Engageons une démarche environnementale globale – La Tribune

Peut-on réellement envisager la transition vers la neutralité carbone en dehors de la transition écologique ?  La décarbonation des bâtiments et de la société toute entière n’est qu’un maillon d’une réflexion globale sur l’évolution de nos modèles. Nous sommes convaincus que l’objectif zéro carbone est prioritaire pour réussir à infléchir les courbes de température à l’horizon 2050, car l’accélération du dérèglement climatique anéantirait toutes les autres actions. Mais cet objectif ne prend sens que s’il s’intègre dans une série d’actions pour la protection de l’environnement, l’amélioration de la santé, la lutte contre la précarité et le développement de la croissance verte.

Lire aussi : Changeons de modèle

C’est pourquoi nos actions dépassent le périmètre de la neutralité carbone afin de relever ensemble les autres grands défis du siècle : la gestion des ressources en eau, la protection de la biodiversité, la gestion des déchets, le développement d’une alimentation responsable et tant d’autres sujets au cœur de nos vies.

Ensemble, engageons-nous pour l’avenir de la planète.

LES SOLUTIONS

28 / ÉCONOMISER ET RÉUTILISER L’EAU

L’autre défi que l’humanité devra relever dans la prochaine décennie sera celui de la gestion des ressources mondiales en eau. Dans le secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire, les actions à mener portent à la fois sur la réduction des consommations et sur la réutilisation des eaux usées. Sur les chantiers, de nombreuses mesures se développent pour limiter les recours à l’eau et la réutiliser dès que possible (installation de citernes d’eau de pluie, récupération des eaux de lavage…). Au cours de l’exploitation, l’installation de dispositifs spécifiques permet de réaliser des économies d’eau significatives sans nuire au confort des usagers. En parallèle, les eaux domestiques faiblement polluées (évacuées par les douches, le lavabo ou l’évier) sont de plus en plus souvent filtrées et traitées avant d’être réutilisées pour des usages ne nécessitant pas une eau absolument propre :
arrosage des espaces verts, nettoyage de véhicules, alimentation des chasses d’eau. Enfin, les eaux pluviales, qui drainent de nombreux résidus toxiques, doivent être absorbées au maximum par le bâti, afin d’éviter qu’elles polluent les rivières. L’installation de toits terrasses s’avère alors une excellente solution pour empêcher le ruissellement.

29/ FAVORISER LA BIODIVERSITÉ

En ville, les acteurs du bâtiment ont également un rôle important à jouer pour préserver la faune et la flore urbaines menacées par l’urbanisation et le réchauffement climatique. La végétalisation des toits et des murs avec des espèces locales représente une première étape, en veillant à ce que les cultures soient arrosées avec parcimonie, sans produits phytosanitaires. Pour aller plus loin, des hôtels à insectes et des ruches peuvent être installés sur les terrasses, et des nichoirs peuvent être fixés sous la toiture ou dans des cavités artificielles. Sur le toit, la création d’une mare et la culture de variétés mellifères offrent également aux insectes et aux oiseaux un petit écosystème où ils pourront cohabiter harmonieusement avec les citadins. Enfin, la diminution de l’éclairage nocturne, le marquage des surfaces vitrées et la création de corridors écologiques vers des espaces verts pratiquant une gestion raisonnable permettront de réintroduire la nature en ville, pour le bonheur de tous.

30/ VALORISER LES DÉCHETS DE CHANTIER

Le secteur du bâtiment n’est pas uniquement le plus émetteur de CO2 en France, il est aussi responsable de 40 millions de tonnes de déchets par an selon l’ADEME. Pour limiter cet impact environnemental, les maîtres d’ouvrage adhérents à l’association CIRCOLAB se sont engagés à sortir d’un modèle linéaire (extraire, produire, consommer, jeter) et à faire entrer le secteur de la construction dans l’ère de l’économie circulaire. Là encore, les leviers sont multiples : la rénovation est privilégiée dès que possible, afin d’éviter l’emploi de matériaux neufs et prolonger la durée de vie des bâtiments. Les matériaux et les déchets de construction sont recyclés et réutilisés dès que possible et peuvent même réalimenter des gisements de matières premières. Plus généralement aujourd’hui, cette réflexion de l’ensemble de la filière porte déjà ses fruits, avec 40 à 50 % des déchets de chantier recyclés selon les régions.

31/ PARTICIPER À LA GESTION DES DÉCHETS

Selon l’ADEME, les ménages produisent 568 kg de déchets ménagers par an en moyenne, tandis que les entreprises en produisent environ 700 kg (données 2016). Leur recyclage permet déjà d’éviter l’émission de 20 millions de tonnes de CO2 par an, mais tous les acteurs économiques doivent continuer à se mobiliser. Dans le secteur résidentiel comme dans le secteur tertiaire, constructeurs et gestionnaires peuvent continuer à faciliter le tri des déchets et installer des zones de compostage des déchets organiques dès que possible.

En France, 8 GWh thermiques sont produits chaque année par incinération de déchets dans des centrales dédiées. Cette méthode, qui constitue une alternative à la mise en décharge, permet de transformer les déchets en énergie avec un impact neutre en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

32/ PROMOUVOIR L’ALIMENTATION DURABLE

Le secteur du bâtiment peut-il avoir un impact environnemental sur l’alimentation durable, autre enjeu planétaire de premier plan ? Il serait utopique d’imaginer nourrir une ville entière avec des légumes cultivés sur des toits terrasses, mais le bâtiment se réinvente néanmoins aujourd’hui pour répondre aux grands enjeux de l’agriculture urbaine. Alors que la plus grande ferme urbaine du monde s’apprête à ouvrir porte de Versailles à Paris, de nombreux projets architecturaux intègrent désormais des espaces de cultures pour sensibiliser les usagers aux bienfaits d’une alimentation locale et au respect des saisons. Potagers et vergers s’invitent de plus en plus régulièrement dans les copropriétés, tandis que dans les immeubles de bureaux et tous les bâtiments accueillant du public, les habitudes évoluent : les cantines proposent de la nourriture locale, biologique et de saison, les menus végétariens se multiplient, les employés peuvent réserver leur panier bio, et les invendus sont revendus à tarif préférentiel ou donnés à des associations pour éviter le gaspillage alimentaire. Autant d’initiatives qui limitent les émissions de CO2 liées à la production et au transport des denrées alimentaires, tout en améliorant la qualité de vie des usagers !

33/ COMPENSER SES ÉMISSIONS CARBONE, EN DERNIER RECOURS

Nous sommes convaincus que les trois piliers de la transition énergétique sont la sobriété, la performance énergétique et le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables et de récupération. Tous nos efforts doivent se concentrer sur ces leviers durables. Néanmoins, la compensation carbone reste une solution intéressante pour réduire son bilan en contribuant à des projets de reforestation ou de développement des énergies renouvelables (réhabilitation de barrages hydrauliques, construction de méthaniseurs dans les pays en voie de développement…). Toute notre attention est alors portée sur la qualité environnementale des projets soutenus, sans perdre de vue que l’objectif reste d’émettre le moins possible de CO2.

34/ VEILLER À L’EMPREINTE CARBONE DES ÉQUIPEMENTS

Un bâtiment est aussi composé de la somme des matériaux et des équipements qui le composent. La prochaine étape consistera certainement à tenir compte des quantités de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère lors de la production et du transport de chaque élément, du ciment au panneau photovoltaïque, de la chaudière au mobilier et des terminaux informatiques aux objets du quotidien.

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