Total : Rapport climat 2020 | Zone bourse – Zonebourse.com

VERS LA

NEUTRALIT CARBONE

septembre 2020

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

01 Éditorial de Patrick Pouyanné, Président-directeur général de Total

08 Entretien avec Marie-ChristineCoisne-Roquette, Administrateur Référent

de Total

09

Net Zéro d’ici 2050

10 Notre ambition

15 Scope 3 : de nouveaux objectifs

17 Un indicateur pour mesurer l’intensité carbone

des produits

18

Agir sur les émissions

19 Efficacité énergétique

  1. Objectif zéro brûlage de routine d’ici 2030
  2. Maîtriser les émissions de méthane

25

Agir sur les produits

26 Gaz naturel, biogaz

et hydrogène, alliés de la transition énergétique

29 Électricité bas carbone : construire un leader mondial

32 Économiser et décarboner les énergies liquides

34

Agir sur la demande

35 Mobilité, transport, industrie : promouvoir des énergies de moins en moins carbonées

40

Investir dans les puits de carbone

41 Développer les puits de carbone

44 Une R&D mobilisée pour la transition énergétique

46

Mobiliser les énergies

47 OGCI – Les industriels de l’Oil & Gas conjuguent leurs efforts

  1. Tarification du carbone : Total aux avant-postes
  2. Associations professionnelles : évaluer pour mieux interagir

53

Annexes

Éditorial de Patrick Pouyanné

Président-directeur général de Total

ENSEMBLE,

ACCÉLÉRONS

LE RYTHME DE LA TRANSITION, POUR UNE SOCIÉTÉ NEUTRE EN CARBONE EN 2050

L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

L’année 2020 marque une avancée majeure pour Total dans sa réponse au défi du changement climatique : le Groupe se fixe en effet comme nouvelle ambition d’atteindre la neutralité carbone sur l’ensemble de ses activités d’ici à 2050, conjointement avec la société. Total veut ainsi contribuer à l’objectif de neutralité défini

par l’Accord de Paris pour la seconde moitié du siècle.

Pour atteindre cette neutralité, le Groupe a défini un ensemble d’étapes intermédiaires que vous trouverez détaillées dans ce rapport. En termes de périmètre, les émissions de nos opérations (scopes 1 et 2) seront bien évidemment les premières concernées. Sur le plan géographique, l’Europe s’est d’ores et déjà engagée sur la voie de cette neutralité,

et nous nous engageons à ses côtés. Enfin, en termes de calendrier,

des étapes à court et moyen termes ont été définies d’ici à 2050, à la fois sur l’indicateur d’intensité carbone des produits énergétiques vendus, mais aussi sur la valeur absolue des émissions scope 3 liées

aux produits utilisés par nos clients. Total est ainsi la première major

« Notre rôle est de satisfaire les besoins croissants en énergie tout en réduisant les émissions. »

est de satisfaire ces besoins croissants, tout en réduisant

les émissions de carbone. Conjuguer ces deux objectifs nécessite

une diversification de l’offre du Groupe vers des énergies moins carbonées.

Pour tendre vers une société neutre en carbone, le mix énergétique mondial évoluera. Les scénarios « nettement inférieurs à 2°C »

de l’AIE (SDS) ou de Total (Rupture) démontrent que la demande en pétrole va se stabiliser puis décliner. Au contraire, les marchés de l’électricité bas carbone et des produits gaziers (gaz naturel, biogaz et hydrogène) offriront une forte croissance. Total cherche donc

  • se positionner de manière proactive, c’est-à-dire avec une longueur d’avance sur la concurrence,
    sur ces marchés en croissance.

V E R S L A N E U T R A

  • annoncer que les émissions associées à ces produits diminueront en valeur absolue à l’horizon 2030 grâce à l’évolution de son portefeuille de ventes de produits énergétiques.

La crise sanitaire, que nous vivons tous actuellement, n’a donc pas ébranlé nos convictions. Car l’énergie s’inscrit dans un temps long

et la demande d’énergie poursuivra sa croissance. Les projections estiment qu’environ 10 milliards d’individus auront besoin d’un accès

  • l’énergie en 2050, soit une augmentation de l’ordre de 50 % par rapport à aujourd’hui. Notre rôle

Vers la neutralité carbone

L’Accord de Paris appelle à

une neutralité carbone de la société dans la seconde moitié du siècle. L’ambition du Groupe est d’atteindre la neutralité dès 2050, en phase avec la société, pour l’ensemble de ses activités mondiales, depuis sa production jusqu’à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques vendus. Le Groupe ne pourra pas

y arriver seul ; nous le ferons avec nos clients bien sûr, mais aussi

avec les sociétés et les gouvernements des pays où nous opérons, car

il sera essentiel que les États mettent en œuvre des politiques permettant cette neutralité carbone.

Le premier volet de cette ambition est une neutralité pour le Groupe sur ses propres émissions, les émissions de GES qui proviennent de nos installations (scopes 1 et 2).

Objectif : moins de

40

Mt CO2e

d’émissions de GES scopes  1 et 2 sur les installations Oil & Gas opérées en 2025.

Éoliennes offshore en mer du Nord.

Nous les maîtrisons et en sommes responsables ; arriver à la neutralité carbone sur ce périmètre est un objectif évident. Nous comptons réduire nos émissions directes, grâce à notre efficacité énergétique, en éliminant le brûlage de routine, en électrifiant nos processus

et en réduisant les émissions

de méthane. Pour le reste, car il y aura des émissions résiduelles, nous développons des projets de puits

de carbone, comme les solutions fondées sur la nature, en investissant dans les forêts ainsi que dans le captage et le stockage de CO2.

Sur le chemin de cette neutralité, Total s’est fixé un objectif intermédiaire de diminution

des émissions de ses installations Oil & Gas opérées de 46 Mt CO2e en 2015 à moins de 40 Mt CO2e d’ici à 2025, alors que sur la même période, les productions du Groupe auront crû de près de 50 %.

Notre ambition 2050 nécessite ensuite une neutralité conjointe avec nos clients, en réduisant avec eux leurs émissions directes (scope 1) qui correspondent à nos émissions indirectes (scope 3). Car nous n’avons pas la maîtrise de ces émissions indirectes. En effet, l’énergie est une commodité et pour ce type

de bien, c’est la demande qui crée l’offre, et non l’inverse. Total

ne fabrique pas d’avions, de voitures

ou de ciment, et ne peut pas décider si un véhicule ou un avion va utiliser de l’essence, de l’électricité

ou de l’hydrogène. Mais Total peut contribuer activement aux choix de ses clients et leur proposer des produits énergétiques de moins en moins carbonés et, en suivant le rythme auquel ils les adoptent, les aider à consommer moins d’énergie et des énergies avec une intensité carbone plus faible.

Des politiques publiques incitatives seront indispensables pour accompagner ces efforts. Dans ce cadre, dès lors qu’une région du monde s’engagera sur le chemin de la neutralité carbone, Total sera au rendez-vous.

L’Europe a été pionnière dans ce domaine. Le Groupe s’engage donc à atteindre la neutralité carbone en Europe 1 pour l’ensemble

de sa production et des produits énergétiques utilisés par ses clients en 2050 ou avant (scopes 1+2+3). L’Europe représente de l’ordre

de 60 % des émissions scope 3 de Total, il s’agit donc d’un engagement majeur pour le Groupe. Nous sommes convaincus que l’Europe va adopter des politiques, des réglementations et un prix du carbone en ligne avec son ambition, ce qui nous permettra d’atteindre conjointement cette neutralité carbone. Sur la route de cette neutralité en Europe à l’horizon 2050, nous nous fixons un objectif intermédiaire à l’horizon 2030, celui que les émissions scope 3 liées aux produits utilisés par nos clients en Europe baissent de 30 % en valeur absolue par rapport à 2015.

Enfin, au niveau mondial, le Groupe étendra cet engagement de neutralité à d’autres régions lorsqu’elles

Ambition de réduction de l’indicateur d’intensité carbone moyenne des produits énergétiques utilisés par les clients de Total.

1. Désigne ici l’Union européenne, le Royaume-Uni

et la Norvège.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

35GW

Objectif de capacité de génération électrique d’origine renouvelable en 2025.

porteront le même objectif que celui de l’Europe, afin d’atteindre avec l’ensemble de la société une neutralité globale. D’ores et déjà, sans attendre ces nouveaux engagements régionaux, nous portons notre ambition mondiale de réduction de l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques utilisés par nos clients à plus de 60 % d’ici à 2050, avec des étapes intermédiaires de 15 % en 2030

et de 35 % en 2040 (scope 1+2+3). D’autre part, compte tenu de l’évolution attendue de ses clients en Europe, le Groupe peut s’engager d’ores et déjà à ce que les émissions scope 3 au niveau mondial baissent en valeur absolue d’ici à 2030.

Des étapes clés

Cette ambition, pour l’Europe et le reste du monde, implique pour le Groupe une diversification de son mix énergétique. En 2015,

nos ventes étaient composées à 66 % de produits pétroliers, à 33 % de gaz et à moins de 1 % d’électricité. En quatre ans, notre mix a déjà nettement évolué, puisqu’en 2019 nous vendions 55 % de produits pétroliers, 40 %

de gaz naturel et 5 % d’électricité.

Pour atteindre en 2030 une réduction de 15 % de l’indicateur d’intensité carbone des produits du Groupe, nous envisageons un fort développement dans l’électricité, notamment renouvelable, qui représenterait alors 15 % de nos ventes, pour 35 % de produits pétroliers et 50 % de gaz.

Le Groupe poursuit donc ses efforts pour devenir un acteur majeur dans les énergies renouvelables ;

il rehausse son objectif d’investir dans une capacité brute de génération électrique d’origine renouvelable à 35 GW en 2025.

Total a alloué depuis 2015 plus de 10 % de ses investissements à l’électricité bas carbone, niveau le plus élevé parmi les majors, et portera cette part en moyenne à plus de 15 % entre 2021 et 2025, puis à plus de 20 % entre 2026 et 2030.

Pour façonner ce Groupe multi- énergies, nous agissons sur trois axes : nos émissions, nos produits

et la demande de nos clients.

Agir sur nos émissions

Pour réduire ses émissions, le Groupe poursuit tout d’abord ses efforts pour améliorer durablement l’efficacité énergétique de ses installations industrielles : celle-ci a progressé de plus de 10 % depuis 2010.

Un programme d’investissement

de 450 millions de dollars, entre 2018 et 2025, y est dédié dans la branche Raffinage-Chimie, qui représente 66 % de la consommation énergétique du Groupe, tandis que dans l’amont le brûlage de routine a été diminué de plus de 80 % depuis 2010.

D’autre part, le Groupe réduit

ses émissions de méthane. En effet, pour jouer pleinement son rôle dans la transition énergétique,

la chaîne intégrée du gaz naturel doit limiter le plus possible ses émissions de méthane, dont le pouvoir

Station-service à hydrogène en Allemagne.

N° 2

Total est le n° 2 mondial sur le marché du GNL.

de réchauffement climatique est très supérieur à celui du CO2. Le Groupe s’est donc engagé à maintenir sur les installations gazières opérées des émissions de méthane proches de zéro, avec un objectif de moins de 0,1 % du gaz commercial produit. Total s’est également engagé dans une seconde phase de partenariat avec l’OGMP (Oil & Gas Methane Partnership) pour un programme de reporting du méthane plus ambitieux, en particulier en élargissant progressivement le périmètre

aux actifs non opérés.

