[Rénovation énergétique] Le dynamisme des services en Île-de-France – BTP – Construction – L’Usine Nouvelle

Lancé il y a deux ans, le projet Wall’up Préfa se construit peu à peu. Son objectif : créer la première usine française de panneaux préfabriqués de béton de chanvre. La construction, d’un coût de 3 millions d’euros, commencera cet été à Aulnoy (Seine-et-Marne) pour un démarrage de l’exploitation au deuxième trimestre 2021. Vingt-cinq salariés seront embauchés. « Nous aurons une capacité annuelle de 70 000 mètres carrés de panneaux de façade », assure Philippe Lamarque, le président de Wall’up Préfa.

Née de la réunion des acteurs franciliens des filières chanvre et bois, l’initiative reste encore isolée. Et en matière de bâtiment durable, la région se caractérise moins par la production de masse de biens destinés à ce marché que par le dynamisme de ses sociétés de services et par la présence de grands groupes engagés dans la transition. Engie vient par exemple d’installer à Stains (Seine-Saint-Denis), dans des locaux flambant neufs, son Lab Crigen, qui travaille sur les énergies nouvelles. Air liquide a, lui, reconstruit il y a deux ans son campus d’innovation de Paris Saclay destiné, notamment, aux recherches dans le domaine de la transition énergétique et dont une partie de l’électricité est fournie par une pile à hydrogène.

Des start-up franciliennes à vocation industrielle cherchent à se faire une place. C’est le cas de TechnoCarbon, l’un des lauréats du premier appel à solutions de la plate-forme Sekoya lancée par le groupe de BTP Eiffage et s’intéressant aux matériaux et procédés bas carbone. TechnoCarbon développe un composite à base de matériau durable, comme la pierre, et de fibre de carbone en remplacement du béton, de l’acier ou de l’aluminium. « Ce matériau permet d’alléger la structure d’un facteur deux à trois en fonction des applications et de réduire l’usage des matériaux fortement émetteurs de CO2. L’empreinte carbone est divisée par dix », explique Stephan Savarese, le président de la start-up.

Matériaux biosourcés et énergies renouvelables

Tout aussi ambitieuse apparaît la PME Woodoo avec sa technologie de « bois augmenté ». L’entreprise a entamé le développement d’un procédé de transformation du bois à base d’injection de résines biosourcées conférant à ce dernier de hautes qualités de résistance. « À partir de sections épaisses de bois ou d’assemblage de couches, nous pourrons obtenir des structures porteuses et construire des bâtiments totalement en bois de 30 ou 40 étages », s’enthousiasme Olivier Grange, son vice-président. Pensionnaire du ­Matériaupôle de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), un cluster dédié aux matériaux et procédés, Agilcare a, de son côté, développé un procédé constructif reposant sur des éléments en bois en deux dimensions et un système d’assemblage innovant. Il permet de construire des bâtiments modulaires, mobiles et pérennes.

Fin 2019, l’Accélérateur transition énergétique, créé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et Bpifrance, a dévoilé la liste de sa première promotion. Sur cette dernière figure Enertime, qui conçoit, fabrique et installe des modules de production d’électricité par récupération de la chaleur fatale. Autre lauréat, Nepsen, une société de conseil et d’ingénierie en maîtrise de l’énergie. Enjeu majeur des gestionnaires de parc, la sobriété énergétique est une activité porteuse. « Le marché est en train de décoller. Des entreprises sont en avance sur ces questions, d’autres vont y venir », estime Thierry Chambon, le directeur général d’Energisme, un éditeur de logiciels de monitoring pour la maîtrise des consommations des fluides.

Parallèlement se poursuit le « verdissement » des réseaux de chauffage urbain. Idex a inauguré en 2019 le réseau de chaleur et de froid du campus de Paris-Saclay reposant sur la géothermie. Sa filiale Enertherm, concessionnaire du réseau de chaleur et d’eau glacée du quartier d’affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), va investir 20 millions d’euros pour construire une centrale biomasse fonctionnant avec des agro-pellets afin de franchir le seuil de 50 % d’énergies renouvelables. Grâce à son expertise en matière de géothermie, Engie Solutions a été choisi pour créer ou moderniser les réseaux de chauffage urbain à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et Vélizy (Yvelines) pour un montant total d’investissement de 80 millions d’euros. Enfin, la région refait son retard en matière d’unités de méthanisation. Un domaine où excelle Naskeo, le spécialiste du biogaz, mais où pourrait aussi prendre pied la start-up Tryon, orientée vers la microméthanisation.

Terao expert du bâtiment durable

À la tête du bureau d’études Terao, spécialiste dans l’efficacité énergétique et environnementale du bâtiment et de la ville, Michel Raoust est un précurseur du domaine. « Lors du choc pétrolier de 1974, la France était à l’avant-garde sur les économies d’énergie et il y avait un mouvement en ce sens, dont j’ai fait partie. En 1992, est apparue une nouvelle vague de pionniers plutôt orientés environnement, dont j’ai aussi fait partie », témoigne-t-il. L’aventure de Terao commence en 1993, quand Michel Raoust crée un cabinet d’études thermiques pour accompagner l’émergence de la haute qualité environnementale (HQE) dans le bâtiment. En 2007, le cabinet devient une société commerciale. Aujourd’hui, il travaille dans le monde entier et emploie 40 salariés, principalement à son siège parisien, mais aussi dans son bureau de Lyon et dans deux filiales, à Shanghai et Bogota. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2019 et enregistre une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. « Nous sentons une accélération sur le marché. En 2020, nous allons connaître plus de 20 % de croissance », se félicite le dirigeant.

Saint-Gobain Weber – Le mortier colle réinventé

Produite à l’usine Saint-Gobain Weber de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), la nouvelle version du mortier colle Weber Flex Eco est porteuse d’une promesse environnementale forte. Lancé en 2014, ce produit phare du spécialiste mondial des mortiers industriels a vu sa formulation améliorée par le travail des équipes de R & D de la marque et du groupe Saint-Gobain. Cela a permis d’étendre le domaine d’utilisation du mortier colle et d’accroître son confort d’usage pour les applicateurs et ses performances environnementales tout au long de son cycle de vie. Par rapport à un mortier colle classique, le Flex Eco réduit de 50 % les émissions de CO2, de 28 % la consommation d’eau et de 27 % l’utilisation d’énergies non renouvelables.

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