Pourquoi BP et Total ne veulent plus être appelés « pétroliers » – L’Usine Energie – L’Usine Nouvelle

SI Total partage encore avec précaution ses scénarios prospectifs, le danois Shell et surtout le britannique BP ont fait de la publication de leurs « Outlook », des rendez-vous annuels très attendus par tous les observateurs du secteur de l’énergie. Avec l’édition 2020 du BP Outlook, ils ne sont pas déçus.

BP annonce que quelles que soient les politiques énergétiques des Etats, la demande de pétrole a quasiment atteint son maximum. Elle commencera à décroître, suivant les scénarios, entre 2025 et 2030. Au cours des trente prochaines années, la demande baissera au moins de 10% d’ici 2050 et jusqu’à 80% si le monde reste sur une trajectoire de réchauffement de 1,5°C.

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La demande de charbon aurait, elle, déjà entamé son déclin.

Pourtant, quels que soient les trois scénarios étudiés par BP (Rapid compatible avec réchauffement à 2°C, Net Zero avec une trajectoire 1,5°C et Business as Usual ou BAU), la demande énergétique mondiale va continuer à progresser, portée par la hausse de la prospérité et du niveau de vie dans le monde émergent. Si elle finit par se stabiliser dans les scénarios de transition, elle aura augmenté de 25% en 2050. Et il faudra compter avec un prix élevé du carbone. Dans les scénarios « Rapid » et « Net Zero », la tonne de CO2 atteindra 250 dollars dans le monde développé d’ici 2050 et 175 dollars dans les économies émergentes, contre 65 dollars et 35 dollars dans le scénario où rien de change.

Forcément, le pétrole et le charbon seront compensés par d’autres énergies. Partout, les systèmes énergétiques vont se transformer vers des bouquets plus diversifiées. Selon les scénarios, la part des hydrocarbures dans l’énergie primaire passera d’environ 85 % en 2018 à une fourchette comprise entre 65 et 20 % en 2050. A l’inverse, celle des énergies renouvelables se situera entre 20 et 60 %.

La baisse de la demande de pétrole est due à l’efficacité croissante et à l’électrification du transport routier. Dans les trois scénarios, l’utilisation du pétrole dans les transports culmine au milieu ou à la fin des années 2020. Sa part y passe de plus de 90 % en 2018 à environ 80 % en 2050 dans le scénario BAU, mais à 40 % dans le scénario Rapid et à seulement 20 % dans le scénario Net Zero. En revanche, la demande de pétrole hors énergie va continuer de croître ou faiblement baisser.

Le gaz serait toujours la plus résistante des énergies fossiles d’ici à 2050. Si la demande atteint un pic autour de 2030 dans les deux scénarios verts, elle aura augmenté d’un tiers d’ici à 2050 dans le scénario Business as usual. Le gaz naturel peut limiter le recours au charbon dans les économies en développement à croissance rapide. Combiné avec le captage de carbone (CCUS), il permet la production d’hydrogène bleu.

Le gaz combiné à la CCUS représenterait entre 8 et 10 % de l’énergie primaire d’ici 2050 dans les scénarios Rapid et Net Zero.

La part de l’électricité devrait partout augmenter dans les mix énergétiques. En 2050, la part de l’électricité dans la consommation finale totale passe d’un peu plus de 20 % en 2018 à 34 % en BAU, 45 % en Rapid et plus de 50 % en Net Zero.

A mesure que le système énergétique se décarbonise, l’hydrogène et la bioénergie jouent un rôle croissant. D’ici 2050, l’hydrogène représente environ 7 % de la consommation finale d’énergie (à l’exclusion des combustibles non brûlés) dans Rapid et 16 % dans Net Zero. La bioénergie représente environ 7 % de l’énergie primaire dans Rapid et près de 10 % dans Net Zero.

Dans ce nouveau monde énergétique où l’électricité détrône le pétrole, BP, Total, Shell ou Equinor, entendent bien garder leur place de leader. Ils investissent tous de plus en plus dans les énergies renouvelables, voire, comme Total ou Shell et Equinor, dans le captage et stockage de carbone (CCUS). Un virage récent, moins par choix que par obligation, qu’ils cherchent à faire reconnaître en se présentant dorénavant comme fournisseurs d’énergies, demandant à qui veut les entendre de ne plus les appeler des « pétroliers ».

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