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Seine-et-Marne : une centrale de 44 000 panneaux solaires sur un ancien remblai – Le Parisien

« Nous ne bénéficions pas du soleil de l’Occitanie mais grâce à l’ingéniosité de nos ingénieurs, nous avons aménagé ce terrain difficile sur une butte d’environ 10 mètres pour y produire de l’énergie solaire ».

Malgré le temps pluvieux, Eric Scotto se voulait philosophe ce mardi lors de l’inauguration de la centrale solaire des Gabots à Annet-sur-Marne, l’une des plus grandes d’Ile-de-France avec celle de Meaux.

Le président de la société Akuo Energy, qui a posé les 44 000 panneaux photovoltaïques sur ancienne installation de stockage de déchets inertes (ISDI) de la société ECT, se veut optimiste et attend la prochaine éclaircie.

Les derniers projets de centrales photovoltaïques d’Ile-de-France. LPI

Le pari de sa société qui s’est associée à ECT en créant une filiale commune baptisée ACT-E : transformer cet ancien remblai, devenu une de protection contre les nuisances sonores du TGV, en centrale photovoltaïque et bénéficier de l’ensoleillement francilien pour produire une électricité plus verte, qui est injecté dans le réseau EDF.

Avec une puissance de 17 mégawatts crête (NDLR : cette unité de symbolisée MWc est la plus pertinente pour les projets) permettra d’alimenter environ 3700 foyers, soit environ 12 000 personnes.

« Cette centrale solaire évite le rejet de 847 tonnes de CO2 par an et produira de l’électricité couvrant quatre fois les besoins de notre commun », s’est réjoui Stéphanie Auzias (SE), la maire d’Annet-sur-Marne.

Pour le conseiller régional, Jean-Philippe Dugouin-Clément (UDI), cette centrale s’inscrit dans la stratégie de réduction de la dépendance énergétique de la Région. « Ce projet qui réutilise des terres du Grand Paris est un projet exemplaire d’économie circulaire, qui s’inscrit dans notre objectif d’élever à la part d’énergie consommée renouvelable à 20 % en 2030 et à 40 % à l’horizon 2050. Pour le moment notre région importe plus de 90 % de son énergie et seuls 8 % sont renouvelables ».

Un équilibre financier à long terme

Coût de l’investissement : 12 millions d’euros financés à 75 % par des emprunts bancaires, mais aussi par les financements du Syndicat des énergies de Seine-et-Marne (Sdesm), d’Ile-de-France Energies ou encore des prêts participatifs de particuliers via la plateforme Akuo Coop.

« Nous avons levé 535 000 euros en à peine 27 jours et la moitié des épargnants », explique le dirigeant de la société, qui reconnaît que les rendements sont moins importants que dans le sud de la France.

« Avec 950 heures de soleil contre 1300 heures dans le Midi, l’ensoleillement est inférieur de 30 %. Il faut environ pour amortir cet investissement, mais nous nous inscrivons dans le temps long avec au moins 30 ans d’exploitation et un bail emphytéotique de 52 ans ».

Un manque d’ensoleillement qui ne décourage pas les deux sociétés, qui prévoient de collaborer à nouveau afin d’aménager de nouvelles friches avec des panneaux photovoltaïques.

« Le progrès technique a permis d’augmenter la puissance annoncée de notre centrale. La butte a été façonnée pour donner aux panneaux la meilleure orientation et la meilleure inclinaison possible. Nous avons déposé des dossiers afin de créer deux nouvelles centrales photovoltaïques à Brie-Comte-Robert et de nouveau à Annet-sur-Marne. Elles auront respectivement une puissance de 5 MWc et de 3 MWc et ne devraient pas voir le jour avant trois. Trois autres projets d’une taille plus modeste sont à l’étude, dont deux dans les Yvelines et un à Forges en Essonne », confie Laurent Mogno, le directeur d’ECT.

De plus en plus de projets en Ile-de-France

Si le soleil se cache parfois derrière les nuages en Ile-de-France, les centrales solaires y poussent comme des champignons (voir l’infographie).

De nombreux opérateurs se sont lancés dans l’aventure. Plusieurs centrales solaires ont ainsi récemment vu le jour comme à Fleury-Mérogis (Essonne), où une station d’une puissance de 10 MWc a été inaugurée le 1 er septembre dernier sur le parking de la société TEA.

D’autres centrales toujours en projet doivent voir le jour dans les années et détrôneront celles de Meaux et Annet-sur-Marne avec une puissance supérieure.

Total prévoit ainsi d’implanter deux centrales solaires de 24 et 28 mégawatts (MW) sur les sites de sa raffinerie à Grandpuits ou de son dépôt de Gargenville (Yvelines). Avant que ces dernières sortent de terre, deux autres centrales seront mises en service à Marcoussis (Essonne) et Triel-sur-Seine (Yvelines).

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