La Grande-Bretagne accélère sa sortie du charbon – Journal La Croix

Les mines de charbon continuent de fermer en Grande-Bretagne, les unes après les autres, comme celles de Bradley, dans le nord de l’Angleterre, lundi 17 août. Son propriétaire, The Banks Group, a décidé d’arrêter l’exploitation, après le rejet par les autorités locales de ses projets d’expansion et sous la pression de militants écologistes.

Il ne reste plus que quelques mines à ciel ouvert de l’autre côté de la Manche. Mais leur fermeture est également prévue. Le gouvernement britannique a décidé de ne plus utiliser de charbon pour produire de l’électricité d’ici à 2025. En février dernier, le premier ministre Boris Johnson a même évoqué la date de 2024.

Une transition énergétique inédite

C’est une révolution dans un pays où le charbon est exploité depuis la période romaine et où il a constitué un des moteurs de son industrie. Alors qu’en France, la pensée dominante veut faire de l’Allemagne le modèle de la transition énergétique en Europe au nom de l’abandon du nucléaire, les vrais changements sont plutôt à rechercher en Grande-Bretagne, qui a accompli une transformation inédite, pour un grand pays industrialisé.

→ À LIRE. Le Royaume-uni, le pays de l’éolien en mer

Le charbon représentait 70 % de la production d’électricité britannique en 1990, puis 40 % en 2012 et seulement… 2,1 % en 2019. Rappelons qu’en Allemagne, il couvre encore 40 % des besoins électriques avec près de 150 mines. Une nouvelle centrale, Datteln IV, aussi puissante qu’un réacteur nucléaire (1,1 GW), a même été mise en service le 30 mai dernier. Autant dire qu’Outre-Rhin, la fin du charbon n’est pas pour demain. Le gouvernement d’Angela Merkel table sur une sortie progressive d’ici à 2038.

Du gaz, de l’éolien en mer et du nucléaire

À l’inverse, pour réduire ses émissions de carbone, la Grande-Bretagne a fait le choix de remplacer progressivement ses centrales à charbon par des centrales au gaz, qui en émettent deux fois moins. Dans le même temps, il a poussé les feux sur les énergies renouvelables, en particulier sur l’éolien en mer, dont il est devenu le champion européen, avec quasiment la moitié des capacités installées.

En 2008, le gouvernement a également décidé de construire de nouveaux réacteurs nucléaires, pour succéder à ceux qui arrivent en fin de vie et ce choix n’a jamais été remis en cause. EDF, qui est le premier électricien du pays, est en train de construire deux réacteurs EPR sur le site d’Hinkley Point. Il en prévoit deux autres à Sizewell, mais a toutefois du mal, pour l’instant, à boucler leur financement.

Au printemps, la Grande-Bretagne a ainsi réussi à ne pas utiliser de charbon pendant deux mois pour produire de l’électricité. Un record. Au total, les énergies renouvelables ont ainsi fourni 37 % de l’électricité sur le réseau britannique au premier semestre, contre 35 % pour les énergies fossiles. Le nucléaire représentait 18 % de la production d’électricité, mais le pays a tout de même eu recours aux importations (de France pour l’essentiel), afin de couvrir les 10 % restants.

L’arme de la taxe carbone

Pour accélérer leur transition énergétique, les Britanniques ont également décidé en 2013 de mettre un prix plancher au CO2 émis pour produire de l’électricité. Cette taxe carbone a été fixée à 18 livres, soit une vingtaine d’euros, ce qui pousse mécaniquement les producteurs à réduire le fonctionnement de leurs centrales polluantes, faute de rentabilité.

→ À LIRE AUSSI. La taxe carbone britannique a chassé le charbon

Les Britanniques n’ont en toutefois pas complètement fini avec le charbon. Certaines petites mines souterraines continuent de produire, notamment aux Pays de Galles et en Écosse, pour alimenter l’industrie sidérurgique. Des projets de nouvelles mines sont dans les cartons, notamment dans la région de Northumberland, mais les associations environnementales s’y opposent. C’est le cas également dans le nord-ouest du pays, où une mine souterraine en mer d’Irlande, à quelques centaines de mètres des côtes, attend depuis des années un feu vert des autorités.

admin

Share
Published by
admin

Recent Posts

Nexans : FINALISE LA CESSION DE BERK-TEK A LEVITON – Zonebourse.com

NEXANS FINALISE LA CESSION DE BERK-TEK A LEVITON  Paris, le 1er octobre 2020 – Nexans…

29 minutes ago

Total dévoile sa stratégie pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 – Agence Ecofin

(Agence Ecofin) - L’énergéticien Total dévoile son plan pour attendre la neutralité carbone d’ici 2050.…

29 minutes ago

France Relance: les énergies renouvelables sont encouragées selon André Joffre – Batirama.com

André Joffre, Président de Qualit’ENR, livre ses réflexions sur la prise en compte des ENR…

1 heure ago

Premier site de stockage d’électricité sur batteries à proximité d’éoliennes pour RTE – Quotidien des Usines – L’Usine Nouvelle

Pour garantir l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité en France, RTE mise sur…

2 heures ago

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2020 – Le Temps

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:– World…

2 heures ago

Le cabinet LPA-CGR avocats conseille Valorem – Affiches Parisiennes

le 30 septembre 2020 - AP REDACTION - Entreprise - Vie des entreprises @ DR…

3 heures ago

This website uses cookies.