Pour maintenir cette forte dynamique sur la réduction des émissions, une task force dédiée à la lutte contre le CO2 a été créée en 2019, regroupant les diverses compétences du Groupe, et un affichage systématique des émissions à l’entrée des sites industriels a été mis en place pour sensibiliser et mobiliser les équipes. La baisse des émissions passe aussi par un grand nombre de petits projets : un exercice bottom-up d’identification de

ces projets a été lancé en 2020 auprès des différents sites du Groupe et a permis d’en identifier plus de 500, en cours d’analyse ou, pour certains, déjà en phase de réalisation.

Agir sur nos produits

Le Groupe réduit progressivement le contenu carbone moyen de son mix de produits énergétiques et, pour cela, fait évoluer résolument ce mix vers davantage de gaz et d’énergies renouvelables.

Total renforce ainsi sa présence sur toute la chaîne de valeur du gaz, en particulier dans le GNL, le marché dans lequel la croissance est la plus forte (10 % par an entre 2015 et 2019) et dans lequel nous occupons une position de n° 2 mondial. Le Groupe renforce d’une part sa capacité

de production, avec deux projets majeurs, Arctic LNG 2 en Russie et Mozambique LNG, et développe d’autre part de nouveaux marchés grâce à des usines de liquéfaction comme celle de Dhamra en Inde,

« Total poursuit son expansion sur toute la chaîne de valeur des énergies renouvelables. »

afin de faciliter l’accès au gaz et promouvoir un passage du charbon au gaz dans la génération électrique, diminuant ainsi significativement les émissions de CO2.

Ce développement du gaz naturel s’accompagnera de l’incorporation d’une part croissante de biogaz ou d’hydrogène ; le Groupe est favorable

  • des seuils minimaux d’incorporation de ces énergies « vertes » dans le gaz, comme cela a été fait avec les biocarburants. Afin d’accélérer son développement dans l’hydrogène bas carbone, Total a créé en 2020 une nouvelle Business Unit dédiée
  • cette énergie ; le Groupe poursuit le déploiement de stations en Allemagne (83 stations), a inauguré sa première station en France et envisage un projet d’hydrogène vert dans sa bioraffinerie de La Mède, en France, avec un électrolyseur alimenté par des fermes solaires.

Total poursuit également son expansion de manière intégrée sur la chaîne de valeur des énergies renouvelables. En un an, la capacité brute de génération électrique renouvelable du Groupe aura plus que doublé, atteignant 6 500 MW fin 2020, contre 3 000 MW en 2019. Cette croissance est le résultat d’une accélération des projets

au cours de l’année 2020,

avec notamment plus de 5 000 MW de projets éoliens en France, au Royaume-Uni et en Corée

du Sud, plus de 2 000 MW d’actifs solaires en opérations en Inde, plus de 5 000 MW de projets solaires en Espagne et, enfin, une ferme solaire géante de 800 MW au Qatar. D’autre part, à l’autre extrémité

de la chaîne de valeur, le Groupe développe son marketing en Europe (France, Espagne, Belgique et

« Notre stratégie bas carbone crée de la valeur pour toutes les parties prenantes du Groupe. »

Royaume-Uni), avec un portefeuille de près de 9 millions de clients gaz-électricité en 2020.

Agir sur la demande

Pour accompagner nos clients sur

le chemin de la transition énergétique,

le Groupe conduira résolument

une politique marketing orientée vers

les produits les moins carbonés et

2 0

réduira son offre sur certains usages

2 0

pour lesquels il existe des alternatives

R E

bas carbone compétitives.

T E M B

Ainsi, Total s’engage à ne plus

S E P

vendre de fuel-oil qui serait destiné

à la génération électrique d’ici à 2025.

N E

Pour le chauffage domestique,

B O

le Groupe incite ses clients en France

A R

à passer du fioul domestique

C

à l’électricité, au gaz ou au bois,

É

L I T

via une offre spécifique.

U T R A

Dans le domaine de la mobilité

N E

électrique, le Groupe tire parti

L A

du savoir-faire de sa filiale Saft

R S

et a annoncé la création d’une société

V E

conjointe avec le Groupe PSA pour

développer la fabrication de batteries

pour véhicules électriques. Le Groupe

a aussi obtenu la concession

de 20 000 nouveaux points de charge

pour véhicules électriques dans

la région d’Amsterdam.

Pour le transport maritime, Total

a signé un accord avec CMA CGM

pour favoriser le GNL carburant

marin en remplacement du fuel.

Développer des puits de carbone

En complément de ces trois axes

d’action, le Groupe investit

dans deux grandes catégories de

puits de carbone – les puits naturels,

comme la reforestation et le captage

et stockage du CO2 (CCS) – ainsi que dans des programmes de R&D visant à développer des technologies d’émissions négatives comme la Direct Air Capture.

Ainsi, une nouvelle Business Unit, Nature Based Solutions, a été créée avec un budget d’investissement de 100 millions de dollars par an

  • partir de 2020 et un objectif de capacité de stockage durable
    de 5 Mt CO2 par an d’ici à 2030. Un premier projet d’agroforesterie en Amérique du Sud est sur le point d’être lancé, et plusieurs autres opérations sont en cours de négociation avec nos partenaires. La restauration et la conservation de forêts séquestreront plusieurs dizaines de millions de tonnes de carbone au cours des trente prochaines années. En zone géographique tropicale ou tempérée, ces projets incluent systématiquement les chaînes de valeur associées
    aux productions agricoles et forestières locales, en partage avec les populations locales, de manière
  • réduire à la source les causes

de déforestation et de changement d’utilisation des sols.

Dans le domaine du CCS, Total a lancé, aux côtés d’Equinor et de Shell, le projet Northern Lights en Norvège, premier grand projet pour le Groupe dédié à la décarbonation d’industries ayant peu d’alternatives aux énergies fossiles (comme la sidérurgie ou

les cimenteries), avec une première phase de 1,5 Mt CO2 par an. D’autres projets sont à l’étude, en particulier aux Pays-Bas en valorisant les champs offshore déplétés que nous opérons.

Une dynamique collective

Cette dynamique ne sera durable que si elle est partagée. C’est pourquoi le Groupe s’engage dans des partenariats avec les autorités et les consommateurs, et appuie

les politiques favorables à la neutralité carbone, en particulier la tarification du carbone. Le prix du carbone

est un levier majeur pour favoriser

5

Mt CO2/an

Objectif de stockage durable dans

des puits de carbone naturels d’ici 2030.

les technologies les moins émettrices. Il faut bien sûr veiller à ce que

sa trajectoire soit supportable par les clients, particuliers et entreprises. Nous soutenons ainsi l’idée d’un dividende carbone, initiative portée par le Climate Leadership Council, dont Total est membre fondateur, qui propose un mécanisme à la fois incitatif pour le consommateur et redistributif au sein de la population vers les classes les moins aisées. D’autre part, le Groupe intègre pour chacun de ses investissements un prix du CO2 de 40 $/t et une analyse de sensibilité à 100 $/t à partir de 2030.

Enfin, Total est membre de nombreuses associations professionnelles et revoit chaque année l’alignement des principales

Centrale solaire SunPower Total, Prieska, Afrique du Sud.

d’entre elles avec ses propres positions sur le sujet climatique. Pour la très grande majorité, ces positions sont alignées avec celles du Groupe, mais pour certaines, des points d’attention, voire des divergences, subsistent. Cette année, le Groupe a décidé de se retirer d’une association et d’engager un dialogue exigeant avec deux autres pour promouvoir, en tant que membre, ses propres positions.

« Actions speak louder than words »

Le Groupe n’est crédible sur son ambition 2050 que parce qu’il est capable de montrer le chemin dès aujourd’hui, ce qu’il fait résolument : aucune major n’a décarboné son mix énergétique comme Total. Entre 2015 et 2019, le Groupe a réduit

de 6 % l’intensité carbone des produits énergétiques vendus. Cette performance correspond à des investissements majeurs, de plus de 20 milliards de dollars,

qui ont permis au Groupe de multiplier ses ventes d’électricité bas carbone par près de huit et de GNL par

plus de trois. Et cette dynamique se poursuit : nous aurons dès 2020 près de 9 millions de clients gaz-électricité en Europe. « Actions speak louder than words », comme disent les Anglo-Saxons.

Total bouge, Total se transforme

et met en œuvre sa mission de fournir une énergie à la fois plus disponible et plus propre : ainsi, pour 2030, nous projetons de fournir un tiers d’énergie en plus par rapport à 2015, tout en réduisant les émissions associées (scope 1+2+3) puisque nous sommes la première major

  • nous engager à ce que les émissions scope 3 liées aux produits utilisés par nos clients baissent
    en valeur absolue d’ici à 2030.

Nous avons la conviction que cette stratégie bas carbone représente un avantage compétitif majeur car elle crée de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes du Groupe : clients, salariés, actionnaires et la société civile dans son ensemble. La transition énergétique du Groupe aligne ainsi profondément les intérêts de l’ensemble de ses parties prenantes.

La neutralité carbone chez Total, ce ne sont donc pas que des mots, c’est un chemin sur lequel nous sommes résolument engagés,

ce sont des investissements concrets, une diversification de nos activités et le développement de nouvelles compétences.

40 $/t

Prix du CO2 intégré par Total pour chacun de ses investissements.

« Total franchit un nouveau cap »

Entretien avec Marie-ChristineCoisne-Roquette, présidente du groupe Sonepar, Administrateur Référent de Total et présidente du Comité

de gouvernance et d’éthique du Groupe.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Administrateur Référent de Total, Marie-ChristineCoisne-Roquette

préside le Comité de gouvernance et d’éthique.

Comment accueillez-vous la nouvelle ambition Climat ?

La nouvelle ambition de neutralité carbone à l’horizon 2050, annoncée le 5 mai 2020, engage une profonde évolution du Groupe sur les trente prochaines années. Elle a été, pour le Conseil d’administration, un motif d’enthousiasme :

nous franchissons un nouveau cap. Face à l’enjeu climatique, Total

a construit une politique qui s’est

  • la fois précisée et élargie dans le temps. Elle s’inscrit aujourd’hui dans un cadre holistique où toutes les dimensions et les activités
    du Groupe ont trouvé leur place.

Comment le Groupe entend-il concilier son développement et la transition énergétique ?

Le monde a un besoin croissant d’énergie et Total travaille à

y répondre de la meilleure manière possible. Le Groupe aborde

la transition énergétique avec la culture du long terme

qui caractérise ses activités et la culture de dialogue qu’il développe vis-à-vis de ses parties prenantes. Conscient que la transition énergétique nécessite le concours de tous les acteurs, il mobilise autour de lui pour favoriser l’évolution de la demande et des cadres réglementaires.

Comment le Conseil d’administration s’engage-t-il aux côtés de Total sur le climat ?

Le Conseil évalue les projets proposés par le Comex. Il suit de près les questions climatiques, observe les évolutions du secteur, challenge les orientations proposées par la direction du Groupe. De son côté, celle-ci nous associe de près aux décisions sur les business bas carbone. Ainsi, le Comex a choisi de consulter le Conseil sur le récent projet d’investissement dans la distribution d’électricité en Espagne.

Nous avons la chance de compter parmi les membres du Conseil des personnalités disposant d’un haut niveau d’expertise sur le climat. Elles éclairent nos réflexions sur le rythme de la transformation engagée ou sa cohérence avec différents scénarios d’évolution

de la demande.

Quelle évolution avez-vous constatée depuis votre arrivée au Conseil ?

