Énergies renouvelables : Des retards inquiétants sur les objectifs royaux – L’Opinion


Dans le cadre du suivi des grands chantiers et projets stratégiques, SM le Roi Mohammed VI a présidé, le 22 octobre 2020 au Palais Royal de Rabat, une séance de travail dédiée à la stratégie des énergies renouvelables. Le chef du gouvernement, M. Saâd Dine El Othmani, les conseillers de SM le Roi, MM. Fouad Ali El Himma et Yassir Zenagui, le ministre de l’Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, M. Mohamed Benchaâboun, le ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement, M. Aziz Rebbah, la directrice générale de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines, Mme Amina Benkhadra, le président du Directoire de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), M. Mustapha Bakkoury, et le directeur général de l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable, M. Abderrahim El Hafidi, ont tous assisté à cette réunion.

Hésitations dans l’exécution
Le Souverain, qui était accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, a au cours de cette séance « relevé un certain nombre de retards pris dans l’exécution de ce vaste projet et a attiré l’attention sur la nécessité de faire aboutir ce chantier stratégique dans les délais impartis et suivant les meilleures conditions, en agissant avec toute la rigueur requise ». Le communiqué du Cabinet Royal précise par ailleurs que « Le développement des énergies renouvelables occupe, dans le contexte actuel, un rôle central dans l’évolution de l’économie mondiale et de la transition énergétique, ce qui conforte la justesse des choix stratégiques opérés par le Royaume, visant à donner à ces énergies une place majeure dans le mix énergétique national et à consacrer le rôle pionnier et reconnu qu’occupe aujourd’hui le Maroc dans ce domaine d’avenir ».

2020 est là, pas les 42%
L’une des priorités majeures de la stratégie énergétique nationale élaborée par le gouvernement conformément aux Hautes Directives Royales est de porter à 42% la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique national en 2020 pour atteindre 52% à l’horizon 2030.Un des indices de retard de la réalisation des objectifs en matière d’énergies renouvelables –que nous avions relevés dans un numéro de « L’Opinion » publié en janvier dernier-est le report à l’année 2021 de l’objectif qui concerne l’atteinte de 42% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique. Ce report a été implicitement annoncé par le ministre de l’Énergie Aziz Rabbah en marge de la 10ème Assemblée Générale de l’Agence Internationale de l’Énergie Renouvelable (IRENA) à Abou Dhabi quis’est déroulée du 10 au 12 janvier 2020. Le ministre avait alors affirmé que le Royaume a amorcé des investissements colossaux dans le secteur de l’Energie en vue de porter à 42 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national « à l’horizon 2021 ».

Pandémie et énergies renouvelables
Si la déclaration implicite de ce report a été faite plusieurs mois avant l’apparition au Maroc des premiers cas de Coronavirus, il n’est pas exclu que les semaines de confinement, le gel de certaines chaînes d’approvisionnement et la suspension de tous les vols aériens ne soient des facteurs qui ont provoqué encore plus les retards accusés dans l’avancement du vaste chantier des énergies renouvelables. Dans le contexte actuel marqué par une crise sanitaire et économique, le communiqué du Palais Royal sonne comme un rappel à l’ordre qui souligne l’importance de garder la cadence dans le domaine des énergies renouvelables, surtout après plusieurs années d’efforts et d’investissements. Le ministre Aziz Rabah avait affirmé il y a quelques jours en marge d’une visite à la station électrique de Oued Tensift que le Royaume avait investi plus de 5,65 milliards de dollars dans les énergies renouvelables durant la décennie écoulée. Le Maroc qui dispose actuellement d’une infrastructure de production d’énergies solaire et éolienne et de plusieurs projets d’énergies alternatives mise sur un mix énergétique de plus en plus propre et, surtout, se dote des moyens de faire de ce vaste chantier un moteur pour le développement économique et la création d’emplois.

Oussama ABAOUSS

3 questions à Hajar Khamlichi, experte en durabilité

Hajar Khamlichi
« Il est certes question de quelques retards, mais c’est à mon sens un message positif qui confirme l’engagement du Royaume »

Chef de la commission Energie à l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCDD) et experte en durabilité, Mme Hajar Khamlichi a répondu à nos questions sur les enjeux des énergies renouvelables au Maroc.

