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États-Unis : cinquante ans après, les démocrates renouent avec le nucléaire – Le Point

Tout à l’ouest des États-Unis, le nucléaire n’a pas trop le vent en poupe. En Californie, une centrale a fermé il y a peu de temps, une autre (Diablo Canyon) devrait suivre avant 2025. Et pourtant, l’État aurait bien besoin du nucléaire pour pallier en ce moment l’intermittence des renouvelables (vent et soleil), qui peinent à fournir de l’électricité en cet été suffocant : les climatiseurs tournent à plein régime, mais le vent ne souffle pas…

Pendant ce temps, tout à l’est des États-Unis, dans le Delaware, le nucléaire revient sur le devant de la scène. La convention démocrate, qui se tenait il y a quelques jours à Wilmington, a pris une décision historique : dans sa plateforme électorale, le parti de Joe Biden affirme son soutien au nucléaire. Ce n’était pas arrivé, disent les connaisseurs de la politique intérieure américaine, depuis près de cinquante ans. La dernière fois que le Parti démocrate avait flatté un peu l’atome comme mode de production d’électricité, c’était en 1972, avec l’arrivée du républicain Richard Nixon à la Maison-Blanche.

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Le texte reste toutefois prudent. Il explique que, pour soutenir la transition énergétique, les démocrates sont favorables à « toutes les énergies sans carbone, y compris l’énergie hydraulique, la géothermie, le nucléaire existant et avancé, ainsi que le captage et le stockage du carbone ». Joe Biden, dans son programme, se montre un peu plus précis. Il milite pour un objectif de neutralité carbone dès 2050, et, pour ce faire, évoque la construction de SMR (small modulator reactors, de petits réacteurs de moyenne puissance), « à coût de construction moitié moindre que celui des réacteurs actuels ».

Son texte programmatique précise sa pensée sur le nucléaire comme mode de production d’électricité : « Pour faire face à l’urgence climatique […], nous devons examiner toutes les technologies à faible et à zéro émission de carbone. C’est pourquoi M. Biden soutiendra un programme de recherches pour examiner les questions, allant du coût à la sécurité en passant par l’élimination des déchets […]. »

60 000 éoliennes en plus

L’opposition historique du Parti démocrate à l’atome collait à son électorat : un sondage Gallup de 2019 révélait que seuls 42 % des démocrates se prononçaient en faveur du nucléaire, contre 65 % des républicains. Ces derniers mois, le Parti démocrate a toutefois commencé à bouger sur la question, avec notamment le soutien apporté par deux candidats à la présidence du parti, Cory Booker et Andrew Yang, comme le rappelle le magazine Forbes.

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Il n’empêche, les États-Unis sortent doucement du nucléaire. Le pays reste, avec 98 réacteurs en service et une puissance de 99,3 GW, à la première place mondiale des producteurs d’électricité par l’atome. Il fournit 20 % de l’électricité (contre environ 75 % en France). Mais, selon l’Agence internationale de l’énergie, la puissance installée du parc nucléaire pourrait baisser à 79 GW en 2050, à la faveur de l’essor des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Tout en soutenant le nucléaire, la plateforme du Parti démocrate veut d’ailleurs mettre le paquet sur les panneaux solaires et les éoliennes, avec l’installation de 500 millions de panneaux solaires et 60 000 éoliennes, soit un doublement du nombre de mâts en place ! En 2017, l’ensemble des énergies renouvelables hors hydraulique (géothermie, biomasse, éolien, solaire…) ne fournissait pourtant que 9,6 % de l’électricité produite aux États-Unis.

La filière américaine du nucléaire n’a pas attendu la convention démocrate pour se préparer à l’avenir. Depuis près de dix ans, le Department of Energya alloué plus de 1 milliard de dollars aux SMR et réacteurs avancés. Ces centrales nucléaires pourraient venir en complément des énergies renouvelables : en Californie, rappellent Les Échos, l’opérateur LS Power vient d’annoncer que la batterie la plus puissante au monde, capable de charger et décharger 230 mégawatts par heure, était entrée en service. Une solution, enfin, pour stocker l’électricité fournie par le vent et le soleil avant de la relâcher lorsque le besoin s’en fait sentir. Et éviter, peut-être, les coupures de courant que subissent ces jours-ci les Californiens…

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