La difficile évaluation des investissements d’avenir – Le Monde

Dix ans après leur création, dans la foulée de la crise économique, les programmes d’investissements d’avenir (PIA) font plus que jamais partie de l’arsenal pour soutenir l’économie française. Le 3 septembre, le gouvernement a fait savoir que 11 milliards des 100 milliards d’euros du plan de relance allaient être dépensés dans le cadre du quatrième PIA, dont la vocation est de doper la croissance future du pays en investissant dans l’enseignement supérieur, la recherche, les entreprises innovantes, le numérique, la santé ou les énergies renouvelables.

La méthode, vraie spécificité des PIA

Mais, plus que par leurs objectifs, les investissements d’avenir se distinguent par la manière dont ils sont gérés. Ils ont été conçus au sortir de la crise de 2008-2009 par une commission installée par Nicolas Sarkozy et présidée par le tandem Alain Juppé-Michel Rocard. Cette dernière avait prévu que les investissements soient gérés directement par le premier ministre et par des acteurs publics indépendants des ministères, grâce à des crédits massifs débloqués en une seule fois, de manière à s’affranchir des contraintes d’un budget annuel.

Ce dispositif, adopté pour le PIA de 2010, a été reconduit en 2014 et 2017. Au total, fin 2019, l’Etat avait mobilisé 57 milliards d’euros dans le cadre des trois premiers PIA.

A ces sommes déjà engagées vont donc bientôt s’ajouter les 20 milliards d’euros prévus dans le cadre du quatrième PIA.

L’outil continue de séduire, notamment du fait de sa gouvernance, particulièrement adaptée aux investissements de très long terme. Mais est-il réellement efficace ? Difficile à dire. En décembre 2019, le comité de surveillance des investissements d’avenir a publié une étude sur l’impact macroéconomique du PIA de 2010, la première du genre. Il en ressort qu’en 2030 celui-ci aura généré 33 milliards d’euros de produit intérieur brut (PIB, peu ou prou le montant investi), et que 1 million d’emplois directs et indirects auront été créés ou maintenus.

Lire aussi Qu’y a-t-il derrière les « 500 milliards d’euros » mobilisés par l’Etat pour faire face à la crise ?

Mais, prévient le comité, ces chiffres constituent surtout une « invitation à poursuivre les estimations » et non « un résultat définitif ». Pourquoi de telles précautions ? Parce que, pour certains investissements, « il est assez difficile de faire un lien direct avec une croissance de richesses ou d’emplois », résume Damien Catteau, maître de conférences spécialiste des finances publiques à l’université Lyon 3. C’est notamment le cas de ceux ayant trait à l’université, dont le champ d’action est éloigné de la sphère productive.

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