« Neoen va faire une belle année en termes de croissance » – Investir

Neoen est entré en Bourse il y a tout juste deux ans, à 16,50 €. La valeur frôle les 50 € et a intégré le SBF 120 en juin. Comment analysez-vous ce parcours ?

Pendant un an, l’action est montée de manière graduelle, puis elle a bénéficié ensuite d’un double phénomène. Il y a eu, d’une part, une progression générale des purs acteurs des énergies renouvelables, au profil « vert », un secteur qui comporte assez peu de sociétés cotées dans le monde, ce qui suscite un effet de rareté. Nous devons être au 5e rang par la capitalisation boursière. Pour un investisseur intéressé par les énergies renouvelables, Neoen constitue donc une forte opportunité. D’autre part, dans cette période de Covid-19, ces sociétés se caractérisent par leur résilience, par leur croissance et sont en général bien gérées. Neoen est profitable depuis dix ans et positionné sur des marchés rassurants. Le groupe opère à plus de 80 % dans des pays de l’OCDE et commercialise l’électricité qu’il produit par des contrats de longue durée, libellés en devises fortes. Ce qui intéresse nos actionnaires, ce sont les cash-flows réguliers générés par nos centrales et notre profil de croissance, puisque nous continuons de développer notre portefeuille de centrales. Enfin, nous proposons aussi des solutions de stockage. C’est pour cet ensemble de raisons que Neoen est particulièrement apprécié, dans un secteur lui-même recherché.

Neoen se caractérise par une marge d’Ebitda* élevée, d’environ 80%, et même de plus de 85% cette année. D’où vient cette performance ?

Pour une entreprise qui produit et vend uniquement de l’électricité d’origine solaire et éolienne, la norme se situe autour de 75%. Pour Neoen, elle est plus élevée, à 80% environ, car nos centrales sont jeunes, bien gérées, et nous gardons la totalité des sites que nous développons et construisons. La valeur que nous créons en les conservant est supérieure à ce qu’elle serait si nous cédions des participations à des investisseurs, et cela donne plus de visibilité au modèle de Neoen.

Vous avez légèrement ajusté l’objectif d’Ebitda 2020, attendu désormais entre 270 et 285 millions d’euros. En quoi la crise sanitaire freine-t-elle le groupe ?

Nous restons prudents pour le futur proche. Nous allons faire une belle année en termes de croissance, mais le rythme de réalisation des projets déjà gagnés est sensible à la crise sanitaire – procédures administratives plus lentes, plus grande complexité des chantiers – et à son impact sur la chaîne d’approvisionnement. Nos fournisseurs sont situés un peu partout dans le monde. Ainsi, pour une centrale construite en Amérique du Sud, l’acier venu des Etats-Unis est usiné sur place, et les autres pièces doivent être importées d’Asie ou d’Europe. Et, en cette période de crise sanitaire, faire voyager un expert d’Espagne jusqu’à un chantier en Amérique latine peut aussi être bien compliqué ! Le rythme des appels d’offres a, lui, un peu ralenti, mais nous avons continué de gagner des projets. Par exemple, depuis le mois d’août, nous avons remporté trois centrales solaires dans le cadre du premier appel d’offres gouvernemental photovoltaïque en Irlande ou encore un contrat de 100 MW d’éolien en Australie.

La période actuelle, et en particulier les plans de relance en Europe et ailleurs, ne sont-ils pas aussi des vecteurs d’accélération des énergies vertes ?

Il y avait déjà une demande forte pour des projets dans les énergies renouvelables. Les plans de relance, toutefois, vont engendrer des usages nouveaux de l’électricité. On le voit avec l’hydrogène vert, dont la production sera très électro-intensive. Il est devenu un grand enjeu en Europe, mais aussi en Australie.

On constate des baisses de prix spectaculaires, en particulier pour le solaire, ainsi que de nouveaux entrants sur ce marché du renouvelable, comme les pétroliers. Pouvez-vous rester compétitif ?

Même dans un marché très concurrentiel, avec de nouveaux acteurs, nous continuons de gagner de beaux projets tout en restant stricts sur nos critères de rentabilité. Et il nous est arrivé de voir revenir vers nous certains acteurs privés en Europe et en Australie, mais qui ont eu des doutes ensuite sur la réalisation des projets qu’ils avaient sélectionnés. Quant à Total ou à BP, ils ne ciblent pas les pays de taille moyenne, que nous privilégions, et s’intéressent plus particulièrement à l’éolien offshore.