Présente au Conseil depuis 2011

  • année de notre entrée au capital de SunPower -, j’ai vu la montée en puissance du climat dans
    les sujets soumis au Conseil par le management. L’Accord de Paris, en 2015, a été un tournant.
    Au lieu d’une approche défensive Total a choisi une approche proactive en cherchant à devenir un acteur
    de la transition. Sous l’impulsion
    de Patrick Pouyanné, cette approche s’est construite pour devenir
    un enjeu de transformation managériale et stratégique.

Net Zéro d’ici 2050

Total a l’ambition d’atteindre la neutralité carbone

  • horizon 2050, en phase avec la société, pour l’ensemble de ses activités mondiales, depuis sa production jusqu’à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques vendus.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Notre ambition

Total a annoncé le 5 mai 2020 son ambition climat à horizon 2050 : atteindre la neutralité carbone pour l’ensemble

de ses activités, depuis sa production jusqu’à l’utilisation

des produits énergétiques vendus à ses clients (scope 1+2+3), en phase avec la société. Cette ambition est soutenue

par une stratégie intégrée sur les chaînes de valeur du gaz, de l’électricité bas carbone et des carburants liquides, ainsi qu’avec le développement de puits de carbone.

Total soutient les objectifs

de l’Accord de Paris et la stratégie du Groupe a pour ambition d’être en ligne avec ces objectifs :

la stratégie de Total est fondée sur les anticipations des évolutions des marchés de l’énergie qui résulteront des objectifs

de l’Accord de Paris et vise à saisir les opportunités business liées

à la décarbonation de l’énergie. Cette stratégie est résiliente avec des prix d’hydrocarbures long terme alignés sur un scénario « bien en dessous de 2 °C ».

Elle se déploie avec des résultats concrets puisque Total est

le leader parmi les majors pétrolières en matière de réduction de l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques vendus, avec une baisse de 6 %

déjà réalisée depuis 2015.

Sur le chemin de la neutralité carbone

Total partage l’ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, conjointement avec la société, pour l’ensemble de ses activités, depuis sa production jusqu’à l’utilisation des produits énergétiques vendus à ses clients (scope 1+2+3). Afin d’aider le monde et Total à atteindre la neutralité carbone,

40Objectif : moins de

 Mt CO2e

d’émissions de GES scopes 1 et 2 sur les installations Oil & Gas opérées en 2025.

TROIS AXES MAJEURS POUR ATTEINDRE LA NEUTRALITÉ CARBONE

1. Neutralité carbone

(Net Zéro) pour

les opérations mondiales 

de Total en 2050 ou

avant (scope 1+2)

Total soutiendra activement les politiques favorables à la neutralité carbone, y compris la tarification du carbone, et mobilisera

ses ressources non seulement pour réaliser ses propres ambitions mais également pour aider

les pays et les entreprises à atteindre la neutralité carbone. Total collaborera avec les autres acteurs économiques pour permettre la décarbonation de la consommation énergétique.

Pour réaliser cette ambition,

là où les Gouvernements d’une région donnée s’engageront à adopter

des politiques et réglementations pour atteindre la neutralité carbone, Total s’engagera également

à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 pour toute sa production et les produits énergétiques vendus à ses clients dans la région

concernée. Comme l’UE a fixé un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 et a donc ouvert la voie

  • d’autres régions pour atteindre progressivement la neutralité carbone, Total prend cet engagement pour toutes ses activités en Europe 1.

Pour atteindre cette neutralité carbone, Total prévoit de revoir ses objectifs de réduction d’émissions en fonction des avancées des politiques publiques, des technologies bas carbone et des actions menées par d’autres acteurs, y compris ses clients, avec son soutien actif.

Mobilisation des sites pour réduire leurs émissions

La baisse des émissions des activités du Groupe constitue le premier challenge. Il s’agit en particulier de mobiliser les équipes opérationnelles sur site ; ainsi, en 2020, plus de 500 initiatives pour agir sur ces émissions

ont été identifiées. Elles impliquent un renforcement de l’efficacité énergétique des sites, de nouvelles philosophies opératoires, des optimisations de processus ou des modifications d’installations.

À l’horizon 2025, le Groupe s’est fixé une première étape avec

2. Neutralité carbone

(Net Zéro) en Europe1

pour l’ensemble

de sa production

et de l’utilisation de

ses produits énergétiques

vendus à ses clients

en 2050 ou avant

(scope 1+2+3)

3. Réduction de 60 % ou

plus de l’intensité carbone

moyenne des produits

énergétiques de Total

utilisés dans le monde

par ses clients d’ici 2050

(moins de 27,5 gCO2e/MJ)

avec des étapes

intermédiaires de 15 %

en 2030 et de 35 %

en 2040 (scope 1+2+3)

1. L’Europe désigne ici l’UE, la Norvège et le Royaume-Uni

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

-15 %

Total vise une baisse de 15 % de l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques utilisés par ses clients entre 2015 et 2030.

l’objectif de réduire les émissions de GES de Scope 1 (émissions directes) et scope 2 (émissions indirectes liées à l’achat d’énergie) sur les installations Oil & Gas opérées de 46 Mt CO2e en 2015 à moins de 40 Mt CO2e.

D’autre part, le Groupe vise une neutralité carbone sur l’ensemble des achats d’électricité des sites opérés en Europe

d’ici 2025. La totalité des besoins en électricité des sites, dont

les raffineries, serait ainsi couverte par de l’électricité renouvelable produite par les capacités régionales de Total.

Vers des produits énergétiques moins carbones

Le Groupe s’est fixé comme ambition de réduire l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques utilisés par ses clients. Cette baisse dépendra de l’évolution des modes de consommation de la société

et des politiques publiques mises en œuvre pour accompagner

les consommateurs. À court terme

Total vise une baisse d’au moins 15 % entre 2015, date de l’Accord de Paris, et 2030. À plus long terme ces efforts seront poursuivis, voire accélérés, avec une réduction de 35 % en 2040 et de 60 % ou plus en 2050.

Pour cela, le mix des ventes de produits énergétiques du Groupe évoluera : alors qu’en 2015 il était très majoritairement composé de produits fossiles dont

2/3 de produits pétroliers et 1/3 de produits gaziers, il pourrait inclure en 2030 15 % d’électricité, 50 % de produits gaziers et environ 35 % de produits pétroliers

(dont 15 % de biocarburants).

Allocation des investissements

Chaque investissement significatif, y compris dans l’exploration, l’acquisition ou le développement des ressources pétrolières

et gazières et dans d’autres énergies et technologies fait l’objet d’une évaluation prenant en compte les objectifs de l’Accord de Paris. Total établira chaque année un rapport sur les critères utilisés, incluant

les hypothèses de prix du pétrole, du gaz et du carbone ainsi que les progrès réalisés.

500Plus de

initiatives identifiées sur le terrain en 2020 pour faire baisser les émissions.

Panneaux solaires sur toiture aux Émirats Arabes Unis.

Total s’appuie sur un scénario de prix du pétrole et du gaz à long terme compatible avec

les objectifs de l’Accord de Paris, utilisant une trajectoire de prix qui converge vers le scénario SDS de l’AIE. Même si les prix du CO2 ne s’appliquent pas actuellement dans tous les pays où il opère,

le Groupe intègre un prix du CO2 de 40 $/t dans toutes ses décisions d’investissement

et procède à une analyse

de sensibilité avec un prix du CO2 de 100 $/t à partir de 2030.

Dans l’amont, Total privilégie la création de valeur par rapport aux volumes. Dans les énergies renouvelables, le Groupe poursuit son développement pour devenir un acteur international majeur.

Total alloue aujourd’hui plus de 10 % de ses investissements à l’électricité bas carbone, niveau le plus élevé parmi les majors. Il augmentera cette part pour atteindre plus de 20 % d’ici 2030.

Les scénarios qui sous-tendent notre stratégie

  • HISTORIQUE DES ÉMISSIONS MONDIALES
  • DE GES LIÉES À L’ACTIVITÉ HUMAINE

Basé sur les PRG1 de l’AR4, en particulier PRG100CH4 = 25

Les émissions de GES ont plus que doublé depuis

e/an)

60

55 Gt CO2e en 2018

50 ans et la consommation d’énergie fossile représente

plus de 80 % des émissions mondiales de CO2

2

et de l’ordre des deux tiers des émissions de GES.

(GtCO

50

24 %

GES

Afin d’illustrer la différence entre les scopes 1, 2 et 3

40

25 Gt CO2e en 1968

10 %

de

3 %

(explicitée au chapitre suivant), on notera que sur

30

14 %

202E0

mondiales

ce graphique, les émissions de GES de 55 Gt CO2e

20

22 %

CO2

correspondent à la somme des émissions scope 1

76 %

TPESE M B R

des entreprises et des émissions des individus.

Émissions

0

1968

1978

1988

1998

2008

2018

n’interviennent pas.

Il s’agit d’une somme des émissions directes.

10

27 %

Les émissions indirectes Scope 2 et Scope 3

N E

1. Potentiel de Réchauffement Global.

Méthane et protoxyde d’azote

CO2 issu du gaz

B O

2. Utilisation des Terres, Changement d’Affectation des Terres et foresterie.

CO2 issu de l’UTCATF2

CO2 issu du pétrole

A R

Source : Global Carbon Project et Cinquième rapport du GIEC.

CO2 issu du ciment et brûlage

CO2 issu du charbon

C

N E U T R A L I T É

  DEMANDE MONDIALE D’ÉNERGIE PRIMAIRE

L A

R S

Mbep/j

V E

Pour contenir l’augmentation de la température bien

2018

2040

2050

350

en dessous de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle,

300

selon les scénarios du GIEC, l’humanité doit atteindre

la neutralité carbone entre 2050 et 2070. Afin de définir

250

un mix énergétique adapté aux besoins en énergie

200

et limitant les émissions, Total analyse les scénarios

de l’AIE jusqu’en 2040 et a élaboré ses propres

150

scénarios, décrits dans le Total Energy Outlook

pour le long terme jusqu’en 2050. Ces projections

100

mettent en lumière des enjeux décisifs et définissent

50

les possibilités d’évolution du mix énergétique.

0

Le scénario « Rupture », compatible avec une

AIE

AIE SDS

TEO Rupture

TEO Rupture

augmentation de la température bien en dessous de

2 °C, suppose des évolutions majeures, technologiques,

Gaz

Nucléaire

économiques et politiques. Ce scénario présente

Pétrole

Renouvelables

en 2050 une faible croissance de la demande en énergie

Charbon

et une forte évolution du mix : les renouvelables auront

plus que triplé, le gaz aura progressé, le charbon

Sources : AIE World Energy Outlook 2019, Total Energy Outlook

sera devenu résiduel et le pétrole aura nettement décru.

Scope 3 :

de nouveaux objectifs

Total a la maîtrise des émissions liées à ses activités (scopes 1 et 2). Il est ainsi en mesure de déployer des actions visant à les réduire. En revanche, la trajectoire des émissions associées à l’usage de ses produits par les clients (scope 3) va dépendre de bien d’autres facteurs, et en particulier des modes de consommation des clients.

Le standard du GHG Protocol 1 classe les émissions de GES des entreprises selon trois périmètres ou « scopes » :

  • le scope 1, qui regroupe les émissions directement liées aux activités de l’entreprise ;
  • le scope 2, qui comptabilise les émissions indirectes liées à la production, par un tiers, de l’énergie électrique ou calorifique utilisée pour les activités de l’entreprise ;
  • le scope 3, qui correspond aux autres émissions indirectes.

