Le Britannique Xlinks compte produire de l’énergie verte à Tan Tan pour les besoins du Royaume-Uni – Le Desk

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L’énergéticien Xlinks espère réaliser un ambitieux projet de production d’électricité combinant le potentiel solaire et éolien de la façade atlantique du Maroc dans le but de l’exporter vers le Royaume-Uni. L’idée de raviver le projet mort-né Desertec n’est certes pas nouvelle, mais l’évolution à la baisse du coût de production des énergies renouvelables depuis dix ans rendrait ce projet viable

La start-up britannique Xlinks espère réactiver une variante de Desertec, le projet mort-né de production d’énergie solaire au sud de la Méditerranée pour alimenter l’Europe d’électricité verte, rapporte le site spécialisé GreenTechMedia. (GTM)

Dans le cas de Xlinks, le concept consiste à installer 10 gigawatts de capacité de production photovoltaïque et éolienne ainsi que 25 gigawatts/heure de stockage sur batterie près de Tan Tan dans le sud du Maroc, puis à acheminer la production d’électricité jusqu’en Grande-Bretagne pour à terme satisfaire près de 7,5& % de sa demande, révèle la même source qui rappelle les tentatives similaires qui on échoué, en 2003 avec Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation et en 2009 avec le fameux projet Desertec à 400 milliards d’euros pour 100 GW de capacité de production.

Plus récemment, en 2016, l’augmentation du coût du nouveau nucléaire au Royaume-Uni a conduit le développeur d’énergie renouvelable Nur Energie à proposer d’investir dans une capacité d’énergie solaire concentrée saharienne à la place. Le projet TuNur de la société était censé commencer à fournir de l’électricité au Royaume-Uni cette année. Le projet n’a cependant jamais vu le jour.

De meilleures chances de succès…

En substance, l’objectif de Xlinks est le même que celui de Nur Energie& : exploiter la promesse massive d’énergie renouvelable au Maroc pour le Royaume-Uni plutôt que pour l’Europe continentale. Mais les soutiens de Xlinks estiment que leur approche a quelques caractéristiques distinctives qui lui donnent de meilleures chances de succès.

La réactivation de ce projet tient au fait qu’au cours de la dernière décennie, les énergies renouvelables ont vu leur coût de production baisser parallèlement à une augmentation de la demande, estime GTM.

Alors que Nur Energie cherchait à utiliser l’énergie solaire concentrée, qui était et reste une forme de production renouvelable relativement coûteuse, Xlinks se concentrera principalement sur le photovoltaïque, dont le fondateur et P-DG, Simon Morrish, prétend désormais fournir de l’électricité à environ 15 dollars par mégawatt/heure en Afrique du Nord.

Le deuxième grande différence entre Xlinks et les schémas de production envisagés jusqu’ici au Sahara est le transport. Alors que les concepts précédents visaient à expédier de l’électricité via des interconnecteurs vers l’Europe continentale, Xlinks prévoit d’exploiter 3,6 GW de capacité de câble sous-marin de la côte marocaine directement vers le Royaume-Uni, en suivant le plateau continental contournant l’Espagne, le Portugal et la France. Ce qui, selon les promoteurs du projet devrait générer de substantielles économies du coût de production d’électricité en comparaison du nucléaire.

Jusqu’à présent, note GTM, Xlinks a été en mesure d’attirer de grands noms du secteur de l’énergie, notamment le président d’Acwa Power, Paddy Padmanathan et l’ancien P-DG de KiWi Power, Yoav Zingher. Le P-DG de Nur Energie, Kevin Sara, a déclaré qu’il « conseillait Xlinks dans plusieurs domaines& ».

Avec 30 millions de livres sterling (40,5 millions de dollars) de financement de démarrage, principalement de la part de Morrish, un serial-entrepreneur, Xlinks poursuit ses travaux préparatoires, notamment pour l’obtention des permis de connexion au réseau national et les évaluations de sites au Maroc.

Le projet est cependant confronté à des obstacles majeurs. L’un est la liaison à courant continu haute tension (HVDC). Xlinks cherche à faire fonctionner deux câbles de 1,8 gigawatts entre le Maroc et le Royaume-Uni, ce qui, selon lui, sera le plus long système de câble sous-marin jamais proposé, explique GTM.

La Grande-Bretagne n’a même pas une capacité de production HVDC suffisante pour desservir ses propres parcs éoliens offshore, sans parler d’un projet comme celui que Xlinks a en tête. Mais l’équipe Xlinks pense que cela pourrait être un argument de vente pour le projet, car cela obligerait le Royaume-Uni à devenir un leader mondial du câblage HVDC, estime la même source.

Un deuxième défi pourrait être plus difficile à surmonter, estime GTM& : la faisabilité d’un projet tel que celui de Xlinks n’est possible que grâce à un soutien gouvernemental et un accord-cadre entre le Royaume-Uni et le Maroc.

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