Les municipalités, clés de voûte de la relance écologique et économique du secteur énergétique – Le Monde de l’Energie

Tribune signée Nicolas Ott, Directeur du développement et de l’innovation chez Planète oui.

Spontanément, et à juste raison, les Français font le lien entre la préservation de leur cadre de vie et celle de la planète, entre actions locales et préoccupations globales. La crise sanitaire et économique actuelle a encore renforcé ce lien.

Pour répondre à leurs attentes grandissantes, nombre de candidats aux élections municipales ont verdi leurs programmes. De même, les annonces sur les plans de relance incluent systématiquement des références à la transition énergétique et la relance de ce secteur.

Mais ces déclarations d’intention devront être suivies d’effets en intégrant les attentes réelles des citoyens ainsi que les contraintes réelles du système électrique. Les futurs élu.es devront faire le lien entre les développeurs, producteurs, fournisseurs d’énergie et les citoyens afin d’assurer une transition énergétique et une relance au service de la collectivité.

Ainsi, en matière d’énergie renouvelable (EnR), les municipalités doivent donc être le fer de lance d’un développement rapide et harmonieux.

Qu’il s’agisse de biométhane, d’éolien, de solaire ou d’hydraulique, les énergies renouvelables se prêtent d’ailleurs idéalement aux initiatives locales. Décentralisées par nature, elles reposent volontiers sur des unités de production disséminées, de tailles raisonnables et s’intégrant harmonieusement à l’environnement.

En outre, elles offrent la possibilité de rapprocher production et consommation, en couplant un pilotage intelligent et une optimisation du dimensionnement, pour permettre une gestion maximisée des réseaux électriques. Secteur en croissance, y compris durant la crise, le secteur des EnR est prêt à contribuer à une relance écologique de l’économique, en créant de la valeur sur les territoires.

Des leviers d’actions

Si l’État et les régions conservent de nombreuses prérogatives en matière d’énergie, les municipalités disposent de plusieurs outils pour favoriser et organiser le développement local des EnR. Obligatoire pour les communes et les intercommunalités de plus de 20 000 habitants, le plan climat-air-énergie territorial (PCAET) permet de définir des orientations politiques et un cadre, nécessaire au développement cohérent et dans la durée des différents projets.

La collectivité doit aussi mobiliser le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou le Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) pour accélérer ou flécher les initiatives privées. Ainsi, formaliser les orientations favorables aux énergies renouvelables sur des terrains spécifiques ou en en exclure d’autres est crucial étant donné que tout projet au-delà d’une certaine puissance doit obtenir un permis de construire.

Les municipalités peuvent aussi investir, ou co-investir, directement dans le développement d’actifs EnR pour orienter les projets afin de respecter la volonté citoyenne. La mobilisation de l’ensemble de ces outils pour favoriser le développement de nouveaux projets territoriaux sera crucial pour une relance économique, qui soit réellement écologique et solidaire et bénéficie aux territoires.

L’acceptabilité

Indépendamment de leur éventuel engagement financier, les municipalités ont surtout la capacité à lever l’un des freins majeurs au développement des EnR : l’acceptabilité.

S’impliquer et faire entendre la voix des citoyens permet d’en finir avec les projets démesurés, hors-sol, dépourvus de considérations sociales et environnementales, générant d’innombrables recours et qui, au final, nuisent à l’image des EnR.

Au contraire, elles peuvent promouvoir le développement concerté d’infrastructures à taille humaine, a minima accepté par les habitants, respectueuses des paysages, de la biodiversité et de la culture locale, et créatrices de valeur pour le territoire et ses habitants. Cette capacité sera d’autant plus importante dans le cadre des plans de relance, qui sont autant d’opportunité pour le secteur des EnR de contribuer à la création de valeur au sein des territoires.

Avec un argument qui fait souvent mouche auprès de ces derniers : la possibilité d’une offre locale autour des actifs de production au bénéfice des citoyens.

En effet, non seulement les habitants perçoivent directement l’utilité de l’actif implanté sur leur commune, mais ils bénéficient aussi en général de tarifs d’électricité compétitifs, potentiellement sur de longue période. Selon une récente étude réalisée avec le soutien de l’ADEME, les projets d’initiative locale seraient ainsi deux à trois fois plus rentables tout en suscitant davantage l’adhésion de la population.

La collectivité en chef d’orchestre

Pour autant, tout ceci ne signifie pas que la collectivité doit se transformer en énergéticien. Sa vocation est avant tout d’être un chef d’orchestre qui impulse et organise le développement local des EnR en relayant les attentes des citoyens.

Elle apporte sa vision stratégique, sa connaissance du contexte local, son pouvoir administratif, éventuellement des terrains et des toitures et, le cas échéant, une capacité d’investissement de long terme stabilisatrice.

C’est son rôle premier, et c’est un rôle primordial dans la réussite de la transition énergétique. Mais, pour le reste, elle a tout intérêt à se faire accompagner et à s’appuyer sur un partenaire spécialisé, qui apportera son savoir-faire dans la définition, le déploiement et l’exploitation des actifs EnR, et dans la gestion de l’énergie produite.

L’urgence économique accentue encore ce besoin de coopération entre les municipalités et les gestionnaires d’énergie spécialisés afin de développer rapidement de nouveaux projets de territoires.

Un tel schéma est quadruplement gagnant. Gagnant pour la collectivité, qui répond aux attentes de la population en matière environnementale tout en créant de la valeur localement y compris dans le cadre des plans de relance.

Gagnant pour les citoyens, qui bénéficient d’une énergie propre, locale, compétitive dans la durée et en adéquation avec le territoire. Gagnant pour l’opérateur partenaire, qui tire profit d’une dynamique de création de valeur durable.

Enfin, et surtout, gagnant pour l’environnement, avec l’accélération de la transition vers les énergies décarbonées via des infrastructures à impact réduit

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