L’Algérie se dote d’un Conseil National de l’Energie – L’Energeek

Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, l’a annoncé mi-juin : l’Algérie va se doter d’un Conseil National de l’Energie. Cette nouvelle instance aura pour tâche de piloter la transition énergétique du pays. Alors que l’Algérie reste encore dépendante des hydrocarbures, elle souhaite accélérer le développement des énergies renouvelables. L’énergie solaire devrait notamment être au centre des premiers projets du futur Conseil National de l’Energie.

Un Conseil National de l’Energie pour l’Algérie

C’est une nouvelle qui va avoir des répercussions cruciales sur la politique énergétique de l’Algérie. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la création d’une nouvelle institution. Le Conseil National de l’Energie, qui sera dirigé par le président, aura pour but de piloter la stratégie énergétique du pays. Les statuts du Conseil seront inscrits dans la constitution algérienne. Ce Conseil devra notamment trancher sur l’avenir des hydrocarbures dans le pays et sur les projets à mener pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables en Algérie.

Pour le président algérien, cet organe décisionnaire doit jouer un rôle de premier plan dans la stratégie énergétique du pays. Il a ainsi déclaré : “L’énergie engage l’avenir économique et sécuritaire de l’Algérie et toute décision majeure devra être préalablement analysée par le Conseil National de l’Energie.”

22 GW d’énergie verte en Algérie d’ici 2030

L’Algérie s’est engagée depuis plusieurs années déjà sur la voie de la transition énergétique. Mais pour l’instant, les projets accumulent les retards. En 2012, le gouvernement a défini le Programme Algérien de Développement des Energies Renouvelables et d’Efficacité Energétique (PENREE). Il fixe un objectif clair : atteindre 22 GW d’énergies renouvelables dès 2030, dont 13,6 GW d’énergie solaire. Mais la concrétisation de ce grand chantier vert se fait attendre. Alors que d’autres pays d’Afrique du Nord, le Maroc en tête, ont rapidement avancé sur les énergies alternatives ces dernières années, l’Algérie affiche une puissance installée de seulement 343 MW à l’heure actuelle.

13,6 GW d’énergie solaire d’ici 2025

En la matière, le nouveau Conseil National de l’Energie devra donc faire avancer la filière des ENR en Algérie. Le gouvernement a d’ailleurs déjà un grand chantier à l’horizon : le projet Tafoukl, annoncé en mai dernier. Il s’agit d’un grand chantier solaire qui doit permettre au pays de rattraper son retard dans le secteur du photovoltaïque. Le projet Tafoukl prévoit l’installation de plusieurs centrales solaires en Algérie. Elles cumuleront une puissance totale de 4 GW. Le gouvernement algérien prévoit un investissement de 3,6 milliards de dollars pour le financer.

Dans le détail, le gouvernement algérien prévoit de déployer les futures centrales solaires sur dix régions du pays, dans les cinq prochaines années. Au total, 64 000 hectares seront recouverts de panneaux photovoltaïques. Le Conseil National de l’Energie devra définir précisément les sites, piloter les investissements et définir les dates de mise en service de ces futures centrales solaires.

Et le nucléaire ?

Si le nucléaire ne faisait pas partie des annonces du président algérien, le sujet reste sur la table. L’Algérie devrait construire sa première centrale nucléaire à l’horizon 2025. Une décision prise par les pouvoirs publics pour répondre à la demande croissante d’électricité dans le pays. De plus, la production électrique de l’Algérie reste encore largement carbonée. En 2018, elle provenait à 99% des énergies fossiles. Le nucléaire a été choisi pour décarboner rapidement la production électrique du pays.

Le programme nucléaire algérien prévoit, après cette première installation, de construire une nouvelle centrale nucléaire tous les cinq ans. Mais actuellement, aucun contrat n’a été signé pour l’installation de ces futures centrales nucléaires. Le Conseil National de l’Energie aura, là aussi, un rôle à jouer. Il devra choisir les partenaires pour réaliser ces projets nucléaires, et valider un échéancier pour la construction des futures centrales.

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