Pétrole brent : La Fed et une demande meilleure que prévu poussent le baril de pétrole à 40 dollars – BFM Bourse

(BFM Bourse) – Porté par les annonces de la Fed, par les espoirs de voir les membres de l’Opep+ respecter les nouvelles coupes de production et par un rapport relativement encourageant de l’AIE, les cours pétroliers poursuivent leur rebond. Lundi, le supermajor britannique BP a pourtant prévenu qu’il fallait s’attendre à des prix bas sur… les 30 prochaines années.

Après avoir enregistré leur premier recul hebdomadaire depuis avril lors de la semaine écoulée (-8,4% pour le Brent, -8,3% pour le WTI), le marché pétrolier a de nouveau tangué lundi matin -à l’instar des marchés actions- avant les nouvelles annonces de la Fed lundi. Les deux cours de référence pour le pétrole brut, européen et américain, ont ensuite fini respectivement en hausse de 2,6% et 2,4%.

À 15h45 mardi, le baril de Brent reprend encore 3,80% à 41,23 dollars. Le « light sweet crude » texan s’échange de son côté à 38,64 dollars, en hausse de 4,09% par rapport à la veille.

Freiné la semaine dernière par des craintes d’une deuxième vague de Covid-19 et des perspectives économiques moroses, l’or noir reprend donc sa marche en avant. « Les prix du pétrole ont progressé pied au plancher dernièrement, il est donc naturel que le marché reprenne ses esprits et corrige les excès », commentait ainsi Bjornar Tonhaugen, analyste pour Rystad Energy, vendredi dernier. « Il n’est pas surprenant que lorsque l’aversion au risque revient sur le marché, ce qui a fait flancher les marchés actions hier (jeudi dernier, NDLR), cela engendre également des prises de bénéfices sur le pétrole », renchérissait Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank, vendredi dernier.

Et comme depuis deux mois, le moindre début de correction sur les marchés donne lieu à de nouvelles annonces de la Fed. Dans un communiqué surprise, la Banque centrale américaine a manifesté son intention de muscler son programme SMCCF de rachats d’obligations d’entreprise, en s’autorisant désormais à racheter des titres hors catégorie d’investissement (jusqu’à la note BB-), synonyme d’un soutien direct aux sociétés cotées à Wall Street.

Si les cours pétrolier sont donc « portés depuis par ces annonces de la Fed » selon Jeffrey Halley, analyste chez Oanda. « l’influence de l’institution monétaire pourrait s’avérer de courte durée sur les marchés du pétrole car son intervention ne bénéficiera pas nécessairement et immédiatement à la demande mondiale » en or noir, nuance Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.

L’AIE prévoit un fort rebond de la demande mondiale en 2021

S’il sera limité par la « crise existentielle » que s’apprête à traverser le secteur de l’aviation, le rebond de la demande mondiale de pétrole devrait être très net en 2021, selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mardi. Dans ses premières prévisions pour 2021, l’institution anticipe en effet un bond inédit de 5,7 millions de barils par jour (mbj) de la demande mondiale par rapport à celle de 2020. À 97,4 mbj, elle resterait toutefois toujours 2,4 mbj au-dessous du niveau de 2019, « essentiellement en raison de la faiblesse actuelle de la demande pour le carburéacteur et le kérosène », est-il précisé dans le rapport.

Pour 2020, l’AIE s’est montrée un peu moins pessimiste dans son appréciation des effets de la pandémie. Elle table certes toujours sur une chute historique de l’ordre de 8,1 mbj sur l’ensemble de l’année, mais c’est environ 500.000 barils par jour de mieux que lors de sa dernière estimation publiée en mai. Elle note notamment une reprise rapide de la demande chinoise en mars-avril et indienne en mai.

Du côté de l’offre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés ont accepté, début juin de poursuivre les coupes de production en juillet afin de soutenir les cours. « Même si le marché reste fragile, la récente et modeste reprise des cours suggère que le premier semestre 2020 finit sur une note plus optimiste », relève l’AIE, qui ajoute que « si les tendances récentes se maintiennent pour la production et que la demande se reprend bel et bien, le marché sera plus stable d’ici la fin du deuxième semestre ». « Il ne faut toutefois pas sous-estimer les énormes incertitudes », conclut-elle.

BP anticipe des prix bas sur les 30 prochaines années

Un relatif optimisme qui tranche avec les nouvelles prévisions du géant BP. Pour lui, le pétrole cher ne reviendra pas avant 2050, la demande pétrolière va continuer à se réduire et la transition énergétique va peser sur les prix. Voilà, en creux, les trois enseignements à tirer du communiqué publié par le supermajor pétrolier britannique qui a dressé de sombres perspectives pour l’or noir. Après avoir annoncé quelque 10.000 suppressions d’emplois la semaine dernière, le géant du secteur a indiqué qu’il allait déprécier la valeur de ses actifs pour un montant compris entre 13 et 17,5 milliards de dollars, ce qui représente jusqu’à 20% de la valeur totale de son bilan.

Le patron irlandais de BP Bernard Looney a notamment déclaré s’attendre à un impact durable sur la demande mondiale, estimant que de nombreux pays voudront « reconstruire en mieux » en favorisant les énergies renouvelables et autres sources d’énergie à faible teneur en carbone lorsque la demande énergétique globale se redressera. Le supermajor mise désormais sur un prix moyen de 55 dollars par baril de Brent entre 2021 et 2050. BP imagine par ailleurs une taxe carbone à 100 dollars par tonne dès 2030, ce qui explique la massive dépréciation de ses actifs. Pour rappel, Bernard Looney a annoncé lors de sa prise de fonction en février dernier viser la neutralité carbone pour 2050 et il se dit « convaincu que ces décisions difficiles permettront (au groupe) d’être plus compétitifs à travers la transition énergétique ».

Quentin Soubranne – ©2020 BFM Bourse

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