– Quelle est votre interprétation du message royal qui incite à faire aboutir le chantier des énergies renouvelables dans les délais impartis ?
– Cette réunion et le communiqué du Cabinet Royal qui en a découlé ont fait la lumière sur le chantier des énergies renouvelables d’autant plus que nous n’avions pas vraiment des indicateurs relatifs à l’état d’avancement des projets. Il est certes question de quelques retards, mais c’est à mon sens un message positif qui confirme l’engagement du Royaume à continuer son élan et à maintenir sa cadence et son leadership dans ce domaine.

– Quels sont les indices qui confirment le leadership du Royaume dans le domaine des énergies renouvelables ?
– Une étude allemande a récemment classé le Maroc parmi les 5 meilleurs pays au monde dans le développement des partenariats énergétiques. Nous avons d’ailleurs développé avec l’Allemagne un partenariat pour le Power to X parce que le Maroc dispose déjà d’un capital et d’un grand potentiel en matière d’énergies renouvelables. Il faut cependant continuer nos efforts dans ce domaine, surtout dans un contexte où nous voyons baisser les coûts de l’énergie solaire : la compétitivité du Maroc vis-àvis d’autres pays en est devenue intéressante.

– Qu’en est-il du Green Deal européen ?
– La Commission européenne est notre principal partenaire avec laquelle nous effectuons nos transactions énergétiques. Le Green Deal est en train d’avancer rapidement et il nous faudra continuer à augmenter la part des énergies renouvelables pour pouvoir garder notre positionnement.

Recueillis par O. A

Électricité : Première réunion de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité
Mercredi dernier s’est tenue, à Rabat, la première réunion du Conseil de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE). Cette rencontre a été consacrée à l’examen et l’approbation d’un ensemble de documents et de décisions, notamment la feuille de route stratégique pour la période 2021-2025. À l’occasion de cette première réunion du Conseil, tenue en présence de tous ses membres, M. Abdellatif Bardach, président de l’ANRE, a fait un exposé exhaustif sur les missions de la nouvelle autorité, les attributions de ses organes de gouvernance, les principaux projets et activités réalisés à ce jour ainsi que les axes de son plan d’action. Le Conseil a par la suite approuvé un certain nombre de référentiels de gestion de l’ANRE. Dans une déclaration à la presse à l’issue de cette réunion, M. Bardach a affirmé que la tenue de ce Conseil constitue un maillon crucial et un levier majeur pour continuer à appuyer le processus de réorganisation, de modernisation et de libéralisation progressives du secteur de l’électricité. Le Royaume est désormais doté d’un régulateur indépendant doté des compétences et des moyens adéquats et nécessaires lui permettant d’exercer ses fonctions régaliennes, tels que stipulés dans les textes législatifs et réglementaires, a-t-il conclu. Dans le cadre de la stratégie énergétique du Royaume, l’ANRE accompagnera les mutations profondes que connaît le secteur des énergies renouvelables en vue d’accroître l’attractivité du secteur tout en contribuant au bon fonctionnement du marché d’électricité et de son ouverture progressive.
Partenariat maroco-allemand
En juin dernier, le Maroc et l’Allemagne ont signé à Berlin un accord relatif au développement du secteur de la production de l’hydrogène vert. Deux projets annoncés dans la déclaration d’intention : le projet «Power-to-X» pour la production de l’hydrogène vert proposé par MASEN et le projet de mise en place d’une plate-forme de recherches sur «Power-to-X», le transfert des connaissances et le renforcement des compétences en partenariat avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN).
Centrale hybride et hydrogène vert
L’agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) étudie le développement d’une centrale hybride (énergies photovoltaïques et éoliennes) qui pourra alimenter une usine d’hydrogène vert. Elle aura une capacité d’électrolyse d’environ 100 MW. L’agence compte finaliser l’analyse de faisabilité début 2021 avant de lancer le processus de pré-qualification et d’appel d’offres au courant de la même année. L’adjudication du marché sera annoncée en 2022 pour une mise en service commercial du site entre 2024-2025.
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