Au titre du scope 3, Total rapporte notamment les émissions liées à l’utilisation par les clients des produits vendus pour usage final, c’est-à-dire leur combustion pour obtenir de l’énergie.

Comprendre le scope 3 d’un groupe multi-énergie : quelques exemples

85 % à 90 % des émissions des produits pétroliers ont lieu lors de leur utilisation (scope 3) contre seulement 10 à 15 % lors de leur production (scopes 1 et 2).

Les émissions indirectes scope 3 comptabilisées pour un fournisseur de produits énergétiques correspondent aux émissions directes (scope 1)

du consommateur de ces produits. Par exemple, les émissions associées au kérosène vendu par le Groupe entrent d’abord dans le scope 1

de la compagnie aérienne qui utilise ce carburant, mais sont aussi comptabilisées dans le scope 3 des émissions indirectes de Total.

Par ailleurs, les émissions scope 3 ne sont pas additives ; un même volume d’émissions est comptabilisé dans les scopes 3 de plusieurs autres acteurs de la chaîne de valeur concernée. Dans notre exemple, les émissions liées à un trajet

en avion sont comptabilisées

de manière directe dans le scope 1 de la compagnie aérienne mais aussi, de manière indirecte, dans les scopes 3 du constructeur de l’avion, du fabricant du moteur, du fournisseur de carburant et de l’aéroport.

Prenons un autre exemple avec le secteur du ciment. Lors de

la cuisson dans des fours à haute température, le calcaire produit de grandes quantités de CO2. Ainsi plus de 60 % des émissions de GES pour la production

85Plus de

%

des émissions des produits pétroliers ont lieu lors de leur utilisation (scope 3)

1. Le Green House Gas Protocol est un partenariat mis en place en 1997 entre le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD).

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

d’une tonne de ciment proviennent de la réaction chimique, les autres émissions provenant de la combustion pour chauffer les fours. Les émissions sont comptabilisées, de manière directe, dans le scope 1 du cimentier mais aussi, de manière indirecte, dans les scopes 3

du fabricant des fours à ciment,

du constructeur de l’usine de ciment, et du fournisseur d’énergie. Pour ce dernier, seules les émissions associées à la combustion sont inventoriées soit sur le schéma 4 tCO2 pour Total sur les 11 tCO2 émises par le cimentier.

Pour le bilan mondial des émissions de GES, seules les émissions directes (scope 1) sont additionnées, les émissions indirectes (scope 2 et 3) ne le sont pas.

Émissions scope 3 liées aux produits utilisés par les clients de Total : des objectifs pour 2030

Pour un groupe multi-énergies comme Total, l’estimation du scope 3 permet d’appréhender les émissions des produits vendus lors de leur utilisation finale (Scope 3 catégorie 11 dans la nomenclature du GHG Protocol). Les émissions de cette catégorie sont calculées à partir

des ventes de produits finis dont l’étape suivante est l’usage final, c’est-à-dire leur combustion pour obtenir de l’énergie. À ces ventes sont appliqués des facteurs d’émissions stœchiométriques (oxydation des molécules en dioxyde de carbone) pour obtenir une quantité d’émission1.

Les volumes pris en compte incluent les produits liquides vendus

par le Marketing & Services

et le Raffinage 2 (produits pétroliers, biocarburants), les ventes de GNL issues des quotes-parts Total

de production ainsi que les ventes commerciales de gaz naturel par iGRP.

Pour Total, l’Europe représente

de l’ordre de 60 % de ces émissions indirectes scope 3. Elles sont principalement liées aux ventes de produits pétroliers (1,5 Mb/j en 2019) et à la commercialisation de produits gaziers (10 Gm3/a en 2019).

Sur ces émissions Scope 3,

le Groupe se donne de nouveaux objectifs d’ici 2030 :

  • En Europe, une réduction de 30 % des émissions en valeur absolue par rapport à 2015, étape majeure vers la neutralité en 2050.

  ÉMISSIONS SCOPE 3 EN MT CO2e

400

200

-30 %

2015

2030

Reste du monde

Europe

  • À l’échelle mondiale, une diminution en valeur absolue des émissions par rapport à 2015, malgré
    la croissance prévue de la demande d’énergie de nos clients dans la décennie à venir.
  1. Les facteurs d’émission utilisés proviennent d’une note technique du CDP : Guidance methodology for estimation of scope 3 category 11 emissions for oil and gas companies.
  2. Ventes massives.

  SECTEUR DE L’AVIATION

Exemple : émissions liées au kérosène pour un vol de 1 000 km

COMPAGNIE AÉRIENNE

22 tCO2

AVIONNEUR TOTAL AÉROPORT

22 tCO222 tCO22 tCO2*

MOTORISTE

22 tCO2

Source : Direction Générale de l’Aviation Civile et ADP (Aéroports de Paris), pour un vol de 200 passagers.

* Émissions liées au décollage et à l’atterrissage.

Scope 1

Fourniture de biens

et services

Scope 3

(ne s’additionne pas)

  SECTEUR DU CIMENT

Exemple : émissions liées à la construction d’une maison de 100 m²

CIMENTIER

11 tCO2

CONSTRUCTEUR D’USINE DE CIMENT

TOTAL

11 tCO2

4 tCO2*

FABRICANT DE FOUR À CIMENT

11 tCO2

Source : facteurs SETIS, application pour 18 t de ciment. * Émissions liées à la combustion.

Un indicateur pour mesurer l’intensité carbone des produits

Total a conçu un indicateur d’intensité carbone évaluant les émissions moyennes de GES des produits énergétiques utilisés par les clients du Groupe. Cet indicateur permet de suivre l’évolution de la demande de nos clients vers des produits moins carbonés et d’évaluer le rythme de la transition énergétique.

L’indicateur d’intensité carbone permet d’estimer les émissions associées aux produits énergétiques utilisés par les clients du Groupe.

Cet indicateur mesure les émissions moyennes de GES de ces produits, sur l’ensemble de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur utilisation finale, par unité d’énergie.

Il est calculé comme le quotient entre :

Au numérateur :

  • les émissions liées à la production et à la transformation des produits énergétiques utilisés par les clients de Total, calculées sur la base des taux moyens d’émission du Groupe ;
  • les émissions liées à l’utilisation des produits énergétiques par les clients de Total, calculées par application de facteurs d’émissions stœchiométriques par produit pour obtenir une quantité d’émissions. Les produits à usage non combustible (bitumes, lubrifiants, plastiques, etc.) ne sont pas pris en compte ;
  • les émissions négatives du Groupe stockées grâce au CCS et aux puits de carbone naturels.

Au dénominateur :

  • la quantité d’énergie vendue, sachant que l’électricité est ramenée à un pied d’égalité sur une base fossile en prenant en compte des taux de charge et d’efficacité moyens.

Comme recommandé par l’IPIECA, dans le cadre d’une entreprise intégrée, lorsqu’il y a des arbitrages à effectuer sur une chaîne de valeur, les flux maximaux de cette chaîne sont comptabilisés.

Cet indicateur d’intensité carbone a baissé de 6 % entre 2015 et 2019. Un record dans le secteur, grâce au développement du gaz et des renouvelables et aux actions mises en œuvre dans les branches pour améliorer l’efficacité énergétique.

  • INTENSITÉ CARBONE NETTE DES PRODUITS VENDUS Base 100 en 2015

Ambition

vs. 2015

Réalisé

> - 15 %

– 35 %

– 60 %

100

– 6 %

ou plus

30

2015

2019

2030

2040

2050

17

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Agir  sur les émissions

Réduire les émissions de GES issues des activités

du Groupe est le premier pas vers la neutralité. D’ici 2050, Total ambitionne de réduire ses émissions directes de moitié, notamment grâce à une efficacité énergétique accrue, l’élimination du brûlage de routine, l’électrification

des processus et la poursuite de la réduction des émissions de méthane issues des productions de pétrole et de gaz.

Efficacité

énergétique

Optimisation technologique et innovation, associées à une culture climat de plus en plus forte, font progresser l’efficacité énergétique des sites opérés.

Raffinerie de Jubail, Arabie saoudite.

Le Groupe s’est fixé comme objectif d’améliorer l’efficacité énergétique de ses installations industrielles de 1 % par an. Indice aggloméré d’efficacité énergétique, le Group Energy Efficiency Index (GEEI) a été mis en place dès 2011 pour mesurer les progrès accomplis. Il mesure la consommation nette d’énergie primaire rapportée au niveau d’activité. Depuis 2010, l’efficacité énergétique des installations opérées a été améliorée de plus de 10 %, et Total poursuit ses efforts pour continuer à progresser à ce rythme.

Total a mis en place, au sein de la branche Raffinage-Chimie, qui représente 66 % de la consommation

énergétique du Groupe, un programme spécifique d’investissement de près de 450 M$. Ce plan de performance énergétique, prévu pour une durée de 7 ans (2018-2025), se matérialise par près de 250 projets et se décline en divers domaines d’action : la mesure et le suivi des performances, le partage des bonnes pratiques,

le déploiement des technologies d’amélioration des opérations, l’amélioration de l’intégration thermique, la conception des installations, le système de management de l’énergie et la culture de l’efficacité énergétique.

Par exemple, sur le site de Gonfreville-l’Orcher, en Normandie, Total utilise sur ses fours de vapocraquage 170 capteurs sans fil communiquant via le protocole à bas débit LoRa. Ceci permet d’optimiser l’opération des fours et d’améliorer

CHIFFRES CLÉS

450M$

investis sur 7 ans pour le Raffinage-Chimie, 250 projets engagés.

Plus de

10%

amélioration de l’efficacité énergétique des installations opérées depuis 2010.

l’efficacité énergétique. En outre, sur les bâtiments, 30 capteurs de température mesurent l’efficacité énergétique de la climatisation.

Fin 2020, l’ensemble des sites opérés consommant plus de 50 000 tep/an devraient disposer d’un système de management de l’énergie auditable, en suivant par exemple la norme ISO 50001. Celle-ci définit un cadre pour élaborer une politique d’utilisation plus efficace de l’énergie, et promeut notamment le recours au data management, pour soutenir l’amélioration continue. Tous les sites français de Total sont aujourd’hui certifiés ISO 50001.

CO2 Fighters Squad :

un accélérateur de transition

N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Le CO2 Fighters Squad est un programme transverse du Groupe

logé au sein de la branche GRP.

%

Associant expertise technique

et agilité relationnelle, il est

au service de toutes les branches

pour contribuer à leur objectif

de réduction d’émissions de CO 2.

besoins en électricité de Total en Europe couverts

100Des

Sa mission : accélérer les projets

par des énergies renouvelables d’ici 2025.

de décarbonation des sites,

créer des synergies entre

les organisations et faire émerger

de nouvelles solutions bas carbone.

Le CO 2 Fighters Squad réalise

sur l’ensemble des solutions bas

Le Groupe a recensé un portefeuille

des missions variées : diagnostics

carbone du Groupe, notamment

de plus 500 projets potentiels.

de sites et conseil, études de

développées par la branche GRP

Ces projets sont autant d’opportunités

faisabilité technique et formalisation

mais également par la branche

de décarboner les activités

de business cases, support à la mise

Marketing & Services en matière

du Groupe, avec des solutions aussi

en œuvre de solutions. Il s’appuie

de mobilité durable.

variées que l’installation de fermes

renouvelables sur nos sites de

production, l’hybridation de navires,

l’approvisionnement de nos

COUVERTURE DE L’ACHAT D’ÉLECTRICITÉ DES SITES OPÉRÉS PAR

usines en biocarburants ou encore

le captage-stockage de CO 2

TOTAL EN EUROPE PAR DE L’ÉLECTRICITÉ D’ORIGINE RENOUVELABLE

à la sortie de nos raffineries.

