Le Royaume-Uni ferme une de ses dernières mines mais n’en finit pas avec le charbon – La Tribune

La mine de Bradley, près de Durham (nord de l’Angleterre), a cessé son activité lundi 17 août. Peu de temps avant elle, ce sont celles de Shotton et Brenkley qui ont connu pareil sort. Toutes sont affiliés au même propriétaire, Banks Group, qui déplore « la fermeture de la dernière mine de charbon en Angleterre », et affirme que jusqu’à 250 emplois sont menacés.

La fin de vie de la mine de Bradley a été saluée par les défenseurs de l’environnement après des mois de pressions et des manifestations, notamment de la part d’Extinction Rebellion, pour empêcher le maintien du site jusqu’en 2021 comme l’a demandé en vain Banks Group aux autorités britanniques.

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Une page qui se tourne

Quelques mines demeurent « au Pays de Galles et en Écosse », fait valoir un porte-parole de Banks Group auprès de l’AFP. Les défenseurs de l’environnement pointent notamment celle de Hartington, également dans le nord de l’Angleterre près de Sheffield, dont l’envergure n’est pas comparable avec les sites de Banks, et quelques petites mines souterraines ailleurs en Angleterre.

C’est néanmoins une page qui se tourne dans un pays où l’extraction de la houille remonte à l’époque romaine et où plusieurs dizaines de sites étaient encore opérationnels au début des années 2000. Face à l’urgence climatique, le Royaume-Uni a décidé l’arrêt définitif du charbon pour produire de l’électricité à horizon 2025. Les centrales utilisant cette ressource s’y comptent désormais sur les doigts d’une main.

Pour Paul Etkins, professeur d’économie à l’université UCL, « les mines de charbon à usage thermique ferment parce qu’elles ne sont plus rentables ». Cela s’explique notamment par la montée en force des énergies renouvelables, qui représentent « presque 40% de l’électricité britannique » et dont le coût a fortement baissé, précise-t-il.

« Nous sommes extrêmement proches de la fin du charbon pour produire de l’électricité au Royaume-Uni et la fermeture progressive des centrales thermiques à charbon fonctionne », renchérit Isobel Tarr, l’une des responsables de l’association écologiste Coal Action, interrogée par l’AFP. Toutefois, cela ne concerne pas « le charbon destiné à produire du ciment ou de l’acier et les entreprises (minières) essaient de faire la transition vers ces industries », remarque-t-elle.

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Le charbon a encore de beaux jours devant lui

Plusieurs projets de nouvelles mines à ciel ouvert sont ainsi en cours de validation par les autorités. Comme celui de Highthorn, également porté par Banks Group. Un autre est combattu vigoureusement par les écologistes à Woodhouse Colliery, dans le comté de Cumbrie au nord-ouest du pays, qui serait la « première mine de charbon en profondeur bâtie en 40 ans au Royaume-Uni ». Le sujet est politiquement chargé, entre les emplois en jeu en pleine récession pour une administration qui a promis un coup de pouce aux régions, et les engagements climatiques du gouvernement, qui vise la neutralité carbone à horizon 2050.

Banks Group fustige des décisions qui traînent et affirme que ne pas autoriser ces chantiers au Royaume-Uni entraîne plus d’importations polluantes de pays lointains comme les États-Unis ou la Russie. Un argument contesté par Paul Etkins, qui fait valoir que les émissions de CO2 dues au transport du charbon sont minimes comparé à celles de sa combustion.

Pour Isobel Tarr, il n’y aura pas de fin du charbon en Grande-Bretagne sans « vision audacieuse pour passer à la production d’acier et de ciment propre et (…) empêcher l’ouverture de nouvelles mines ». Les associations comme Coal Action ou Green Alliance affirment notamment qu’il est possible de produire de l’acier avec moins de charbon, notamment en recyclant l’acier, en modernisant les fonderies pour les rendre plus efficaces en énergie ou grâce à des techniques innovantes utilisant le gaz naturel ou l’hydrogène.

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