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Le cofondateur orthézien de Gemplus, ex-géant de la carte à puce, se raconte dans un ouvrage écrit avec Bruno Charlaix. Il continue d’entreprendre avec Watenergy… – Presselib

L’histoire de la société Gemplus est souvent présentée comme une parfaite illustration des extrémités où peut mener la guerre économique entre pays. Dix-huit ans après les faits, Marc Lassus en livre sa version.


Créée en 1988 par 6 ingénieurs de Thomson-CSF, dont le Béarnais Marc Lassus, l’entreprise pionnière Gemplus est devenue en une décennie le leader mondial de la carte à puce, comptant plus de 10.000 salariés et atteignant 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Propulsée par 100 millions de francs d’aide publique et par les volumineuses commandes de « télécartes » passées par France Telecom (souvenirs, souvenirs…), Gemplus a été une startup avant l’heure, développant notamment un premier lecteur de cartes optique en 1996 et s’investissant très tôt dans la fameuse carte SIM. Elle aurait écoulé près de 7 milliards de cartes en moins de 20 ans.

Après la grandeur des années 90, vint ensuite la décadence des années 2000, digne d’un scénario de thriller financier hollywoodien. Tout commence avec l’entrée au capital du fonds américain Texas Pacific Group, qui pour 550 millions d’euros acquiert 26% de Gemplus au tout début du nouveau millénaire. Si l’on peut rétrospectivement parler d’une erreur fatale, il s’agissait alors pour Marc Lassus de faire monter l’entreprise en puissance et notamment d’investir un marché américain encore difficile d’accès.


Gemplus : grandeur et décadence…

Le fonds TPG, muni du droit de nommer la majorité des membres du conseil d’administration, prendra progressivement le contrôle de l’entreprise. Le siège est transféré au Luxembourg et les fondateurs s’en vont les uns après les autres.

C’est durant l’été 2002 que tout bascule, lorsque l’administrateur d’In-Q-Tel (fonds de capital-risque de la CIA), Alex Mandl, est nommé à la tête du conseil d’administration de Gemplus. De quoi consacrer la mainmise du renseignement américain sur le fleuron français de la cryptologie, avec ses quelque 2 milliards de clients : une mine digne d’un Facebook avant la lettre.


Marc Lassus est contraint de quitter le navire, par ailleurs accusé par TPG d’avoir bénéficié d’un prêt de plus de 70 millions d’euros au moment de l’entrée en bourse de son bébé. Il sera condamné en 2004 pour ce qu’il qualifie de « dette fabriquée de toutes pièces ». Mais il bénéficiera d’un non-lieu en 2011 (en appel) au chapitre des conditions d’entrée en bourse de Gemplus, qui auront quand même entraîné une sanction de l’AMF.

Quant à l’entreprise, elle a fusionné en 2008 avec le néerlandais Axalto et pris le nom de Gemalto. L’État français a racheté 8% de ce groupe en 2009, et TPG s’en est désengagé l’année suivante, son but manifestement atteint. Ironie du sort, Gemalto est depuis l’an dernier la propriété de Thales, qui a déboursé 4,8 milliards d’euros pour l’acquérir, après avoir fait monter les enchères avec Atos.

Pour l’entreprise, les segments porteurs sont désormais l’identité et la sécurité numériques, ainsi que l’internet des objets. Le marché historique de la carte à puce est désormais en déclin.


Watenergy : vers des oasis de vie…

Désormais jeune octogénaire, Marc Lassus donne sa version des faits dans un livre paru en novembre dernier chez Librinova, coécrit avec Bruno Charlaix. On suit l’entrepreneur orthézien, diplômé de l’Insa de Lyon et titulaire d’un doctorat en physique des solides, à travers sa longue carrière (chez Motorola aux États-Unis, puis chez Matra et Thomson), puis dans les méandres de cette folle affaire Gemplus.


C’est pour sa détermination d’ancien basketteur et rugbyman que la capitaine d’industrie avait été surnommé « le morpion », qui certes était peut-être destiné à « introduire la puce dans la poche de milliards d’humains ».

Malgré les déboires et une situation financière toujours délicate, Marc Lassus n’a pas pour autant perdu le goût d’entreprendre. Il conseille aujourd’hui le groupe Cejip, un prestataire multiservices établi à Aubagne. Le morpion œuvre en outre sur son projet « Watenergy ».

Après avoir enterré la cabine téléphonique à pièces, il développe des unités autonomes et peu coûteuses de dessalement d’eau de mer, alimentées à partir d’énergies renouvelables (panneaux solaires et éoliennes), peu énergivores et surtout sans rejets.


Ce système de dessalement est abrité dans un conteneur marin pour mieux supporter les aléas climatiques. Sa capacité ? 15.000 litres d’eau douce par jour (pour une consommation de 6kW/h) afin d’approvisionner de nouvelles « oasis de vie ».

Non, on n’a peut-être pas fini d’entendre du morpion d’Orthez…

Informations sur le livre, cliquez ici

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