V E R S L A

Pays-Bas

Allemagne

Belgique

France

Espagne

D’autre part, il est prévu de satisfaire l’intégralité des besoins en électricité de Total en Europe dès 2025 avec une électricité d’origine renouvelable, soit près de 6 TWh consommés

par les sites industriels, les sites commerciaux et les bureaux. Ces besoins seront couverts par plusieurs fermes solaires en Espagne acquises par le Groupe en 2020. Elles produiront près

de 10 TWh d’ici 2025 et l’électricité excédentaire sera vendue à des tiers. Ainsi le scope 2 des émissions opérées de GES du Groupe sera réduit de près de 2 Mt CO2 par an.

Objectif zéro  brûlage de routine d’ici 2030

Le Groupe s’est inscrit de longue date dans la réduction du brûlage de routine et conçoit tous ses nouveaux projets sans y recourir. Il s’est engagé à éliminer totalement le brûlage de routine de ses installations opérées d’ici 2030.

Dès 2000, la limitation du brûlage de routine, qui contribue significativement à la baisse des émissions directes de GES, a été identifiée par Total comme une priorité. Le Groupe a alors pris l’engagement de ne plus recourir

  • cette pratique pour ses nouveaux projets. Dans cette dynamique, Total a été en 2014 la première compagnie à rejoindre la Banque mondiale pour lancer l’initiative « Zero Routine Flaring by 2030 ». Celle-ci regroupe aujourd’hui plusieurs compagnies pétrolières et gazières, pays producteurs
    et institutions internationales qui partagent une ambition commune : mettre fin au brûlage de routine des gaz associés

  3 TYPES DE BRÛLAGE

  • la production d’ici 2030. L’objectif intermédiaire de réduction du brûlage de 80 % que s’était fixé Total entre 2010 et 2020 a été atteint dès 2017.

Le Groupe procède à de nombreuses actions de retrofitting sur ses sites (modifications des installations existantes pour les améliorer),

afin de limiter tout type de brûlage.

35 % de réduction au Nigeria en 4 ans

Au Nigeria, le brûlage de routine a été réduit de 35 % en seulement quatre ans, entre 2015 et 2019. Total se fixe désormais comme objectif de supprimer le brûlage de routine au Nigeria dès 2025 et ambitionne de réduire de 70 %

FPSO Egina

tous types de brûlage d’ici-là. Des perspectives portées par la réussite des modifications conduites sur le champ d’Ofon, situé sur le bloc offshore OML 102. Le gaz associé à la production

de pétrole y est comprimé et exporté à terre vers l’usine Nigeria LNG,

Le brûlage de routine, tel que défini par le groupe de travail du programme Global Gas Flaring Reduction de l’Initiative Zero Routine Flaring, associé à la production de pétrole,

a lieu lors de la conduite normale des opérations en l’absence de dispositifs suffisants ou de conditions géologiques adéquates permettant de réinjecter le gaz produit, de l’utiliser sur place ou de le commercialiser. Il se distingue du brûlage occasionnel ou intermittent, et n’inclut pas le brûlage de sécurité qui consiste, lui, à brûler le gaz associé à la production d’huile ou de gaz dans l’objectif d’assurer la conduite sûre

des opérations de l’installation (arrêt d’urgence, tests liés à la sécurité, etc.). 

au lieu d’être brûlé. Le développement d’Egina a été réalisé avec la même stratégie d’export du gaz et d’arrêt du brûlage de routine.

D’autres actions de réduction sont entreprises sur des champs nigérians, comme sur le bloc OML 58 avec l’optimisation de la production qui permet d’éviter le brûlage occasionnel lors des arrêts des compresseurs.

Maîtriser les émissions de méthane 

Puissant GES, le méthane possède un pouvoir

de réchauffement global au moins 25 fois supérieur

  • celui du CO2 sur 100 ans 1. Ses émissions seraient responsables de près d’un quart du réchauffement climatique actuel 2. Les réduire rapidement est indispensable pour que le gaz naturel puisse jouer son rôle d’énergie clé dans la transition énergétique.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Depuis plus de 30 ans, Total agit pour réduire ses émissions de méthane et les rapporte selon une méthodologie détaillée3. Le Groupe affiche l’une des meilleures performances du secteur avec une réduction de 45 %

de ses émissions depuis 2010,

et s’engage en 2020 à maintenir sur les installations gazières opérées des émissions de méthane proches de zéro, avec un objectif de moins de 0,1 % du gaz commercial produit.

En 2019, les émissions de méthane du Groupe ont été de 68 kt, en provenance à 98 % des activités de l’amont. Ces émissions représentent une intensité méthane de l’ordre de 0,2 % du gaz commercial produit, sur l’ensemble des installations opérées huile et gaz de l’amont. L’objectif est de maintenir cette intensité en dessous de 0,2 %.

La plateforme d’Elgin Franklin en mer du Nord.

Pour y parvenir, Total agit sur les principales sources d’émissions de méthane, à savoir le brûlage (lire pages précédentes), les évents et les émissions fugitives.

Pour ses nouveaux projets, le Groupe applique des standards de design qui visent des émissions de méthane proches de zéro : exclusion de l’utilisation du gaz instrument, exclusion

d’évents froids en continu et installation systématique de torches fermées (closed flare) comme cela a été fait sur les sites de CLOV en Angola, de Moho Nord au Congo et d’Egina au Nigeria.

Total a également lancé un programme majeur de réduction des émissions associées aux évents (voir ci-contre) et réduit l’utilisation du gaz instrument sur l’ensemble de ses installations existantes.

<0,2 %

objectif de l’intensité méthane

des installations huile et gaz opérées

01%

,

  OGMP 2.0 : VERS

<

UN NOUVEAU PÉRIMÈTRE

DE REPORTING

une intensité méthane des installations gaz opérées proche de zéro.

Pour détecter les émissions fugitives, Total réalise régulièrement des campagnes de mesure au sol

avec des caméras infrarouges. Ces campagnes seront complétées par des dispositifs aériens utilisant des satellites ou des drones,

et en fonction des avancées technologiques, par des dispositifs de mesure en continu. Développés en partenariat avec le CNRS,

les drones AUSEA 4 embarquent des capteurs miniaturisés pour quantifier les émissions, estimer leur trajectoire et remonter à leur source. Des tests ont été réalisés sur des sites industriels du Groupe mais aussi sur sa plateforme TADI 5, localisée sur le site de l’ancienne usine de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. Total y teste et qualifie des technologies innovantes de détection et de quantification de fuites de gaz.

Agir collectivement

Le Groupe s’engage dans

des partenariats internationaux

et des initiatives sectorielles visant

à améliorer la connaissance des

émissions de méthane, les méthodes

de détection, de mesure et de

réduction, et à les diffuser le plus

largement possible. En particulier,

Total a signé une nouvelle phase

les Methane Science Studies cofinancées par les Nations Unies pour l’Environnement, la Commission européenne et l’ONG Environmental Defense Fund – permettront de concentrer les investissements là où ils seront le plus pertinents.

Le Groupe a également signé en 2017 les Methane Guiding Principles, principes directeurs sur la réduction des émissions de méthane sur la chaîne de valeur gaz.

Total est favorable aux réglementations visant à réduire les émissions

de méthane et a pris publiquement position, fin 2019, contre le relâchement (rollback) de la réglementation méthane aux États-Unis.

  1. Quatrième rapport du GIEC dont l’utilisation est recommandée par l’UNFCCC jusqu’en 2024 dans les inventaires GES nationaux.
  2. Saunois et al: The global methane budget 2000-2017.
  3. Méthodologie présentée dans SPE (Société

of Petroleum Engineers) 179288-MS: How

to Establish a Methane Reporting in Line with the UNEP -CCAC-OGMP.

  1. Airborne Ultra-light Spectrometer for Environmental Application.
  2. Transverse Anomaly Detection Infrastructure.
    • FOCUS : ELGIN-FRANKLIN

Dans le cadre de la Climate & Clean Air Coalition, le Groupe participe à l’Oil & Gas Methane Partnership (OGMP). Ce partenariat réunit des compagnies privées, des États et des ONG. Il promeut la mesure,

la réduction et la déclaration des émissions de méthane.

En 2020, Total a adhéré

  • une nouvelle phase de l’OGMP (OGMP 2.0) qui définit un cadre de reporting plus ambitieux, élargi à l’ensemble de la chaîne de valeur gaz
    et au périmètre non-opéré : détails des émissions
    par installation, indication des méthodologies d’inventaire, mise en place de campagnes de mesure aérienne et définition d’un objectif de réduction pour les activités opérées.

L’adhésion à ce nouveau partenariat s’inscrit pleinement dans la stratégie méthane

du Groupe et sa volonté de partage des meilleures pratiques dans l’industrie.

de partenariat avec l’OGMP (voir

encadré) pour un cadre de reporting

méthane plus étendu.

Au sein de l’Oil and Gas Climate Initiative (OGCI), dont la maîtrise des émissions de méthane est l’une des priorités, Total apporte un soutien technique et financier à des études internationales. Ces travaux de recherche – comme

En 2018, Le Groupe a lancé une analyse des sources de mise à l’atmosphère de méthane sur ses installations (évents froids ou de procédé). Dans cet inventaire, Elgin-Franklin a été identifié comme un des sites ayant des émissions significatives. Ce gisement de gaz à condensats, mis en production en 2001, est situé en mer du Nord britannique, à environ 240 km à l’est d’Aberdeen, en Écosse.

Les émissions ventées étaient associées à l’unité de régénération de glycol et s’élevaient à 3,6 kt de méthane par an. À l’issue d’une étude complète, trois solutions de réduction des émissions du site ont été identifiées. Parmi celles-ci, le re-routage de l’évent a été privilégié, ce qui permettra d’éviter environ 74 kt de CO 2e par an. 

Les émissions de méthane en chiffres

B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

  • ÉMISSIONS SCOPE 1 DE TOTAL EN 2019 Périmètre opéré

CO2

4%

1%

CH4

N2O

Total GES

41 Mt CO2e

dont :

95%

Émissions de méthane Groupe 2019 périmètre opéré : 68 ktCH4 dont 98 % proviennent des activités amont

et 2 % des activités Raffinage-Chimie.

  COMPARAISON DE L’INTENSITÉ DES ÉMISSIONS DE MÉTHANE

Périmètre opéré

2,0 %

1,9 %

1,5 %

1,0 %

1,1 %

Périmètre

0,8 %

activités huile

0,5 %

et gaz amont

< 0,2 %

Périmètre

< 0,1 %

activités

0,0 %

gaz amont

EPA

AIE

Total

Alvarez

Total

2015

2017

2019

et al.

2019

2018

Comparaison de l’intensité des émissions de méthane de Total pour les activités opérées de l’amont avec les intensités de l’EPA, de l’AIE (WEO-2017), et de la publication scientifique Alvarez et al. (2018 – Assessment of methane emissions from the U.S. Oil & Gas supply chain).

  ORIGINES DES ÉMISSIONS

V E R S L A N E U T R A L I T É C

Les émissions de méthane de l’amont ont baissé de 45 % entre 2010 et 2019, et le Groupe anticipe

une poursuite de cette baisse, grâce principalement à des projets de réduction du brûlage et des évents.

