Faut-il investir dans une centrale photovoltaïque pour l’autoconsommation ? – Web-agri

L’économie nette moyenne sur la facture d’électricité s’élève à 600 € par an pour un élevage laitier en autoconsommation d’énergie photovoltaïque. (©Chambre d’agriculture de Bretagne)

Depuis 2018, la parité réseau est atteinte c’est-à-dire que le prix de l’électricité photovoltaïque est passé sous celui de l’électricité achetée sur le réseau. Pour les agriculteurs, cela signifie qu’ils peuvent réduire leur facture d’électricité par la mise en place de centrales photovoltaïques en autoconsommation totale. Cela est d’autant plus intéressant pour les éleveurs qu’ils disposent souvent de grandes surfaces de toits et qu’ils sont de gros consommateurs d’électricité.

Dans un système en autoconsommation totale, toute l’énergie produite par l’installation photovoltaïque doit être consommée, il n’y pas la possibilité de vendre le surplus. Il n’y a donc ni taxe ni raccordement à payer. Mais pour autant, l’autoconsommation ne couvre pas tous les besoins de l’exploitation, rarement au-delà de 30 % des besoins en électricité, car l’énergie produite, en journée, doit être aussitôt consommée.

Alors, est-ce rentable pour un élevage d’aller dans ce sens de l’autoconsommation ? La chambre d’agriculture de Bretagne a rappelé lors d’une visioconférence le 17 septembre dernier que la rentabilité du projet va dépendre de plusieurs facteurs. On ne peut donc pas généraliser et copier les projets, il faut agir au cas par cas. Il faut d’abord que le projet soit bien dimensionné aux besoins de l’exploitation et à son profil, car le surplus d’électricité produite ne sera pas valorisé et donc diminuera la rentabilité économique de l’installation. Il faut viser un taux d’autoconsommation de 100 %.

Le coût de la centrale est également déterminant, même s’il a beaucoup baissé ces dernières années. Il ne faut pas non plus oublier le coût de la rénovation du bâtiment si celui-ci est déjà existant. L’idéal est d’installer la centrale sur un bâtiment neuf.

Photovoltaïque : l’exposition idéale. (©Chambre d’agriculture de Bretagne)

La rentabilité va ensuite dépendre du productible de la centrale, qui est différent selon son exposition. Pour des conditions idéales de fonctionnement, la chambre d’agriculture préconise des toits orientés au sud avec une pente de 30°. Le coût de l’électricité achetée sur le réseau et l’évolution dans le temps sont aussi des éléments qui peuvent faire varier la rentabilité tout comme les coûts de maintenance, les assurances et les conditions d’emprunt.

Particulièrement intéressant pour les exploitations avec robots de traite

Et pour un élevage laitier, est-ce rentable d’installer une centrale photovoltaïque pour autoconsommer l’énergie produite ? Une question à laquelle la chambre d’agriculture de Bretagne répond positivement en s’appuyant sur les dossiers qu’elle a traités dernièrement.

Rentabilité des installations photovoltaïques en autoconsommation. (©Chambre d’agriculture de Bretagne)

En 2019-2020, sur 10 dossiers réalisés pour des exploitations laitières en Bretagne, la puissance moyenne recommandée s’élève à 15 kWc (permettant le fonctionnement de deux robots de traite avec un taux d’autoconsommation de 94 %). Cela va permettre de couvrir environ 20 % des besoins en électricité d’une exploitation laitière soit une réduction moyenne des factures d’électricité sur 20 ans de 42 000 € HT soit 2 100 euros HT par an. L’économie nette moyenne, en enlevant les charges et hors MSA, s’élève à 12 000 € soit 600 € par an. Le taux de rentabilité interne est de 5,5 %.

Avec une puissance de 15 kWc, on couvre 20 % des besoins soit une économie de 2 100 €/an d’électricité

« L’autoconsommation photovoltaïque des ateliers lait est rentable, notamment pour ceux disposant d’un robot de traite. En effet, le besoin en électricité est régulier tout au long de la journée, contrairement à la salle de traite où la consommation s’effectue le matin et le soir, moment où la production d’énergie photovoltaïque est moins forte », explique la chambre d’agriculture.

Comment procéder ?

Alors prêt à vous lancer ? Première étape du projet : il faut d’abord enregistrer sur une période de un à deux mois environ les consommations électriques de l’exploitation. Ensuite une étude de dimensionnement est réalisée. L’agriculteur peut prendre contact avec des installateurs pour obtenir des devis. Une fois ce dernier signé, il faut environ compter six mois pour l’installation et la mise en service de la centrale.

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