Smart grids : des réseaux électriques intelligents en plein développement – Le Parisien

Qu’est-ce que des smart grids ?

Les smart grids sont littéralement des réseaux électriques « intelligents ». En s’appuyant sur les outils numériques, il devient en effet possible de faire « parler » les infrastructures électriques traditionnelles et de récupérer de précieuses données. On peut ainsi connaître avec précision la consommation énergétique d’un quartier, prévoir celle du lendemain mais également estimer la production d’énergies renouvelables d’un champ d’éoliennes ou d’un ensemble de panneaux photovoltaïques en fonction des prévisions météorologiques.

L’avantage de telles innovations (compteurs intelligents, logiciels, applications…) est simple : elles permettent de connaître avec finesse consommation et production électrique et ainsi, faire coïncider offre et demande.

Autre atout : les smart grids favorisent l’émergence de solutions innovantes, déployées en leur sein, pour une meilleure gestion énergétique. Des travaux ont par exemple été menés dans l’un d’eux pour mieux répartir les demandes d’électricité au fil de la journée à l’échelle de plusieurs foyers (et donc d’éviter les pics), notamment en échelonnant les lancements de machines à laver.

Enfin, ces réseaux intelligents offrent aux particuliers une meilleure connaissance de leur consommation électrique (notamment via des applications offrant un suivi précis) et leur donnent donc la possibilité d’adopter des écogestes bons pour l’environnement… et leur porte-monnaie.

Pourquoi les smart grids sont-ils en plein développement ?

« Notre système énergétique connaît d’importants bouleversements », explique Nouredine Hadj-Saïd, professeur à Grenoble INP (Université Grenoble Alpes). Première évolution d’ampleur : la production d’énergies renouvelables est en plein développement. Or, à la différence des énergies traditionnelles, « on ne peut pas les piloter et décider par exemple d’augmenter leur production lorsque cela est nécessaire ». Leur intégration au réseau existant, où l’équilibre permanent entre production et consommation est indispensable, représente donc un vaste défi. Dans le même temps, le parc des véhicules électriques est en expansion. Là encore, c’est un enjeu de taille pour les gestionnaires du réseau : les recharges en de multiples endroits rendent bien plus délicates les prévisions de consommation.

L’intégration d’outils numériques au sein des smart grids permet aux réseaux traditionnels, peu adaptés, de franchir ces caps majeurs. En fournissant de nombreuses données, ils apportent une meilleure visibilité de l’offre et la demande. Ils offrent également des solutions techniques pour, par exemple, accueillir davantage d’énergie renouvelable sur le réseau (notamment grâce à des solutions de réglage de tension intelligent). Surtout, grâce aux smart grids, cette prise en charge plus importante des énergies renouvelables peut se faire sans investissements excessifs et en préservant la sécurité de l’alimentation énergétique. Enfin, le déploiement de ces solutions digitales sur les réseaux favorise à plus long terme le développement de l’autoconsommation énergétique et de la mobilité électrique dans les territoires concernés.

Où en est la France ?

Plus de 120 expérimentations ont été lancées dans la première moitié des années 2010 autour des smart grids en France. Elles ont permis de tester de nombreux outils numériques et de faire progresser les connaissances scientifiques sur le sujet. Cela a été le cas par exemple à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avec le projet IssyGrid, à travers lequel un quartier de la ville a été équipé de solutions de pointe (panneaux photovoltaïques sur des toits de bureaux, lampadaires connectés…) et où les habitants pouvaient suivre avec précision leur consommation d’électricité. Depuis, des déploiements de plus grande ampleur ont été orchestrés à travers trois territoires : Provence-Alpes-Côte d’Azur (Flexgrid), Bretagne et Pays-de-la-Loire (Smile) et Hauts-de-France (You&Grid). Dans les Hauts-de-France, 3000 capteurs communicants ont été installés sur le réseau et de nombreuses initiatives ont été menées, notamment pour développer l’autoconsommation individuelle.

La France affiche ainsi une belle maturité sur le sujet. « Cela fait déjà une vingtaine d’années que notre pays travaille sur les réseaux intelligents. Nous disposons aujourd’hui, sur la scène internationale, d’une avance appréciable sur la question », explique Nouredine Hadj-Saïd. Une filière industrielle smart grids a, en conséquence, été développée (Think smart grids), avec l’ambition d’exporter le savoir-faire français à l’international.

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