En 2019, les émissions de méthane proviennent à :

  • 34% de la combustion incomplète des gaz envoyés à la torche, estimée de manière standardisée à 2 % (brûlage)
  • 28% de la mise à l’atmosphère de gaz occasionnelle ou continue sur certaines installations (évents froids)
  • 20% d’unités de procédés et équipements, tels que le traitement des eaux, le chargement et déchargement d’hydrocarbures, les déshydrateurs glycol,
    les dispositifs pneumatiques alimentés au gaz naturel (évents de procédé)

kt CH4 150

120 -45 %

100

93

66

50

0

2010 2015 2019 2025

  • 11% de fuites au niveau des vannes, brides ou raccords (émissions fugitives)
  • 7% de la combustion incomplète des gaz notamment dans les turbines, fours, chaudières, réchauffeurs, estimée de 0,5 à 1 % selon les équipements (combustion).

Combustion

Émissions fugitives

Évent (procédé)

Évents froids Brûlage

Agir sur les produits

Le mix énergétique mondial doit évoluer pour répondre aux objectifs de l’Accord de Paris. Total intègre cette évolution dans sa stratégie en se développant tout particulièrement sur les produits gaziers (gaz naturel, biogaz et hydrogène) et l’électricité bas carbone, essentiellement produite à partir de ressources renouvelables.

Pour les combustibles liquides, le Groupe renforce sa position dans les biocarburants et se concentre, pour les investissements pétroliers, sur les projets à points morts bas.

Gaz naturel, biogaz et hydrogène, alliés de la transition énergétique

En renforçant sa présence sur toute la chaîne

de valeur du gaz naturel, du biogaz et de l’hydrogène, le Groupe décarbone son mix énergétique tout

en assurant disponibilité et flexibilité pour les sources d’électricité bas carbone.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

50 %

Le gaz est deux fois moins émetteur de GES que le charbon dans

la génération électrique.

Le gaz est deux fois moins émetteur de GES que le charbon dans la génération électrique1 et représente un complément naturel aux énergies renouvelables,

par nature intermittentes et saisonnières. Abondant, bon marché et en forte croissance (de l’ordre de 3 %/an depuis 10 ans), il permet, grâce à sa substitution au charbon, d’apporter une réponse rapide et pragmatique à la lutte contre l’augmentation des émissions de GES.

Ainsi, selon les scénarios SDS de l’AIE et Rupture de Total, la part du gaz dans le mix énergétique se maintient

  • un niveau important dans les deux prochaines décennies, autour du quart de la demande mondiale d’énergie.

Dans les pays émergents, encore très dépendants du charbon, et dont proviendra progressivement l’essentiel de la demande, le gaz offre la possibilité de produire de l’électricité mais aussi de se chauffer et de se déplacer.

Le Groupe a ainsi uni ses forces en Inde avec Adani, le plus grand conglomérat d’infrastructures du pays, afin d’y répondre à la forte augmentation

de la demande en gaz (voir encadré).

Liquéfié, le gaz peut être facilement transporté et acheminé au plus près des lieux de consommation.

BIOMÉTHANE : C’EST PARTI !

Le 1er septembre 2020, Total a créé une Business Unit Biogaz au sein de la Direction Gaz de la Branche GRP. La nouvelle entité investira en Europe et dans le monde dans le développement et l’opération d’unités de production de biométhane à partir de matières organiques industrielles et agricoles. La BU Biogaz achètera le biométhane produit pour les consommations de Total et de ses clients. L’objectif du Groupe est de produire dès 2025 1,5 TWh/an de biométhane ; d’ici 2030, le Groupe ambitionne de fournir avec du biométhane 10 % de la consommation des centrales à gaz européennes et ainsi de réduire les émissions de 500 kt CO2e par an.

La Business Unit s’appuiera sur la présence déjà effective de Total dans l’industrie du biogaz avec des contrats d’achat de plus de 50 GWh/an, via les filiales Quadran-Méthanergy (création d’unités de méthanisation des déchets, valorisation des gaz de décharges), Clean Energy,

aux États-Unis, et PitPoint (alimentation de son réseau de stations de BioGNV/BioGNL au Benelux et en Allemagne).

La demande mondiale de gaz naturel liquéfié est en forte croissance (10 %/an entre 2015 et 2019) et Total se renforce chaque année sur cette chaîne de valeur. Avec 34 Mt de GNL vendues en 2019 et une part de marché mondiale de l’ordre de 10 %, Total est le deuxième acteur privé mondial du GNL et a l’ambition de continuer à développer son portefeuille de GNL pour atteindre de l’ordre

de 50 Mt par an d’ici 2025.

Un portefeuille GNL en pleine croissance

Trois projets GNL majeurs ont été sanctionnés en 2019 : Arctic LNG 2 en Russie, avec une capacité de

  PARTENARIAT AVEC ADANI : FAVORISER LE GAZ EN INDE

Le marché indien du gaz naturel présente un potentiel de croissance important : la consommation domestique de gaz a crû au cours des trois dernières années de plus de 5 % par an, soutenue par une politique active du gouvernement indien visant à diversifier son mix énergétique (substitution du charbon par le gaz) et développer l’usage domestique du gaz dans les villes et comme carburant pour les véhicules. L’Inde s’est fixé pour objectif ambitieux d’augmenter la part du gaz naturel à 15 % de son mix énergétique d’ici 2030.

Pour répondre à cette évolution, Total s’est associé dès 2018 au groupe privé indien Adani pour développer une offre multi-énergies à destination du marché national. Cette coopération couvre l’importation et la regazéification de gaz naturel

liquéfié (GNL) pour vente à des clients industriels

et à des entreprises, ainsi que la distribution de carburants et de gaz aux particuliers.

Les deux partenaires travaillent notamment au développement du terminal de regazéification de GNL de Dhamra sur la côte Est de l’Inde.

Le groupe Adani, conglomérat implanté dans 50 pays, dispose en Inde de nombreuses concessions de gaz urbain et d’un réseau

de stations-service implantées en zones urbaines. Ces stations proposent à leurs clients

du gaz naturel comprimé (GNC) utilisé comme carburant.

Total et Adani ont pour objectif d’ici 2030 de déployer un réseau de 1 500 stations-service proposant du GNC et de livrer du gaz à 6 millions de foyers en zone urbaine. 

DATES CLÉS

2015-2019

Ventes GNL

multipliées par 3.

2019

Total acquiert 37,4 %

du capital d’Adani

Gas Limited.

2023

Premier cargo GNL

prévu pour Arctic LNG 2.

production de 19,8 Mtpa, Mozambique LNG avec une capacité de

12,9 Mtpa et NLNG Train 7 au Nigéria avec une capacité de 7,6 Mtpa.

Ces investissements complètent le portefeuille du Groupe, composé d’un nombre croissant de projets GNL compétitifs, fondés sur des ressources géantes à bas coûts de production

et destinées principalement aux marchés asiatiques (voir encadré).

Enfin, ces développements du gaz naturel s’accompagnent de l’incorporation dans le réseau existant d’une part croissante de gaz vert – biogaz ou hydrogène -, afin de diminuer les émissions. 

1. Références: rapports du CIRAIG d’octobre 2016 « Life cycle assessment of GHG emissions associated with natural gas & coal in different geographical contexts » et de l’Imperial College London de 2017 « Review of Life Cycle Analysis of gas & coal supply and power generation from GHG and Air Quality Perspective ».

YAMAL LNG ET ARCTIC LNG 2 :

DEUX GÉANTS DU GNL À COÛTS

MAÎTRISÉS

Démarré fin 2013, situé sur la péninsule de Yamal

en Russie, Yamal LNG s’impose comme l’un des plus grands projets de GNL au monde. Il exploite les 4,6 Gbep

de réserves gazières

du gisement géant onshore

de gaz et de condensats de Tambey Sud, en Arctique russe. Sa capacité de production est de 16,5 Mtpa.

À proximité de Yamal LNG, sur la péninsule de Gydan, le projet

Arctic LNG 2 a été lancé fin 2019. Également de taille mondiale, il aura une capacité de production de 19,8 Mtpa. Le premier cargo de GNL est attendu pour 2023. Les deuxième et troisième trains de liquéfaction démarreront respectivement en 2024 et 2026. Ces deux projets font partie des plus importants dans lesquels Total investit, car ils bénéficient

des immenses ressources gazières à terre des péninsules de Yamal

et de Gydan en Russie. Leur statut de géant s’accompagne d’une attention particulière à leur impact sur l’environnement avec, par exemple,

la réduction au maximum du brûlage et l’utilisation de technologies de dernière génération pour les turbines.

L’hydrogène,

une énergie prometteuse

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Bioraffinerie de La Mède.

En juillet 2020, une Business Unit Hydrogène a été créée au sein de la branche GRP.

Cette création concrétise l’ambition de Total de devenir un producteur et un distributeur d’hydrogène. Le contexte européen est favorable à l’hydrogène : dans le cadre de ses objectifs pour 2050, l’UE a annoncé sa stratégie d’accélération des projets d’hydrogène renouvelable, en particulier pour les industries

où la décarbonation et/ou l’électrification est difficile. Produit à partir d’une énergie primaire, l’hydrogène joue le rôle de passerelle entre la source primaire d’énergie et les usages finaux. L’accroissement

de la production d’électricité à partir d’énergies moins carbonées, notamment renouvelables, permet de produire de plus en plus facilement, par électrolyse de l’eau, de l’hydrogène vert.

Vecteur énergétique à fort potentiel, notamment pour les poids lourds, l’hydrogène permet de produire de l’énergie et de stocker de l’électricité. Il ne génère aucune émission de CO2 lors de son utilisation.

Le Groupe poursuit le déploiement de stations hydrogène dans le cadre de la joint-venture H2 Mobility Germany, forte d’un réseau de

LA MÈDE : UN PROJET

D’HYDROGÈNE VERT

Total travaille sur un projet en vue d’alimenter, à l’horizon 2025, la bioraffinerie de La Mède avec 5 tonnes par jour d’hydrogène vert. L’électricité nécessaire serait fournie par des centrales photovoltaïques locales. Ce projet permettrait à Total de confirmer son intérêt à devenir lui-même acteur sur cette chaîne de valeur.

PROJET D’HYDROGÈNE BLEU À LA RAFFINERIE DE ZÉLANDE

Le Groupe envisage un projet de production d’hydrogène bleu

  • la raffinerie de Zélande (Pays-Bas),joint-venture Total 55 %, Lukoil 45 %. Ce projet, dont le démarrage est prévu fin 2025, porte sur la mise en place d’un captage sur l’unité de production d’hydrogène (SMR), un des plus gros
    producteurs de CO 2 du site. Le CO 2 capté sera purifié et liquéfié à
    la raffinerie puis acheminé par bateau vers les plateformes opérées par Total en mer du Nord néerlandaise
    (projet Aramis), réduisant le CO2 émis par la raffinerie de 0,6 Mt par an, sur un total de 1,6 Mt (voir page 42).

83 stations hydrogène en Allemagne, dont 23 à la marque Total.

La première station hydrogène du Groupe en France a été mise en service en juillet 2020 au Mans.

Électricité bas carbone : construire

un leader mondial

Le Groupe poursuit son expansion sur le marché des énergies renouvelables à la fois au travers du développement de ses capacités de production et dans la distribution d’électricité.

Selon le scénario SDS de l’AIE, la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie finale passera de 19 % en 2018 à 31 % en 2040. Cette consommation sera tirée par la mobilité électrique, la digitalisation et l’accès croissant des populations à l’électricité.

