dégagent sont les suivantes : principales caractéristiques du marché ; analyse des segments du marché des équipements et services ER, et la capacité des fournisseurs/équipementiers à répondre à la demande.

Raogo Yameogo

1- Le présidium de l’atelier avec au milieu le représentant du DG de l’ANEREE, M. Djourmité Nestor Noufé. DSC 547

2- Les participants ont examiné avec grand intérêt le rapport qui leur a été soumis avant de procéder à sa validation. DSC 552

Des acteurs de premier rang se prononcent :

M. Djourmité Nestor Noufé, représentant le directeur général de l’ANEREE

Si cette étude n’avait pas été faite, on devrait susciter sa réalisation. Etant la structure opérationnelle de mise en œuvre de la politique du ministère de l’Energie, il était important de mener cette étude pour savoir un peu ce que la population pense, notamment du volet énergie solaire au Burkina Faso. Cette étude vient à point nommé, et nous pensons qu’on va se l’approprier pour les actions à venir. Déjà, il faut dire que nous collaborons avec les acteurs du domaine et ce qu’il faut noter, récemment on a élaboré un projet de décret qui sera soumis à la hiérarchie pour les questions de contrôle-qualité.

Dorénavant, n’importe qui ne peut pas importer des équipements solaires et les vendre au Burkina Faso. Ce travail est fait. Il faut également dire que les trois ministères qui sont les ministères de l’Energie, du Commence et de l’Economie, ont ensemble pris un arrêté portant sur l’exonération des équipements solaires. Il faut dire qu’il y a un ensemble d’actions qui est en train d’être fait sur le terrain. En somme, l’année 2020, c’est l’année charnière de l’Agence nationale des énergies renouvelables énergétiques.

En ce qui concerne la régularisation des équipements solaires, le problème est qu’on a libéralisé le secteur de l’énergie renouvelable avant la création de l’ANEREE ; donc il y a des difficultés, et ce sont ces difficultés que nous sommes en train de rattraper. C’est pour dire que cette étude viendra combler le déficit pour pouvoir donc permettre à l’autorité, aux décideurs de prendre des actions fortes pour encourager la population à aller vers les énergies renouvelables parce qu’aujourd’hui, il faut le reconnaître que c’est un secteur d’avenir et on doit y aller car on a un taux d’ensoleillement inestimable au Burkina Faso. Et on se doit donc d’amener la population à adhérer et à consommer. Il nous faut juste des équipements de qualité pour encourager la population à aller vers cela.

1- M. Djourmité Nestor NOUFE. DSC 551

Honoré Bonkoungou, chef de mission adjoint du projet ECED-Mouhoun

L’objectif est de voir comment améliorer l’accès aux énergies, des énergies de qualité, surtout en milieu rural. Aussi, on voudrait voir comment on peut cerner encore mieux la capacité de ces populations, surtout en milieu rural, à s’offrir des services énergétiques de qualité et ensuite, leur volonté de payer également ces solutions d’énergie qui existent de nos jours.

Donc, de façon globale, cette étude voudrait permettre à l’ensemble des acteurs du secteur de l’énergie de voir quel type de solution on pourrait amener en milieu rural, qui correspond à leur volonté et à leur capacité. Voilà de façon résumée l’objectif de cette étude que nous avons menée en partenariat avec SNV et ECED-Mouhoun. Nous avons entamé l’étude durant le dernier trimestre de 2019, mais compte tenu du contexte que nous avons tous vécu, c’est aujourd’hui que nous faisons la restitution.

1- Honoré Bonkoungou, chef de mission adjoint du projet ECED-Mouhoun. DSC 568

Mahamadou Badiel, coordonnateur du programme « Voix pour le changement » (V4CP)

Il faut dire que cette étude qui a été conduite par les organisations de la société civile avec l’appui financier de SNV et ECED-Mouhoun a eu un certain nombre de résultats très intéressants pour nous. Car premièrement l’étude nous a montré que seulement 14% des échantillons que nous avons analysés utilisent les services en énergie renouvelable, seulement 6% utilisent les énergies tels que les foyers améliorés. Et 2% des personnes utilisent les énergies pour la production.

Pourtant, au Burkina Faso, je pense que la politique qui est liée au Plan national de développement économique et social veut que nous créions beaucoup d’entreprises au niveau de la production agro-sylvo-pastorale alors que nous n’avons que 2% seulement qui utilise les technologies liées à l’énergie renouvelable. Pour améliorer la résilience des populations, l’étude nous a montré qu’il y a au moins 25% de personnes très vulnérables au Burkina qui ne peuvent même pas avoir accès et qui n’ont même pas la volonté d’avoir ce matériel-là.

Donc c’est de voir comment on peut trouver des systèmes innovants de financement des acteurs pour avoir accès à ces matériels. Le représentant du directeur de l’ANEREE l’a dit : c’est de voir au niveau de régulation du Burkina comment on peut faciliter l’accès au matériel de qualité pour ces producteurs à bon marché, et de voir aussi avec les systèmes financiers que nous avons, comment faciliter le crédit pour ces acteurs parce que ça aussi, il faut dire que c’est un frein à l’acquisition de ces matériels.

1- M. Mahamadou Badiel, coordonnateur du programme « Voix pour le changement » (V4CP). DSC 569

Ivana Soma/Badolo, représentante des OSC/ER de V4CP

Il faut d’abord situer le contexte, en précisant que c’est suite à une analyse de l’environnement liée au secteur des énergies renouvelables que les OSC de la thématique énergie renouvelable ont retenu comme thème de plaidoyer l’accès des populations aux services et équipements d’énergie renouvelable de qualité.

C’est ainsi que depuis 2016, nous avons commandité plusieurs études et c’est dans cette même dynamique que cette étude qui fait l’objet de validation aujourd’hui à Koudougou a aussi été commanditée sur la capacité et la volonté des populations d’acquérir des services et équipements en énergies renouvelable de qualité.

Il faut noter que ces résultats vont nous permettre de formuler des messages de plaidoyer à l’endroit du gouvernement, c’est-à-dire les ministères de l’Energie, de l’Education nationale, de la Jeunesse et aussi les collectivités territoriales et l’Assemblée nationale, afin que ces derniers puissent adopter des politiques en faveur des énergies renouvelables pour que la population puisse acquérir ces matériels.

1- Ivana Soma/Badolo, représentante des OSC/ER de V4CP. DSC 576

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