Quel est le potentiel des centrales de stockage au sein du groupe ?

Notre chiffre d’affaires est réalisé à peu près à parts égales entre le solaire et l’éolien, mais les centrales photovoltaïques représentent les deux tiers de nos capacités. Le stockage, qui représente 5 % de nos capacités, a vocation à monter à 10 %, ce qui serait un bon équilibre en termes industriels. Les projets varient selon les régions, la robustesse du réseau et le prix de l’électricité. En France, où les prix sont moins volatils et le réseau robuste, il s’agira de projets à plus petite échelle qu’en Australie, par exemple.

Aurez-vous besoin de lever des fonds à moyen terme pour financer votre développement ? Le ratio dette nette/Ebitda de Neoen se situe à 8 fois.

Cette dette est, pour l’essentiel, fragmentée dans des sociétés de projets, ce qui limite les risques. Ensuite, elle est portée par des actifs encore jeunes, dont la durée résiduelle moyenne tourne autour de quatorze ans. Nos contrats de vente d’électricité nous garantissent 6 milliards d’euros de revenus futurs. Enfin, cette dette ne comporte pas de risque de devises car elle est libellée en euros, et en dollars australiens et américains. Nous avions dit, lors de l’introduction en Bourse, que l’augmentation de capital de 500 millions d’euros allait nous permettre d’atteindre 5 gigawatts en opération ou en construction fin 2021, une capacité pleinement opérationnelle fin 2022. Nous présenterons le 11 mars prochain, à l’occasion d’une journée investisseurs, nous perspectives de croissance et de financement au-delà.

A quand un dividende?

Nous n’en verserons pas avant 2022, comme déjà annoncé, et il ne devrait pas représenter un montant important, la priorité étant d’investir dans des projets.

* Excédent brut d’exploitation

Neoen est entré en Bourse il y a tout juste deux ans, à 16,50 €. La valeur frôle les 50 € et a intégré le SBF 120 en juin. Comment analysez-vous ce parcours ?

Pendant un an, l’action est montée de manière graduelle, puis elle a bénéficié ensuite d’un double phénomène. Il y a eu, d’une part, une progression générale des purs acteurs des énergies renouvelables, au profil « vert », un secteur qui comporte assez peu de sociétés cotées dans le monde, ce qui suscite un effet de rareté. Nous devons être au 5e rang par la capitalisation boursière. Pour un investisseur intéressé par les énergies renouvelables, Neoen constitue donc une forte opportunité. D’autre part, dans cette période de Covid-19, ces sociétés se caractérisent par leur résilience, par leur croissance et sont en général bien gérées. Neoen est profitable depuis dix ans et positionné sur des marchés rassurants. Le groupe opère à plus de 80 % dans des pays de l’OCDE et commercialise l’électricité qu’il produit par des contrats de longue durée, libellés en devises fortes. Ce qui intéresse nos actionnaires, ce sont les cash-flows réguliers générés par nos centrales et notre profil de croissance, puisque nous continuons de développer notre portefeuille de centrales. Enfin, nous proposons aussi des solutions de stockage. C’est pour cet ensemble de raisons que Neoen est particulièrement apprécié, dans un secteur lui-même recherché.

Neoen se caractérise par une marge d’Ebitda* élevée, d’environ 80%, et même de plus de 85% cette année. D’où vient cette performance ?

Pour une entreprise qui produit et vend uniquement de l’électricité d’origine solaire et éolienne, la norme se situe autour de 75%. Pour Neoen, elle est plus élevée, à 80% environ, car nos centrales sont jeunes, bien gérées, et nous gardons la totalité des sites que nous développons et construisons. La valeur que nous créons en les conservant est supérieure à ce qu’elle serait si nous cédions des participations à des investisseurs, et cela donne plus de visibilité au modèle de Neoen.

Vous avez légèrement ajusté l’objectif d’Ebitda 2020, attendu désormais entre 270 et 285 millions d’euros. En quoi la crise sanitaire freine-t-elle le groupe ?

