L’investissement dans les énergies renouvelables en Tunisie – Espace Manager

Par Nouredine Ben Mansour (*)

En Tunisie, on commence à donner de l’importance aux énergies renouvelables depuis peu de temps. Les responsables du secteur énergétique doivent bien comprendre le déficit énergétique dans le pays empire de jour en jour et a des conséquences graves sur la bonne marche de l’économie si l’on garde la même stratégie.

C’est une nouvelle industrie qui est en train de se développer à pas rapides d’où tout un secteur commence à prendre naissance et par là toute une série d’annexes industrielles. C’est un axe stratégique important et il occupera dans l’avenir une bonne place dans les diverses régions du pays surtout que ses exigences en investissements ne sont pas considérables.

L’investissement dans l’énergie renouvelable est une occasion de redressement pour les entreprises en situation de déclin. Les possibilités sont multiples et sont à la portée des entreprises de moyennes tailles. Se lancer dans l’industrie de l’énergie solaire est une opportunité sûre pour ceux qui veulent se lancer dans ce nouveau créneau industriel. L’industrialisation de ce créneau est encore à ses débuts dans les pays en développement.

Ce nouveau créneau est une bonne occasion et une relance pour les entreprises en difficulté c’est-à-dire un nouveau chemin qui contribuera à trouver une nouvelle vie pour ce genre d’entreprises car il assure un avenir sûr. La base ou plutôt les sources sont le vent et l’énergie solaire, tous deux sont bien disponibles en Tunisie. Le vent est une grande source d’énergie d’où toute une nouvelle industrie a pris position.

Les coûts de production éolienne sont en chute  suite à l’intensification de la production de l’électricité à partir de cette source. Une fois sa rentabilité est approuvée il devient possible d’obtenir de l’hydrogène et de l’oxygène à partir de l’eau. L’hydrogène est le plus simple et propre combustible  d’où s’avère son utilisation en tant que carburant pour les nouveaux moteurs à pile à combustible dont les essais sont déjà entamés par de grands constructeurs d’automobiles qui ont affiché un optimisme accru pour son avenir industriel. L’énergie éolienne en surplus peut être stockée sous forme d’hydrogène pour son utilisation dans la production de l’électricité.

Cette nouvelle industrie est une réelle opportunité d’investissement pour les entreprises  qui s’engagent dans une nouvelle voie d‘industrialisation qui permet jusqu’à une certaine mesure de compenser leur perte. Cette nouvelle donne est en train de prendre de l’ampleur et a touché plusieurs d’entre elles, surtout celles qui sont en relation directe avec l’énergie, qui consomment de grandes quantités d’énergies, des énergivores. Cette super consommation en énergie est devenue un souci quotidien des responsables de plusieurs pays qui essayent toujours de trouver des solutions adéquates et originales pour abaisser leur facture de consommation.

C’est pourquoi l’Europe a fixé, depuis une dizaine d’années, un objectif  de 10%, de biocarburant dans les moyens de transport, jusqu’à 2020. Les biocarburants utilisés actuellement sont avérés offensifs à l’environnement, ce qui a obligé les responsables de trouver d’autres ressources acceptables qui se concordent avec les exigences du respect de la nature. Les biocarburants tels que l’huile de soja, le tournesol et la canne à sucre sont relativement chers et la production exige des quantités énormes, ce qui signifie une concurrence aux produits agricoles et spécialement ceux de l’alimentaire, dont les conséquences futures sur les prix seront désastreuses surtout pour les pays en développement.

Cette contrainte a poussé les uns et les autres qui s’intéressent aux biocarburants de chercher une alternative d’où l’intention s’est fixée sur les microalgues, qui ont un haut potentiel de développement que les biocarburants actuels. Ces microalgues se trouvent dans les planctons et peuvent avoir jusqu’à 50% d’acides gras de leur poids sec, donnant un rendement supérieur de 30 fois à ceux des biocarburants connus actuellement. Ce qui est intéressant, ces algues ont une possibilité de reproduction qui peut atteindre un rendement de 30 tonnes par hectare et par an contre un rendement de colza ou de tournesol de 3 tonnes c’est-à-dire dix fois plus et sans oublier la différence dans le prix.

Les microalgues ont une possibilité réelle pour la substitution partielle de carburants en Tunisie surtout que cette matière est disponible. La réalisation de cette nouvelle opportunité d’investissement demande la création d’une PME pilote qui sera comme responsable ou chef de file de ce nouveau projet, et ce, en collaboration avec un centre de recherche et de développement dont la tâche essentielle est la mise au point de ce carburant tout en signalant que les recherches sont déjà entamées, dans certains pays, et les résultats sont fort intéressants et n’exigent pas un grand budget. Les instruments de recherche existent dans la plupart des centres de recherche et de développement en Tunisie. Ce projet exige une équipe composée essentiellement d’experts en diverses spécialités tels que les biocarburants, la physiologie, l’optimisation des procédés et autres. Dans quelques pays européens, on a alloué un budget de recherche de 2 millions d’euros par an.

Ce revers vers ce nouveau type de biocarburant était déclenché par l’impact de l’utilisation des biocarburants sur les prix de quelques produits alimentaires. Par exemple, les besoins en éthanol de maïs auront un effet néfaste sur les marchés de céréales même en Europe. L’Allemagne doit s’attendre à une hausse de prix de 10%.

L’énergie éolienne est devenue une source importante d’électrification surtout dans les régions éloignées où la consommation en électricité n’est pas importante.

L’irrégularité des vents, l’efficacité des installations éoliennes dépendent de site d’exploitation. Les plus importantes zones sont au bord de la mer et sur les collines libérées de tous obstacles naturels ou artificiels.

Une étude approfondie sur le site à choisir est la première action à entreprendre, car la qualité de vent au point de vue puissance et régularité sont des déterminants essentiels pour toute exploitation rentable. Le plus important facteur est la régularité puis  viennent en deuxième position la puissance et la vitesse du vent.

Selon éco-échos, l’Allemagne commence à engranger les bénéfices de son action pionnière en ce domaine des techniques de l’environnement .Les énergies renouvelables attirent les investissements et rapportent à l’exportation. Aujourd’hui, l’Allemagne bénéficierait de près de 20% du chiffre d’affaires mondial des technologies liées à l’environnement. Elle serait à l’origine de 70% des exportations d’installations liées à l’énergie éolienne et de 75% des exportations d’installations liées à l’énergie photovoltaïque. Ce résultat représente une progression de 50% en quelques années et dépasse même les prévisions planifiées.

En Europe, la production de l’électricité à partir d’énergies renouvelables est en croissance continue et aussi elle rentre dans la stratégie de leurs gouvernements. La production est assurée par un parc éolien comprenant des installations terrestres et autres en mer. En 2018, cette production est de l’ordre de 400 TWh, ce qui équivaut à 15% de la consommation d’électricité dans l’union européenne.

La Tunisie dans ce domaine a beaucoup de retard. En comparant la situation de ce type d’énergie en Afrique du Nord, on trouve que le Maroc est de loin en avance. Le Maroc assure une production d’environ  35% tandis que la Tunisie n’est qu’à 3%. Les chiffres prévisionnels de la Tunisie dans cette spécialité est de 30 %. Il semble que la réalisation de ce taux serait difficile si l’on continue sur la même allure.

La Banque mondiale soutient le programme tunisien dans les énergies renouvelables. Il est temps que les responsables de l’énergie prennent conscience quant à l’importance des énergies renouvelables pour le développement du pays surtout que le pays est pauvre en pétrole. C’est un créneau créateur de richesse et d’emplois et à moindres investissements.

(*) Dr.Ing.Gen

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