Jennifer Granholm, une adepte des technologies propres au ministère américain de l’Energie – libération


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La future ministre américaine de l’Energie, Jennifer Granholm, est une fine connaisseuse du secteur automobile et une ardente militante des technologies propres qui pourra aider à l’essor des véhicules électriques. A la tête de cette administration, elle aura la charge de mettre en œuvre certains points-clés du programme du président élu Joe Biden, comme le développement d’alternatives aux énergies fossiles, de bâtiments moins gourmands en énergie, et d’un réseau de stations de recharge pour les voitures roulant sans carburant. Dès sa nomination jeudi dernier, elle a donné le ton en écrivant sur Twitter: “Nous avons l’opportunité de mieux rebâtir tout en créant des millions d’emplois”. Elle a aussi salué “l’engagement collectif pour une énergie propre et une planète en bonne santé”. Née au Canada, gouverneure de l’Etat du Michigan pendant deux mandats, de 2003 à 2011, après en avoir été procureure générale, Jennifer Granholm, 61 ans, a eu l’occasion de se frotter avec les grands groupes automobiles basés à Détroit. Elle avait notamment travaillé avec Joe Biden, quand il était viceprésident de Barack Obama, à la mise en place du programme de sauvetage de l’industrie automobile en pleine crise financière en 2009. Elle a aussi adopté à ce poste des mesures encourageant l’utilisation des énergies renouvelables. Enseignante à l’Université Berkeley en Californie, mariée et mère de trois enfants, elle a par la suite mené plusieurs initiatives défendant l’idée que le développement des énergies propres crée des emplois et que les Etats-Unis ne devraient pas laisser les autres pays prendre trop d’avance sur ce secteur. Le travail du ministère de l’Energie se concentre sur l’entretien de l’arsenal nucléaire américain, qui représente encore en 2020 75% de son budget d’environ 35 milliards de dollars. Mais le département opère également à travers des laboratoires nationaux qui ont aidé à développer des technologies avancées en matière d’énergies renouvelables et à faire baisser les coûts de l’éolien et du solaire. Donald Trump avait, lui, fait de “l’indépendance énergétique” des Etats-Unis, voire de la “domination américaine en matière d’énergie”, une priorité. Il avait choisi comme son premier ministre à l’Energie Rick Perry, un ancien gouverneur du Texas, Etat riche en pétrole. Grâce aux nouvelles techniques de fracturation hydraulique et de forage horizontal, le pays est devenu sous son mandat le premier producteur mondial de brut, et exporte depuis 2017 plus de gaz naturel qu’il n’en importe. L’association de protection de l’environnement Greenpeace s’est réjouie de la nomination de Jennifer Granholm. Elle “s’est prononcée avec force contre les oléoducs Keystone XL et Dakota Access et a plaidé pour le transfert des investissements du pétrole et du gaz vers des solutions d’énergie renouvelable”, a souligné Lisa Ramsden, responsable de la campagne sur le climat de l’ONG. “On a besoin de gens n’ayant pas peur d’interpeller les compagnies pétrolières et gazières sur leurs décennies de pollution injuste”, a-t-elle ajouté. Pour Frank Maisano, spécialiste en communication sur l’énergie pour le cabinet juridique Bracewell à Washington, Jennifer Granholm devrait facilement être confirmée à son poste par le Sénat. Mais, ajoute-t-il, elle devrait rapidement faire face à des défis importants, “pas seulement la réalité politique mais aussi la réalité technique”. Et si elle parvient bien à engager le déploiement d’un vaste réseau de stations de recharge électrique par exemple, il faudra convaincre. “Vous pouvez créer l’environnement pour rendre les choses possibles, mais tout cela dépendra beaucoup des choix des consommateurs”, dit-il à l’AFP. “Ce n’est pas si facile de remplacer les véhicules actuels, utiles et faciles d’utilisation.” Dans la lutte contre le changement climatique, affichée comme une des priorités du nouveau gouvernement, elle travaillera avec le futur responsable de l’Agence de protection de l’environnement, Michael Regan, ainsi qu’avec le futur ministre des Transports, Pete Buttigieg.
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