Néodyme, ou la maîtrise des risques des industriels – Les Échos

Instruites par les accidents industriels des trente-cinq dernières années, de Tchernobyl à Lubrizol en passant par AZF et Fukushima, les entreprises opérant dans des secteurs à risques – écologiques et humains – ne peuvent se passer d’experts capables de les identifier et d’y apporter des réponses. La société Néodyme intervient tout au long du cycle de vie de leurs installations, à tous les stades, de la conception au démantèlement des sites et à la dépollution des sols. Elle propose et optimise en continu les systèmes de détection et de maîtrise des risques, qui évoluent sous la double poussée des innovations technologiques et de l’inflation règlementaire. Elle apporte ses solutions aux industriels, pour leur permettre d’exploiter en sécurité leurs installations nucléaires, chimiques, minières…

C’est cette diversité des risques et des besoins qui explique que 90 % des 130 salariés du groupe Néodyme affichent au minimum cinq ans d’études post-bac et des expertises plurielles. Son portefeuille de 500 clients réunit de grands comptes et donneurs d’ordre comme EDF, le CEA, RTE ou TECHNIP, avec lesquels elle obtient des contrats cadres de plusieurs années pour effectuer l’étude d’amélioration de centrales thermiques et d’infrastructures nucléaires, chimiques, minières, en France et ailleurs.

Implantée sur tout l’hexagone via une dizaine d’antennes et d’agences, la société basée à Joué-lès-Tours (Centre-Val de Loire) est aussi présente en Belgique, en Australie et en Nouvelle-Calédonie à travers ses filiales. « L’Océanie est un axe important de développement et dans ce cadre nous avons eu besoin du soutien financier deBpifrance, sous forme d’avances remboursables et d’assurances prospection, pour être opérationnels, recruter et décrocher nos premiers contrats. Cela nous a déjà ouvert les portes de Madagascar », raconte Philippe Lebot, cofondateur et dirigeant de Néodyme. Il ajoute : « Si le nucléaire représente encore la moitié de notre activité, suivi par la chimie et les industries de la Défense, la part de l’industrie verte ne cesse d’augmenter ».

Les énergies renouvelables, et notamment l’installation en mer de champs d’éoliennes flottantes, ont en effet ouvert un large spectre de possibilités à Néodyme. « Notre rôle est de limiter les risques associés à leur installation, à leur mise en service, à leur activité, mais aussi de protéger les personnes chargées de leur maintenance, quelles que soient les conditions météorologiques et maritimes. Un autre sujet pointe et prendra sûrement de l’ampleur avec la crise du coronavirus, celui du risque biologique. »

La pandémie a évidemment affecté l’activité de Néodyme à l’international, très soumise au trafic aérien et aux conditions sanitaires (notamment de quarantaine) mises en place dans les pays où elle opère. « Cela rend la plupart des déplacements impossibles. Toutes les missions à l’export en ont souffert et l’incertitude prédomine encore. Nous avons déjà perdu 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires et il est probable que nous ne retrouverons pas le niveau de 2019 avant 2021, au mieux. »

Pour autant, Néodyme a su saisir les opportunités nées de cette situation. « Nous allons acquérir la société d’un concurrent qui se désengage de la Nouvelle-Calédonie, et reprendre ses salariés. Grâce aux financements reçus de Bpifrance depuis le confinement – Prêt Atout et PGE –, nous avons la trésorerie nécessaire à cette opération. Nous développons aussi des partenariats avec le monde de la recherche et des entreprises du digital pour pouvoir, dans un avenir proche, réaliser des vidéo-inspections dans des sites qui ne peuvent pas se passer de nos compétences, même en période de confinement. D’autant que l’arrêt brutal de certaines installations pose aussi des problèmes de sécurité lors de leur remise en service. »

Enfin, la société membre du réseau Bpifrance Excellence est en passe de se transformer en Coop. 37 collaborateurs sont déjà actionnaires, Philippe Lebot conservant encore la majorité du capital, mais pas pour longtemps. En 2021 Néodyme devrait appartenir à ses salariés. « Toutes les grandes décisions stratégiques sont déjà soumises au principe « un homme, une voix ». La force de Néodyme c’est son intelligence collective. La gouvernance partagée est une belle philosophie et une réponse saine au libéralisme sauvage. »

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