Nous restons prudents pour le futur proche. Nous allons faire une belle année en termes de croissance, mais le rythme de réalisation des projets déjà gagnés est sensible à la crise sanitaire – procédures administratives plus lentes, plus grande complexité des chantiers – et à son impact sur la chaîne d’approvisionnement. Nos fournisseurs sont situés un peu partout dans le monde. Ainsi, pour une centrale construite en Amérique du Sud, l’acier venu des Etats-Unis est usiné sur place, et les autres pièces doivent être importées d’Asie ou d’Europe. Et, en cette période de crise sanitaire, faire voyager un expert d’Espagne jusqu’à un chantier en Amérique latine peut aussi être bien compliqué ! Le rythme des appels d’offres a, lui, un peu ralenti, mais nous avons continué de gagner des projets. Par exemple, depuis le mois d’août, nous avons remporté trois centrales solaires dans le cadre du premier appel d’offres gouvernemental photovoltaïque en Irlande ou encore un contrat de 100 MW d’éolien en Australie.

La période actuelle, et en particulier les plans de relance en Europe et ailleurs, ne sont-ils pas aussi des vecteurs d’accélération des énergies vertes ?

Il y avait déjà une demande forte pour des projets dans les énergies renouvelables. Les plans de relance, toutefois, vont engendrer des usages nouveaux de l’électricité. On le voit avec l’hydrogène vert, dont la production sera très électro-intensive. Il est devenu un grand enjeu en Europe, mais aussi en Australie.

On constate des baisses de prix spectaculaires, en particulier pour le solaire, ainsi que de nouveaux entrants sur ce marché du renouvelable, comme les pétroliers. Pouvez-vous rester compétitif ?

Même dans un marché très concurrentiel, avec de nouveaux acteurs, nous continuons de gagner de beaux projets tout en restant stricts sur nos critères de rentabilité. Et il nous est arrivé de voir revenir vers nous certains acteurs privés en Europe et en Australie, mais qui ont eu des doutes ensuite sur la réalisation des projets qu’ils avaient sélectionnés. Quant à Total ou à BP, ils ne ciblent pas les pays de taille moyenne, que nous privilégions, et s’intéressent plus particulièrement à l’éolien offshore.

Quel est le potentiel des centrales de stockage au sein du groupe ?

Notre chiffre d’affaires est réalisé à peu près à parts égales entre le solaire et l’éolien, mais les centrales photovoltaïques représentent les deux tiers de nos capacités. Le stockage, qui représente 5 % de nos capacités, a vocation à monter à 10 %, ce qui serait un bon équilibre en termes industriels. Les projets varient selon les régions, la robustesse du réseau et le prix de l’électricité. En France, où les prix sont moins volatils et le réseau robuste, il s’agira de projets à plus petite échelle qu’en Australie, par exemple.

Aurez-vous besoin de lever des fonds à moyen terme pour financer votre développement ? Le ratio dette nette/Ebitda de Neoen se situe à 8 fois.

Cette dette est, pour l’essentiel, fragmentée dans des sociétés de projets, ce qui limite les risques. Ensuite, elle est portée par des actifs encore jeunes, dont la durée résiduelle moyenne tourne autour de quatorze ans. Nos contrats de vente d’électricité nous garantissent 6 milliards d’euros de revenus futurs. Enfin, cette dette ne comporte pas de risque de devises car elle est libellée en euros, et en dollars australiens et américains. Nous avions dit, lors de l’introduction en Bourse, que l’augmentation de capital de 500 millions d’euros allait nous permettre d’atteindre 5 gigawatts en opération ou en construction fin 2021, une capacité pleinement opérationnelle fin 2022. Nous présenterons le 11 mars prochain, à l’occasion d’une journée investisseurs, nous perspectives de croissance et de financement au-delà.

A quand un dividende?

Nous n’en verserons pas avant 2022, comme déjà annoncé, et il ne devrait pas représenter un montant important, la priorité étant d’investir dans des projets.

* Excédent brut d’exploitation

LA QUESTION ESG

En quoi consistent les contrats avec Google ?

Nous vendons de l’électricité à des industriels qui en sont de gros consommateurs et veulent verdir leur approvisionnement. Les entreprises de technologies ont été des précurseurs. Nous avons signé deux contrats avec Google en Finlande. Pour le premier, d’une durée de dix ans, nous avons mis en service en juillet un parc éolien de 81 MW en face du data center de Google, un investissement de 80 millions d’euros. Le contrat de vente d’électricité est d’une durée suffisamment longue pour que les prêteurs nous accordent des conditions intéressantes, la qualité du financement faisant partie de la compétitivité du projet. Le deuxième contrat sera plus important. Nous allons lancer en 2021 la construction d’un parc éolien de 250 MW, dont 130 MW seront réservés à Google.


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