La « boucle du Hainaut », chaînon manquant de la haute tension – L’Echo

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité entame la procédure d’information, préalable à la construction d’une ligne à très haute tension entre Avelgem et Courcelles.

La Belgique est traversée d’ouest en est et du nord au sud par des lignes à très haute tension (380 kilovolts) qui permettent d’acheminer l’électricité depuis les producteurs vers les réseaux de distribution, mais aussi d’assurer les échanges transfrontaliers, vers la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Angleterre et le Grand-Duché.

Dans sa forme actuelle, le réseau à 380 kV présente cependant des points de risques, qui doivent être améliorés dans le cadre du plan fédéral de développement d’Elia, le gestionnaire de réseau, dont la dernière mouture a été avalisée par le gouvernement fédéral en avril 2019.

Dans le cadre des Accords de Paris et du plan Climat de l’UE à l’horizon 2030, la part d’énergie renouvelable devra plus que doubler. D’autre part, la tendance va vers une électrification plus poussée de la société pour mieux utiliser ces ressources dites vertes. Entre les deux, Elia, le gestionnaire d’infrastructure, doit assurer le transport depuis les producteurs, mais aussi veiller à l’équilibre du trafic. Un exercice rendu plus compliqué par les sources d’énergie variables que sont le solaire ou l’éolien.

Congestion et saturation

Actuellement, le réseau à haute tension est constitué, schématiquement, d’une croix d’ouest en est et du nord au sud. Avec un segment particulièrement chargé entre les nœuds Horta et Mercator, soit entre Bruges et Anvers.

« A infrastructure inchangée, cette portion sera complètement saturée dans les années à venir. Particulièrement dans la perspective de l’installation de nouveaux parcs éoliens offshore, qui doivent injecter près de 2 Gw supplémentaires sur le réseau », fait remarquer Ilse Tant, directrice du département Community Relations d’Elia.

Sans augmentation de capacité sur le maillage à haute tension, ce tronçon unique risque 40% de temps de congestion à l’horizon 2030. « Cela signifie simplement que l’on ne pourra pas absorber près de deux tiers de l’électricité produite à terme en mer du Nord », précise Tant.

Pour éviter la saturation et des phénomènes de congestion sur le réseau – dont le coût se répercute en fin de compte sur le consommateur final -, il faut renforcer des lignes existantes. Ce sera le cas entre Anvers et Charleroi et vers l’est, mais entre aussi Maastricht et Chooz. Mais il faut aussi et surtout dédoubler les lignes et créer des boucles.

Créer des boucles

C’est l’objectif du projet Ventilus, lancé l’an dernier, qui doit créer un lien entre le nœud Stevin à la Côte, qui transporte l’énergie produite en mer, et Avelgem via Izegem. La Boucle du Hainaut sera la deuxième partie du dédoublement sud de la ligne à 380 kV.

« Il y a quatre objectifs à ce bouclage du réseau », fait remarquer Maxime Habran, responsable du projet pour Elia. « Assurer un accès compétitif à l’énergie sur les marchés internationaux, augmenter les capacités d’accueil pour les énergies renouvelables, soutenir le développement économique de cette partie de la Wallonie et surtout fiabiliser l’approvisionnement en créant des routes alternatives. »

La nouvelle ligne aérienne de 380 kV aura une capacité de 6GW en courant alternatif. « C’est la solution de référence. Ce type d’installation est présent sur 98% du réseau européen et présente une fiabilité optimale », fait remarquer Habran.

14 communes concernées

Après concertation avec des représentants de la société civile (monde agricole, entreprises, environnement et intercommunales de développement économique notamment), un corridor de 84,8 km, qui traverse 14 communes, sera proposé pour modifier les plans de secteur. « En tenant compte des périmètres d’exclusion comme les sites Seveso et les aéroports, du regroupement des infrastructures, de l’environnement et du patrimoine, et naturellement de l’habitat qui s’est considérablement densifié depuis l’élaboration des plans de secteur. »

Les réunions d’information qui débuteront prochainement sont la première étape de ce long périple administratif avant le premier coup de pioche. Le processus devrait s’étendre jusqu’en 2023 pour la révision du plan de secteur, 2025 pour l’obtention des permis d’urbanisme et enfin 2028 pour la mise en service.

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