Territoires : des friches industrielles à optimiser – Le Parisien

Évoquer la question des friches industrielles, c’est d’abord entrer dans une zone quelque peu floue. « Il n’existe aucune définition claire de la friche parce qu’on ne dispose pas d’indicateurs satisfaisants. On pourrait, par exemple, considérer qu’une usine dont l’activité a cessé est une friche. Mais cela ne tient pas compte de l’état d’abandon du site ou des projets que peut y avoir le propriétaire », explique Laurent Château, chargé de mission friches urbaines et sites pollués à l’Ademe. Difficile, par conséquent d’évaluer le nombre de friches industrielles en France. En s’appuyant sur les bases de données Basol et Basias (qui répertorient le nombre de sites pollués ou susceptibles de l’être), l’Ademe a dénombré environ 150 000 hectares, « un chiffre partiel, non actualisé et qui ne prend en compte que la dimension environnementale », précise Laurent Chateau.

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La dépollution, point de crispation

Cette question de l’inventaire est une des principales explications au fait que peu de territoires se saisissent de la question des friches. « Dans la mesure où les collectivités sont compétentes en matière d’aménagement urbain, elles peuvent prendre la mesure du phénomène. Pour cela, il faut bien connaître son foncier et faire un diagnostic précis de ce qui existe, sans s’arrêter à ce qui est seulement disponible », analyse Laurent Chateau. Les communes qui se sont dotées de ce type d’outils, comme Graulhet en Occitanie (451 sites répertoriés en 2009) ou la métropole de Lille (400 hectares en 2016), ont ainsi pu mener à bien quelques projets en s’armant de patience.

L’autre facteur déterminant reste la pollution des sols, une donnée cruciale qui suscite souvent des interrogations. « En matière de foncier, les friches partent toujours avec un désavantage puisqu’on ne sait jamais dans quel état est le sol, ni le niveau de risque sanitaire. Or, il faut savoir que la dépollution se pense d’abord en fonction de l’usage et des objectifs à atteindre », poursuit Laurent Chateau. On ne dépollue pas de la même manière selon que l’on souhaite installer des commerces ou un parc urbain. Cette étape, souvent complexe et coûteuse pour le propriétaire ou le tiers demandeur (prestataire désigné par le propriétaire pour aménager le site) soumis au principe pollueur/payeur, freine parfois les ardeurs des collectivités et explique que certains sites restent parfois à l’abandon plusieurs décennies.

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« Le premier symptôme de dégradation d’un quartier »

Pourtant, ces obstacles franchis, la reconversion des friches permet de créer un cercle vertueux dans les grands centres urbains. « La friche est souvent le premier symptôme de la dégradation d’un quartier. Elle génère un exode des habitants et dévalorise l’immobilier alentour, autant de facteurs qui créé un sentiment de mal-être. Or, si vous ramenez des services et de la qualité environnementale, vous recréez de l’attractivité », abonde Laurent Chateau. Reconvertir une friche est aussi un moyen d’insuffler du dynamisme économique au cœur des villes en rompant avec la logique d’étalement urbain qui a longtemps rongé les espaces agricoles et déplacé l’activité commerciale vers la périphérie.

Dans ce cadre, l’Ademe joue le rôle de partenaire financier pour les collectivités à travers différents appel à projets sur les travaux, mais aussi sur les inventaires de sites en friche sur un territoire. Les aides ne se limitent pas à cela puisque les programmes du Fonds européen de développement régional (Feder) ou des organismes comme l’Agence de l’eau peuvent intégrer le montage financier et permettre la naissance de projets ambitieux. Les reconversions actuelles du site historique de Novaciéries (Saint-Chamond) en écoquartier, ou des 25 hectares de Fives Cail (Lille) en « friche gourmande » en constituent de parfaits exemples.

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