Acteur intégré de la chaîne de valeur, Total poursuit sa stratégie de production, de stockage, de trading et de distribution d’électricité bas carbone. Cette électricité provient des énergies renouvelables mais aussi du gaz, la moins émissive des énergies fossiles, qui pallie l’intermittence

de production des parcs éoliens et des fermes solaires.

La stratégie mise en œuvre par le Groupe pour assurer une montée en puissance rapide dans l’électricité bas carbone se concrétise par de nombreuses acquisitions et prises de participations dans des projets d’envergure, partout dans le monde. Entre septembre 2016 et juillet 2020, plus de 8 G$ ont ainsi été investis, soit 1,5 à 2 G$ par an.

Développer des capacités de génération électrique renouvelable

Pour développer ses capacités de génération électrique renouvelable, Total a eu une politique de croissance externe dynamique, avec, depuis 2016,

l’acquisition de Lampiris, d’Eren RE, de Direct Energie et de sa filiale Quadran. Il a également créé une joint-venture avec le Groupe Adani en Inde (distribution d’énergie solaire)

et fait l’acquisition d’activités de commercialisation d’électricité d’EDP en Espagne. La capacité brute de génération électrique renouvelable d’ici fin 2020 sera de 6 500 MW, contre 3 000 MW fin 2019 et moins de 1 000 MW fin 2017. Total se fixe pour objectif une capacité installée de 35 000 MW d’ici 2025, dont 25 000 MW correspondent à des projets déjà identifiés. La moitié sera développée en Europe (voir carte page suivante) et le solaire représentera plus des trois quarts des capacités installées.

Renforcer les capacités de génération électrique à partir du gaz naturel

Le Groupe a consolidé sa capacité de génération électrique à partir du gaz naturel, grâce notamment

  • l’acquisition de nouvelles centrales à gaz à cycle combiné (CCGT)
    en Europe. En 2018, Total a racheté
  • KKR-Energasdeux centrales

en France, pour une capacité

de génération électrique d’environ 825 MW. 450 MW de capacités additionnelles sont en cours de construction à Landivisiau,

en Bretagne. En Espagne, le Groupe a racheté en mai 2020 à EDP deux autres centrales d’une puissance

CHIFFRES CLÉS

x 10

des capacités

renouvelables brutes entre 2016 et 2019.

8G$

investis entre 2016 et 2020.

9 Près de

millions

de clients gaz et électricité

en 2020.

cumulée de 850 MW. Le Groupe dispose actuellement d’une capacité de génération électrique à partir du gaz naturel de 3 600 MW.

Le stockage : une pièce maîtresse du dispositif

Sur la partie stockage, Saft, filiale à 100 % de Total, poursuit son développement. À horizon 2025, Saft maintient son objectif d’être un leader sur ses marchés industriels traditionnels, tout en se développant dans la mobilité électrique et sur le marché désormais en pleine expansion de l’ESS (Energy Storage System), avec une croissance du marché à 5 ans de plus de 20 %

par an. L’accord de partenariat industriel et commercial signé en Chine avec Tianneng permet à Saft d’accéder à la fabrication de cellules Li-ion en grande série, et donc de

se positionner sur l’ESS de manière compétitive, tout en capitalisant sur ses compétences reconnues en termes de sécurité et de stabilité des batteries. Saft se positionne aussi comme opérateur de batteries. En France, il fournira à RTE des services de régulation de fréquence avec 130 MWh de batteries,

dont 60 MWh sont en construction

  • Dunkerque et 25 MWh à Carling. Saft croît aussi fortement sur
    la mobilité électrique (voir page 35).

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

DATES

2011

Prise de participation

majoritaire dans SunPower

(solaire photovoltaïque).

2016

Acquisition de Lampiris (distribution d’électricité renouvelable).

2018

4 millions de clients individuels

(distribution de gaz et d’électricité).

2019

3 000 MW de capacité d’électricité

renouvelable installée.

2020

6 500 MW de capacité d’électricité

renouvelable installée.

  • CAPACITÉ INSTALLÉE DE GÉNÉRATION
  • ÉLECTRIQUE RENOUVELABLE (MW)

6 500

6000

4000

3 000

1 700

2000

300

800

0

2016

2017

2018

2019

2020

Reste du monde

Europe

  • DISTRIBUTION : ATTEINDRE 13 MILLIONS DE CLIENTS
  • GAZ ET ÉLECTRICITÉ À HORIZON 2025

Dans la distribution de gaz et d’électricité, Total consolide sa position d’acteur majeur du marché en Europe. Le Groupe dispose en 2020 de 7 % de parts de marché en Espagne, 9 % en Grande-Bretagne, 10 % en France et 12 % en Belgique. Total fournira dès 2021 du gaz et de l’électricité à plus de 9 millions de clients en Europe, en route vers son ambition d’atteindre plus de 13 millions de clients à horizon 2025.

1500 MW

2 400 MW

ÉOLIEN OFFSHORE – SEAGREEN 1

ÉOLIEN OFFSHORE FLOTTANT – UNE VISION À PLUS

Total est entré dans un important projet éolien

LONG TERME

offshore posé, Seagreen 1. D’une capacité

Total a conclu en 2020 deux accords pour développer des capacités

pouvant aller jusqu’à 1 500 MW, il couvrira

dans la technologie prometteuse de l’éolien offshore flottant :

les besoins énergétiques d’environ un million

acquisition d’une participation de 80 % dans le projet Erebus

de foyers britanniques et sera l’un des plus grands

d’une capacité de 100 MW en mer Celtique par une profondeur

parcs éoliens offshores d’Écosse. Avec ce projet

d’eau de 70 mètres. Ce projet pourra être complété par

ambitieux, dont le démarrage est prévu

un développement de 300 MW en cours de discussion. Total

en 2022, Total passe à la vitesse supérieure

devient ainsi l’un des premiers acteurs à prendre position

dans l’éolien offshore posé.

sur cette technologie émergente au Royaume-Uni.

    • partenariat avec Macquarie en Corée du Sud pour développer le projet Bada, d’une capacité potentielle de plus de 2 000 MW. La décision d’investissement pour la première phase (500 MW) est prévue pour 2023.
  • PROJETS DE CAPACITÉS DE RENOUVELABLES À HORIZON 2025

EUROPE

15 000 MW

MOYENORIENT

ÉTATS-UNIS

2 000 MW

3 000 MW

CHINE

3 000 MW

RESTE DE L’ASIE

2 000 MW

AFRIQUE

1 000 MW

INDE

6 000 MW

AMÉRIQUE DU SUD

3 000 MW

Solaire Éolien

5 300 MW

5 300 MW D’ÉLECTRICITÉ PHOTOVOLTAÏQUE EN ESPAGNE

Total a renforcé en 2020 sa présence sur le marché solaire espagnol grâce à trois accords lui permettant de développer 5 300 MW de projets solaires avec 3 partenaires : 800 MW

avec Powertis, plus de 1 200 MW avec Solarbay Renewable Energy et plus de 3 300 MW avec Ignis.

800 MW

AL KHARSAAH SOLAR PV IPP PROJECT : 800 MW D’ÉLECTRICITÉ PHOTOVOLTAÏQUE AU QATAR

En 2020, Total a signé des accords pour le développement d’une centrale solaire de 800 MW située à l’ouest de Doha. Le projet a été attribué au consortium composé de Total (49 %) et de Marubeni (51 %), à l’issue du premier appel d’offres solaire du pays. Cette centrale solaire représentera environ 10 % de la demande de pointe en électricité du pays et réduira les émissions du Qatar de 26 Mt CO2e sur la durée de vie du projet.

Économiser

et décarboner

les énergies liquides

Le pétrole doit être économisé en évitant les usages pour lesquels il est facilement substituable.

Les biocarburants, et demain les e-fuels, devront d’autre part se développer.

Les progrès technologiques

et la substitution des usages vers

2 0

des énergies moins carbonées

2 0

entraîneront probablement

R E

une stagnation, puis une baisse,

M B

de la demande de pétrole dans

T E

la décennie qui vient, comme

S E P

l’illustrent les scénarios SDS de l’AIE

et Rupture de Total. Le Groupe fait

N E

évoluer son mix en conséquence :

B O

la part des produits pétroliers

A R

dans les ventes est passée de 66 %

C

en 2015 à 55 % en 2019 et pourrait

É

L I T

représenter 35 % en 2030. À horizon

R A

2050, cette part pourrait s’établir à

U T

20 % avec un quart de biocarburants,

N E

contribuant ainsi à l’ambition de baisser

L A

l’intensité carbone des produits

R S

vendus par Total de 60 %.

V E

  VENTES DE BIOCARBURANTS DE TOTAL (EN KBEP/JOUR)

Pour satisfaire la demande en pétrole, des investissements importants resteront toutefois nécessaires dans les années à venir, compte tenu du déclin naturel des champs. Le Groupe se concentre sur les projets pétroliers les plus résilients, c’est-à-dire ayant les points morts les plus bas, et incorpore dans les évaluations économiques de ses investissements un prix long terme

du CO2 de 40 $/t et une analyse de sensibilité à 100 $/t à partir de 2030.

Total réduit d’autre part le contenu carbone moyen de son offre grâce aux biocarburants.

Devenir un acteur majeur des biocarburants

Pour satisfaire les normes de l’Union européenne, les biocarburants doivent émettre sur leur cycle de vie moins de 50 % de CO2e par rapport à leurs équivalents fossiles. Depuis plus de 20 ans, Total est un leader engagé

300

  • 10 % par an

150

0

2019

2025

2030

32

Reste du monde Europe

dans la recherche, la production

et la distribution de ces biocarburants. Le Groupe a l’ambition de devenir

un acteur majeur de ce marché, avec une croissance de ses ventes de plus de 10 % par an d’ici 2030.

Pour réaliser cette ambition, Total cherche à développer des synergies avec les actifs existants, comme la raffinerie de La Mède qui a été transformée en bioraffinerie en 2019 (voir encadré). En septembre 2020, le Groupe a annoncé le projet de

représentera environ 15 % en 2030 et

E-FUELS : DES CARBURANTS NEUTRES EN CARBONE

Une nouvelle génération de carburants de synthèse se dessine :

qu’elle devrait atteindre 25 % en 2050.

les e-fuels, produits à partir d’électricité bas carbone

Biocarburants de 2e génération

et de CO2 extrait de l’atmosphère ou de la biomasse. Ces

dits « avancés »

carburants innovants neutres en carbone font l’objet de projets

Aujourd’hui, plus de 90 %

de développement spécifiques. Total expérimente de nouveaux

des biocarburants sur le marché

procédés de fabrication à partir d’électricité renouvelable.

sont de 1re génération, produits à

De l’hydrogène vert peut ainsi être produit par électrolyse

partir de sources telles que les huiles

de l’eau, grâce à une source d’énergie bas carbone. Combiné

végétales et le sucre. Total travaille

à du CO2 préalablement capté, cet hydrogène vert permet

à l’émergence de biocarburants de

de fabriquer du méthanol ou des hydrocarbures sans utiliser

2egénération issus de résidus de culture

d’énergie fossile. De telles molécules sont appelées à

et de biomasse non agricole, limitant

être utilisées comme « drop-in » des carburants habituels :

ainsi l’usage d’intrants et l’impact

elles peuvent être mélangées aux carburants fossiles sans

sur les terres arables. Ces biocarburants

limite de proportion. 

