L’hydrogène fait rêver les industriels par Erwan Manac’h – Politis

L’hydrogène est partout. Le gouvernement espère qu’il fera voler un avion en 2035, la SNCF compte sur lui pour propulser des trains régionaux à partir de 2022, des taxis, des bus et des prototypes de bateaux apparaissent et les milliards d’euros d’aides publiques pleuvent partout dans le monde pour soutenir ses nouveaux usages. En France et au sein de l’Union européenne, il incarne l’atout vert des plans de relance économique.

L’hydrogène, ou plus exactement le dihydrogène, est un gaz hautement inflammable obtenu par une scission des molécules composant l’eau. Une fois brûlé, il ne rejette qu’un peu d’eau chaude et d’oxygène. Mais, premier bémol, il doit être fabriqué. Or la quasi-totalité de l’hydrogène aujourd’hui produit, pour les besoins de l’industrie des engrais chimiques en particulier, est élaborée à partir d’hydrocarbures.

L’hydrogène « vert », aujourd’hui marginal, est obtenu grâce à de l’électricité provenant de sources renouvelables (barrages, panneaux solaires, éoliennes). Le déploiement de cette pratique ne sera donc écologique que s’il s’accompagne d’une conversion massive aux énergies renouvelables. Tout l’intérêt de l’hydro-gène est d’ailleurs qu’il permet de stocker de l’énergie sous forme de gaz, ce qui compenserait les faiblesses des sources d’électricité intermittentes comme l’éolien ou le photo-voltaïque. À mesure que les énergies renouvelables vont monter en puissance, va en effet se poser le problème du stockage de leurs excédents d’électricité, surabondante lors des jours de grand vent ou de soleil au beau fixe, pour une utilisation lors des longues soirées d’hiver où l’électricité vient au contraire à manquer. En produisant de l’hydrogène à partir de ces surplus, des maisons, des villages, voire des quartiers pourraient ainsi viser l’autosuffisance grâce aux énergies renouvelables augmentées d’une petite autoproduction d’hydrogène vert.

Comme moyen de stocker de l’électricité, l’hydrogène peut également concurrencer la batterie pour accélérer le développement de la mobilité électrique. Il est puissant (il sert à propulser les fusées), la pile à combustible se recharge plus rapidement qu’une batterie et peut offrir une plus grande autonomie. De quoi répondre aux besoins d’une flotte de véhicules, comme des taxis ou des bus, qui ont besoin de couvrir de longues distances. Une solution pertinente, par exemple, pour réduire l’impact environnemental du « dernier kilomètre » de nos marchandises.

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