Les «Green Bonds», un placement en faveur de la transition énergétique – Le Revenu

Les investisseurs sont toujours plus nombreux à s’intéresser aux obligations vertes comme en témoignent les flux sur les fonds Green Bonds. Depuis le début de l’année, la classe d’actifs a collecté près de 4 milliards d’euros (1) pour atteindre 15,7 milliards d’euros, en phase avec l’essor des émissions de titres. Les raisons de cet engouement par Alban de Faÿ, gérant Crédit et Responsable des Processus ISR pour la gestion Obligataire chez Amundi.

Alors que le marché des green bonds ne pesait que 170 milliards de dollars en 2017, il approche désormais 900 milliards de dollar. L’essor des émissions s’accompagne d’une diversification des émetteurs sur ce marché : les Etats, les banques, les grandes entreprises et collectivités locales.

Tous ces acteurs utilisent les obligations vertes pour financer des projets qui ont un impact positif et mesurable sur l’environnement et le climat.

En effet, les obligations vertes, ou green bonds, sont des obligations qui permettent de financer la transition énergétique et de lutter contre le réchauffement climatique. En se limitant à des projets environnementaux, elles offrent une transparence aux investisseurs sur l’utilisation des fonds levés. Il s’agit notamment :

– Des énergies renouvelables, comme les panneaux solaires ou les éoliennes. Citons notamment le site EDF de Perpignan, ensemble éolien catalan qui produit un quart de la consommation électrique des Pyrénées-Orientales

– Des bâtiments économes en énergie, des constructions neuves de haute qualité environnementale ou des bâtiments rénovés comme la tour Majunga à la Défense, construits selon les meilleurs standards écologiques

– De transports propres, comme les trains ou les véhicules électriques. L’Etat belge, la Région Occitanie, la SNCF ou encore la RATP financent l’amélioration des lignes actuelles ou de nouvelles lignes pour gagner en ponctualité et attirer plus d’usagers

– Ou tout projet améliorant l’efficacité énergétique, comme sur le secteur des telecoms, avec Telefonica et Apple par exemple, qui financent des data centers de nouvelle génération beaucoup moins énergivores.

La transparence et l’intégrité du marché préservée

Face à l’essor des obligations vertes, l’ICMA (l’organisation professionnelle mondiale des marchés obligataires)  a proposé des lignes directrices appelées les Green Bond Principles (GBP) qui ont pour objectif l’harmonisation des standards et la transparence.

Conformément aux GBP, les émetteurs doivent présenter précisément quels types de projets ils veulent financer et comment ils les sélectionnent, mais aussi comment est utilisé l’argent si tous les fonds ne sont pas levés.

Ils s’engagent à publier annuellement un rapport sur l’allocation des projets financés et sont aussi encouragés à publier des mesures d’impact environnemental tels que la quantité d’énergie renouvelable créée ou la réduction des émissions à Gaz à Effet de Serre (GES). Les émissions évitées sont l’indicateur le plus utilisé pour évaluer le bénéfice environnemental de ces obligations.

Aujourd’hui, le respect de ces GBP est une condition minimale à respecter pour qu’une émission obligataire soit considérée Green.

Donner un sens à ses investissements

Ces émissions permettent aux investisseurs de mieux appréhender comment est utilisé leur argent et dédier une partie de leur allocation au financement de la transition énergétique. Ils peuvent aussi évaluer, les bénéfices environnementaux de leur investissement au travers d’indicateurs environnementaux exprimés par exemple en Tonnes de Co2 évités.

Toutefois, l’investissement dans une émission verte ne doit pas s’arrêter à l’analyse des émissions évitées. La prise en compte des critères financiers reste de mise. L’investisseur doit aussi veiller à la cohérence du projet avec la stratégie globale de l’entreprise, pour éviter au travers d’un green bond, de financer un émetteur qui aurait un côté obscur.

Si le respect des GBP est le premier niveau de confiance qui permet de comprendre comment est utilisé l’argent, il s’agit ensuite de décrypter comment ce projet s’inscrit au sein de la démarche globale de prise en compte des enjeux environnementaux de l’entreprise.

Les particuliers soucieux de donner une dimension environnementale ou écologique à leur épargne peuvent investir dans des obligations vertes au travers d’un OPC dont l’ambition est de financer la transition énergétique. Au travers d’un fonds de Green Bonds, l’épargnant pourra avoir une idée de l’impact de son investissement.

À titre d’illustration, le fonds Amundi Responsible Investing Impact Green Bonds(2) qui investit uniquement sur des obligations vertes permet d’économiser 507 kg de CO2 pour un millier d’euros investi par an, ce qui correspond au bilan carbone de plus de 80 foyers français.

Comment sélectionner le meilleur fonds ?

Le choix du bon support doit reposer sur l’objectif de rendement, le profil de risque et l’impact environnemental des projets financés à travers les green bonds. Au-delà de la seule rentabilité financière du fonds, il faut se poser les questions relatives aux actifs dans lesquels est investi le fonds en terme de visibilité et d’impact environnemental.

Le fonds bénéficie-t-il d’un label ? Les notations et les labels indépendants sont des outils de communications qui permettent de comparer les fonds entre eux et d’évaluer à la fois les performances financières et les performances environnementales.

Les actifs sont-ils éligibles aux principes GBP ? Si les labels confèrent une meilleure visibilité aux fonds thématiques, ils ne peuvent pas se substituer à l’analyse spécifique de chaque titre, du projet écologique, et de son émetteur.

Et, enfin, est-ce que la société de gestion est reconnue sur la place pour cette compétence ?

(1) fonds ouverts domiciliés en Europe. Source Amundi, données à fin octobre 2020.
(2) Amundi Responsible Investing – Impact Green Bonds a été lance en septembre 2016.

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