Siemens introduit sa division historique énergie en Bourse – Zonebourse.com

Berlin (awp/afp) – Le conglomérat allemand Siemens poursuit sa métamorphose et s’est délesté lundi de sa division énergie, où il officiait depuis 150 ans, qu’il a introduite en Bourse à Francfort, soucieux désormais de se focaliser sur son offre numérique qu’il considère plus porteuse.

A l’ouverture de la Bourse, les actions de Siemens Energy, qui réunit la construction de turbines, mais aussi le gaz, le pétrole, l’éolien et la transmission d’énergie, s’échangeaient à 22,01 euros, valorisant le groupe à 16 milliards d’euros.

Ces chiffres étaient en dessous des prévisions des consensus d’experts, qui tablaient sur une capitalisation comprise entre 17 et 24 milliards d’euros.

Le titre a terminé la séance en repli de 3,63% à 21,21 euros, contre un gain de 4,72% à 109,96 euros pour Siemens, qui avait démarré la journée dans le rouge. L’indice Dax a lui bondi de 3,22% lundi.

« Une nouvelle entreprise doit montrer aux marchés qu’elle peut appliquer ce qu’elle annonce », a déclaré à l’AFP Ralf Thomas, le directeur financier de Siemens, ajoutant qu’il s’attendait à ce que le cours de la nouvelle valeur « souffre un peu au début ».

Car la division « Gas and turbines » au coeur de Siemens Energy cumule de mauvais résultats depuis des années, installant le doute chez les investisseurs.

En 2019, la division a enregistré une perte opérationnelle de 6% sur un an, victime de la chute de la demande pour ses turbines, sur un marché de l’énergie en plein bouleversement.

Le nouveau patron de Siemens Energy, Christian Bruch, a assuré « un retour à la rentabilité » d’ici trois ans, dans un entretien avec la presse allemande jeudi.

A l’origine de la dynamo-électrique

Annoncée il y a un an, le « spin-off » avait fait l’effet d’un coup de tonnerre, le domaine de l’énergie étant l’activité historique de l’entreprise.

« Il s’agit de la plus importante entrée en Bourse de l’année en Europe », estime ainsi Konstantin Oldenburger, analyste pour CMC Markets.

Le conglomérat allemand était présent depuis ses débuts sur ce marché, son fondateur, Werner Siemens, ayant découvert le principe de la dynamo-électrique, à l’origine des centrales électriques.

Mais Siemens tourne désormais le dos à l’industrie lourde, pour miser sur la vague du numérique dans l’industrie manufacturière, plus rentable.

Comme tous les conglomérats, il veut aussi s’alléger, pour gagner en souplesse.

Il s’est pour le moment séparé de 55% de ses parts dans Siemens Energy, soit environ 399 millions d’actions, que le groupe a distribué à ses actionnaires.

Siemens a également transféré 9,9% à son fonds de pension, mais garde 35,1% de parts.

Le groupe restera donc un temps actionnaire principal de Siemens Energy, dont le siège sera installé à Berlin, avant d’opérer de « nouvelles réductions significatives » de sa participation dans un délai compris entre « 12 et 18 mois ».

Mais l’entreprise gardera une minorité de blocage lui permettant de peser sur les décisions prises par son ancienne filiale.

Transition écologique

Un pouvoir que compte bien utiliser le conglomérat, alors que le PDG de Siemens a annoncé en juillet sa sortie du charbon.

« J’ai demandé au conseil exécutif de Siemens Energy de me soumettre rapidement un plan de sortie du charbon », a ainsi affirmé le patron du groupe, Joe Kaeser, qui doit quitter l’entreprise l’an prochain, remplacé par Roland Busch.

Siemens est dans le viseur des écologistes depuis plusieurs mois en Allemagne pour ses activités dans les énergies fossiles.

Siemens Energy va récupérer 67% des parts de Siemens dans le spécialiste espagnol de l’éolien Siemens Gamesa, devenant un des leaders mondiaux des énergies renouvelables.

Mais les activités gazières et pétrolières resteront essentielles dans l’activité de la nouvelle entité.

« Siemens Energy devra réussir le difficile compromis entre les sources d’énergie traditionnelles et renouvelables », résume Timo Emden, analyste indépendant.

Siemens Energy emploie 91.000 personnes pour un chiffre d’affaires total de 28,8 milliards d’euros en 2019.

Après Osram et Siemens Healthinneers, Infineon et Epcos, c’est la cinquième entrée en Bourse d’une filiale de Siemens depuis le début des années 2000.

afp/rp

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