Le Matin – Les effets contrastés sur le climat – LE MATiN

La crise sanitaire a accéléré certains signaux faibles de la transition énergétique, mais a également aggravé des tendances déjà inquiétantes. L’Association Climate Chance cite, à titre d’exemple, la déforestation et les déchets plastiques qui prospèrent.

Pour la première fois dans l’ère industrielle, souligne l’Association Climate Chance, les énergies renouvelables et nucléaires dépassent le charbon dans le mix électrique avec 37% contre 36%. Dans le même temps, les subventions aux énergies fossiles ont baissé de 27% en 2019. Ce bilan a permis le maintien de la croissance des renouvelables tout en amplifiant la dévaluation des actifs fossiles, notamment des majors pétroliers.
Ces observations de l’Association, créée en amont de la COP 21 à Paris en 2015 avec son corollaire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, laissent suggérer que la pandémie du coronavirus a eu des impacts positifs sur le climat. Dans son rapport «2020, une année hors normes qui bouscule les tendances observées en 2019», l’Association Climate Chance note qu’au début de 2020 la pandémie de la Covid-19 a gagné toute la planète et «marquera immanquablement une nette rupture avec la dynamique observée jusqu’à présent». Il n’en est pourtant rien. À titre d’exemple, les plastiques à usage unique sont entre deux feux. «D’un côté, ils sont réprimés par les législations d’interdiction qui continuent. De l’autre, leur usage est promu par les acteurs de la pétrochimie en quête de débouchés par temps de crise pétrolière». Et de conclure que l’effondrement des cours du pétrole a fait chuter les coûts du plastique vierge aux dépens du plastique recyclé. Il en est de même pour les surfaces forestières où la forêt primaire tropicale a connu sa troisième année la plus destructrice depuis 2000.
Les incendies battent des records d’émission en 2019, jusqu’à 6,7 gigatonnes de CO2, soit 15% des émissions annuelles globales. «De plus, 40% des entreprises les plus influentes dans les secteurs à risque de déforestation et 68% du secteur financier n’ont aucun engagement contre la déforestation», note l’association. Et les conséquences de la pandémie sont aussi socio-économiques. «En frappant les plus vulnérables, la pandémie a fait reculer un certain nombre d’indicateurs socio-économiques clés dans la réalisation des Objectifs de développement durable. Selon le rapport de la Banque mondiale en octobre 2020, «la pandémie risque d’entraîner entre 88 et 115 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté cette année et jusqu’à 150 millions d’ici à 2021, en fonction de la gravité de la récession économique».

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