Pour l’UNESCO, l’océan doit jouer un rôle central pour le développement d’ici 2030 – UNESCO

Bien que la recherche océanographique soit l’un des domaines les plus prometteurs de la science appliquée, les États ne consacrent en moyenne que 1,7% de leurs budgets de recherche aux sciences de l’océan, soit beaucoup moins que dans les autres grands domaines scientifiques, selon le Rapport mondial sur les sciences océaniques, publié le 14 décembre par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO. Ce faible pourcentage est d’autant plus difficile à justifier que l’apport de la mer à l’économie mondiale avait été estimé à 1 500 milliards de dollars en 2010 par l’OCDE, un chiffre loin d’être marginal et probablement sous-estimé. La même année, l’économie maritime générait plus de 30 millions d’emplois directs à temps plein.

Cet apport est d’abord constitué de la pêche : l’océan permet d’assurer la subsistance de plus de trois milliards de personnes. Les mers jouent aussi un rôle essentiel dans de très nombreux domaines économiques : commerce, transport de l’énergie, tourisme, énergies fossiles pétrolière et gazière mais aussi de manière croissante dans les énergies renouvelables avec l’essor de l’éolien au large des côtes. La santé, la sécurité et le bien-être des hommes dépendent de la santé et de la connaissance de l’océan dans son ensemble. C’est le travail qu’effectue l’UNESCO avec la coordination des systèmes d’alerte précoce aux tsunamis ou encore avec l’éducation à l’océan pour lutter contre la pollution plastique de ce poumon bleu de la planète.

Une meilleure connaissance de l’océan, qui recouvre 71% de la planète, pourrait contribuer encore plus au développement. À ce jour, seuls près de 20% des fonds marins sont cartographiés en haute résolution. Il existe de vastes étendues dans les abysses, ainsi que dans les régions arctiques où nous ne savons pratiquement rien de la répartition des espèces, des écosystèmes ou des processus océaniques. Alors que l’océan arrive au bout de ses capacités d’atténuation du réchauffement climatique, une meilleure connaissance des phénomènes qui s’y produisent apparaît fondamental.

L’Assemblée générale des Nations Unies a entériné sept objectifs à la Décennie à l’horizon 2030 :

  1. Des océans propres où les sources de pollution sont recensées et réduites ou éliminées ;
  2. Des océans sains et résilients où les écosystèmes marins sont bien connus, protégés, restaurés et gérés ;
  3. Des océans productifs qui permettent un approvisionnement alimentaire et une économie océanique durables ;
  4. Des océans prévisibles dont l’évolution est comprise par une société capable de s’y adapter ;
  5. Des océans sûrs où la vie et les moyens de subsistance sont protégés des aléas liés à ces milieux ;
  6. Des océans à portée de tous grâce à un accès libre et équitable aux données, à l’information ainsi qu’à la technologie et l’innovation ;
  7. Des océans inspirants et attrayants dont le fonctionnement et la valeur au regard du bien-être et du développement durable sont compris par la société ;

Le plan de mise en œuvre de la Décennie, approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies, a été conçu dans le cadre d’un processus de consultation inclusif impliquant toutes les régions océaniques.

Pour le Secrétaire exécutif de la COI-UNESCO, Vladimir Ryabinin, « il nous faut révolutionner notre manière d’utiliser les sciences océaniques. La Décennie crée les conditions de cette transition qualitative en suscitant un changement de paradigme dans la production de connaissances sur l’océan afin de guider l’élaboration de solutions plus durables pour la planète ».

La communauté internationale a pris l’engagement de parvenir d’ici 2030 à une exploitation raisonnable des océans en souscrivant à l’Objectif de développement durable numéro 14.

Plus d’informations :

Contact médias : Bernard Giansetto, +33 (0)1 45 68 17 64

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