Les opportunités « business » post-coronavirus que le Maroc peut saisir – Infomédiaire

Le directeur général par intérim de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE), Hicham Boudraa, a accordé un entretien à l’agence MAP dans lequel il met en relief l’évolution des exportations durant la période post-coronavirus. En voici la teneur:

1. Quel est le nouveau repositionnement des exportations marocaines post-covid ? Et comment le Royaume peut-il tirer profit de la mutation des chaînes de valeurs mondiales ?

Toute crise cache de nombreuses opportunités. Celle de la crise sanitaire COVID19, que nous traversons actuellement, présente de très nombreuses opportunités que notre économie ainsi que nos opérateurs gagneraient à saisir.

Le challenge à relever aujourd’hui est lié au facteur temps et à notre degré de préparation post crise. Nous devons en effet être préparés, repositionner notre offre pour être le plus compétitifs possible dans un contexte de relance économique qui sera à l’origine de grands besoins en termes de relais de croissance pour de très nombreuses économies mondiales.

En effet, les répercussions de la crise du coronavirus ont entraîné une refonte globale des chaînes de valeur partout dans le monde et en particulier dans la région méditerranéenne. C’est le cas des pays de l’Union européenne, qui pourraient bientôt commencer à revoir certaines de leurs positions et alliances économiques sur la scène internationale.
Dans ce contexte, le Maroc continue de revendiquer un certain nombre d’avantages pour les opérateurs européens. Malgré des coûts de production assez élevés par rapport aux autres pays asiatiques, le Royaume offre une proximité géographique et une efficacité logistique imbattables.

Grâce à son très vaste réseau d’accords de libre-échange (Accès direct à plus de 1,3 milliard de consommateurs dans 56 pays), le Maroc se présente comme une plateforme de réexportation vers plusieurs autres pays à travers les 5 continents.

2. Quelles sont les mesures prises pour capitaliser sur cette situation ?

Le gouvernement propose un soutien technique et financier ainsi que des exonérations fiscales pour l’installation d’investisseurs étrangers, sans oublier ses zones d’accélération industrielle hautement spécialisées et équipées.
Cette nouvelle approche passera également par l’alignement de nos objectifs avec ceux de nos partenaires, pour assurer un co-développement et une croissance conjoints et durables.

Un autre point majeur est de recommander et d’identifier ensemble les outils, qui combineront l’investissement étranger au Maroc, l’investissement national et le développement de l’export Made in Morocco.

Cette pandémie sans précédent pourrait sans aucun doute offrir au Royaume l’un des principaux bénéfices de la collaboration transfrontalière et accélérer un processus mondial majeur: le «near shoring».

Les derniers chiffres d’exportation du Maroc reflètent clairement l’impact significatif de la crise sanitaire sur tous les secteurs sans exception. De nombreuses entreprises ont en effet connu, comme prévu, une baisse importante des volumes de leurs carnets de commandes. Seules la résilience, la réactivité et la prévoyance sur les tendances de reconfiguration de l’économie mondiale nous permettront une reprise efficace.

3. Quid de l’innovation ?

L’innovation n’a jamais été aussi vitale et urgente. Cette dernière comprend non seulement la composante «production», mais aussi l’organisation, la gestion, les ressources humaines, la logistique, l’équipement, etc.

Les opérateurs économiques nationaux ont pris conscience de ce besoin et nombre d’entre eux rejoignent aujourd’hui une dynamique motivée par l’impératif de résilience.

Innover, c’est aussi s’adapter à une toute nouvelle demande qui émerge actuellement après le COVID19.

D’autres paradigmes émergent comme notre façon de consommer, de bouger, nos modes de vie, nos achats se réorientent vers des modes plus «sûrs», plus «soins», plus «verts». Par conséquent, les exportateurs marocains doivent comprendre et faire un grand pas dans cette nouvelle configuration.

4. Qu’en est-il du renforcement du système de l’industrialisation nationale ?

Malgré la situation économique et sanitaire exceptionnelle qu’a connue le Maroc au cours de cette année, la commission d’investissement AMDIE sous la présidence du chef du gouvernement a approuvé le 25 juin dernier, 45 projets d’investissement d’un total de 23,3 milliards de DH.

Ces projets, qui permettront la création de 3.194 emplois directs et 5.406 emplois indirects, concernent toute une panoplie de secteurs, à savoir: les infrastructures, les énergies renouvelables, les télécommunications, l’industrie et le commerce, le tourisme et les loisirs, la santé et les transports.

Parmi les éléments les plus marquants de cette commission figure la forte participation des investisseurs marocains, car 61% de ces investissements sont le fruit de joint-ventures, entre des capitaux marocains et des partenaires internationaux.

Ces derniers ont réaffirmé encore une fois leur confiance dans le potentiel du Maroc. Ils viennent de pays différents comme le Koweït, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Qatar, l’Arabie saoudite, Malte, la Tunisie, etc.

Dès lors, on peut constater que malgré l’environnement international incertain et les turbulences socio-économiques ressenties partout au monde, la croissance des investissements étrangers au Maroc est au rendez-vous. Un réel intérêt et motivation des investisseurs à poursuivre le déploiement de leurs projets au Maroc, le plus rapidement possible, est clairement exprimé.

De même, la diversification sectorielle et régionale des opportunités d’investissement offertes par le Maroc contribue massivement à la consolidation de l’attractivité économique du Royaume.

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