« avancés » viendront compléter

l’éventail des biocarburants de

1regénération, mais ils posent encore

de nombreux défis technologiques.

Depuis plus de 10 ans, les équipes

R&D du Groupe étudient et développent

des technologies permettant d’élargir

transformation de sa raffinerie de

distribution Zema qui opère au Brésil

la palette des ressources biomasse

Grandpuits en une plateforme zéro

un réseau de 280 stations-service

utilisables tout en veillant à préserver

pétrole avec une usine de biocarburants

et commercialise des carburants

leur durabilité. Le consortium BioTfueL,

dont la mise en service est prévue

incorporant de l’ordre de 30 %

dont Total est partenaire, travaille

en 2024. Cette usine pourra produire

de biocarburants. En 2019, Total

par exemple à la valorisation de

170 Kt/an de biocarburant aérien

a incorporé 2,5 Mt de biocarburants

la lignocellulose (déchets végétaux)

durable, 120 Kt/an de biocarburants

durables en Europe, pour un volume

en biocarburants. Les microalgues

routiers et 50 Kt/an de bio-naphta

mondial distribué par le Groupe

ouvrent aussi des perspectives

utilisé pour produire des bioplastiques

de 3,6 Mt. Avec une croissance de plus

prometteuses, et Total étudie

(voir page 39). Elle sera alimentée

de 10 % par an, le Groupe estime

le potentiel de cette ressource pour

majoritairement par des graisses

que la part des biocarburants dans

produire des huiles indépendamment

animales d’origine européenne et des

le portefeuille de ventes de carburants

des surfaces agricoles.

huiles de cuisson usagées, complétées

par des huiles végétales à l’exception

de l’huile de palme. Le projet de

transformation de la raffinerie

européenne. Sa production est

représente un investissement global

actuellement issue de 25 % de corps

de plus de 500 M€. D’autres projets

gras (huiles de cuisson usagées,

aux États-Unis et en Asie sont

graisses animales, résidus

actuellement étudiés. En 2019,

industriels…) et d’huiles végétales

les raffineries de Total ont produit

pour le reste. Total a pour ambition

240 kt de biocarburants répondant

de faire progresser la part des corps

aux critères européens de durabilité

gras à 50 % d’ici 2025.

et de réduction des émissions de GES.

LA MÈDE : UNE BIORAFFINERIE

Le site de La Mède produit également

DE TAILLE MONDIALE

Dans la distribution de biocarburants,

du bionaphta, un biocarburant destiné

Total a fait un pas significatif en 2018

Pour répondre à son ambition

au marché « essence » mais qui peut

avec l’acquisition de la société de

d’être un leader sur le marché

aussi rentrer dans la fabrication de

3de

6 

des biocarburants, Total a transformé

polymères renouvelables. Du bio GPL

sa raffinerie de La Mède (Bouches-

(gaz liquéfié d’origine renouvelable)

,

du-Rhône) en une bioraffinerie

est aussi produit pour des usages

Mt

de taille mondiale. Ce site, qui a

de mobilité ou de chauffage. Enfin,

commencé sa production en 2019,

la construction d’un méthaniseur sur

offre une capacité de production

le site de La Mède est actuellement

de 500 kt/an de biocarburants,

à l’étude, pour initier une production

essentiellement produits à partir

de biogaz, tout comme le lancement

de matières premières répondant

d’une activité de production

aux critères de durabilité de l’Union

d’hydrogène vert.

biocarburant distribués par Total

dans le monde en 2019.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Agir sur la demande

Total souhaite faire de la neutralité carbone une ambition partagée avec ses clients. Afin de faire évoluer la demande, il oriente ses clients vers des énergies moins carbonées et les aide à optimiser leurs usages.

Mobilité, transport, industrie : promouvoir des énergies de moins en moins carbonées

Développement de la mobilité électrique, de carburants alternatifs et de solutions bas carbone pour l’industrie : Total joue la complémentarité des énergies pour accompagner la transition énergétique de ses clients.

Total, qui s’est donné pour ambition de devenir la major de l’énergie responsable, accompagne ses clients dans la transition énergétique. Le rythme de la transition dépendra de l’évolution des technologies et des politiques publiques, mais aussi, et surtout, des modes de consommation.

Total travaillera donc avec ses clients pour développer des usages

et une demande moins carbonés.

Accompagner l’électrification de la mobilité

Le nombre de véhicules en circulation dans le monde pourrait doubler d’ici 2050, pour atteindre plus de 2 milliards, et plus de la moitié de ce parc pourrait alors être électrique1. Total est partie prenante de cette dynamique d’électrification et s’est engagé à proposer des solutions intégrées, depuis la fourniture d’énergie jusqu’à un service de recharge complet. Le Groupe répond aussi bien aux besoins des particuliers (B2C) qu’à ceux des professionnels (B2B) et des pouvoirs publics (B2G).

Dans le domaine des batteries, Total et PSA ont annoncé début septembre 2020 la création d’une co-entreprise, « Automotive Cells Company » (ACC) pour unir

Borne de recharge sur l’aire de Limours-Janvry en France.

leurs savoir-faire en vue de produire en Europe des batteries de véhicules électriques haute performance.

Un centre de R&D à Bordeaux et un pilote à Nersac, près d’Angoulême, permettront de développer de nouvelles technologies de cellules lithium-ion. À l’issue de cette phase de R&D, la production en série serait lancée dans deux « GigaFactories », à Douvrin en France, puis à

1. TEO 2020.

  TOTAL MOBILITY

Total Mobility apporte une solution de télématique embarquée qui permet d’assurer un suivi optimal des flottes

de véhicules sur une plateforme ergonomique et sécurisée. Celle-ci est couplée à une offre d’éco-conduite pour aider les utilisateurs finaux à réduire leur consommation de carburant et  donc leurs émissions de CO2. 

16000

points de recharge pour véhicules électriques opérés par Total

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Kaiserslautern en Allemagne. L’ambition est d’atteindre à horizon 2030 une capacité cumulée de 48 GWh. Cela représenterait la production

de batteries pour un million de véhicules par an, soit environ 10 % du marché européen. Ce programme d’envergure est soutenu par la France, l’Allemagne et l’Europe. Il représente un investissement total de l’ordre

de 5 milliards d’euros.

Dans le domaine du réseau de recharge, Total a acheté G2mobility en 2018, un des leaders français des solutions de recharge pour véhicules électriques. Son expertise couvre

la conception de bornes intelligentes, la gestion optimisée de l’énergie consommée et la vente de services intégrés. Opérant déjà plus de 16 000 points de recharge, Total développe et commercialise une solution de recharge complète : des bornes connectées, opérées par une plateforme permettant d’en piloter à distance l’usage

et la consommation énergétique.

Total développe aujourd’hui en Europe des points de recharge HPC1 pour les grands axes et les zones urbaines (10 min de charge pour 100 km

jusqu’à 20 000 nouveaux points de charge publics aux Pays-Bas.

L’ambition, à horizon 2025, est d’opérer en Europe 150 000 points de charge, toutes puissances confondues.

Promouvoir l’usage du GNL et de l’hydrogène auprès de nos clients

Le gaz naturel pour véhicules (GNV), distribué sous forme de gaz naturel comprimé (GNC) ou liquéfié (GNL), représente une voie complémentaire de l’électricité pour réduire les émissions de CO2 liées au transport, notamment grâce à l’incorporation de biogaz.

En Europe, l’acquisition en 2017 de la société néerlandaise PitPoint, 3e opérateur de GNV du continent, a permis à Total d’accélérer

son déploiement, en particulier

  • destination des poids lourds et professionnels du transport. Total a par ailleurs l’ambition de développer un réseau de plus de 600 stations- service proposant du GNV à horizon 2025, dont près d’une centaine en

AVIATION : DÉVELOPPER DES FILIÈRES DE BIOCARBURANTS DURABLES

Début 2020, les pouvoirs publics français ont développé une feuille de route des biocarburants aéronautiques durables. Ils ont lancé un appel à manifestation d’intérêt, auquel Total a répondu conjointement avec des acteurs de l’aéronautique, pour identifier des projets d’investissement dans des unités

de production de biocarburants

  • destination de l’aéronautique. En septembre, dans le cadre du projet de transformation de sa raffinerie de Grandpuits, le Groupe a annoncé
    la création d’une usine de biocarburants qui pourra notamment produire 170 Kt/an de biocarburant aérien durable.

d’autonomie environ). L’objectif

  COALITION GETTING TO ZERO : DÉCARBONER L’INDUSTRIE MARITIME

du Groupe est d’atteindre 500 sites en Europe, dont près de 200

en France d’ici 2022.

Total a remporté le plus grand marché public de recharge pour véhicules électriques en Europe auprès de la Région Métropolitaine d’Amsterdam. Dans le cadre de ce contrat,

le Groupe installera et exploitera

1. HPC : High Power Charge.

En juin 2020, Total a rejoint la Coalition « Getting to Zero », afin de soutenir la décarbonation de l’industrie maritime. L’ambition de cette coalition est de contribuer

  • l’objectif fixé par l’Organisation Maritime Internationale
    au transport maritime de réduire d’au moins 50 % les GES
  • l’horizon 2050, par rapport

au niveau de 2008. La Coalition

vise ainsi la mise en service d’ici 2030 de navires de haute mer à zéro émission

et commercialement viables. Total apporte sa contribution

  • la Coalition en partageant son expertise, notamment sur les axes prioritaires de travail que sont les carburants, les lubrifiants marins et les technologies zéro émission appliquées aux navires.

  TOTAL ECOSOLUTIONS : TRANSPARENCE ET EXIGENCE

France (l’offre de GNV est actuellement disponible dans 450 stations-service du réseau mondial du Groupe).

Aux États-Unis, Total a acquis, en 2018, 25 % de l’américain Clean Energy, leader de la fourniture de GNV et de gaz naturel renouvelable (GNR) destiné au secteur du transport en Amérique du Nord. Clean Energy installe et exploite des stations de gaz naturel comprimé (GNC) et de gaz naturel liquéfié (GNL). Il possède un réseau de 550 stations aux États-Unis et au Canada.

En parallèle du GNV, l’hydrogène pour véhicules s’affirme comme une voie d’avenir, en particulier pour les trains, les poids lourds et le transport urbain des passagers. Les flottes de bus à hydrogène sont amenées à s’étoffer, et Total accompagne cette évolution. Le Groupe est membre fondateur, avec cinq autres partenaires industriels (Air Liquide, Daimler, Linde, OMV et Shell), du consortium H2 Mobility en Allemagne. La mission de cette joint-venture est de développer la mobilité hydrogène en Allemagne (lire page 28).

Le label Total Ecosolutions (TES), créé en 2009, a pour objectif de proposer des solutions innovantes aux performances environnementales supérieures à celles d’un référent du marché. Le label intègre notamment, dans l’évaluation des produits et services, la réduction des émissions de CO2. D’autres critères de réduction d’empreinte environnementale entrent également en compte, tels que les économies de ressources non renouvelables ou d’eau,

ou encore la réduction

de l’impact sur la biodiversité. En 2020, le label TES compte 95 produits et services, incluant la gamme de carburants Excellium, des lubrifiants Fuel-Economy, des panneaux solaires SunPower, ou encore la gamme de batterie Saft MRX. Le Groupe certifie régulièrement de nouvelles solutions. Il en délabellise quand un produit ne démontre plus de performances environnementales supérieures au standard du marché.

Les gammes TES ne sont donc pas figées. L’un des points forts de la démarche est la transparence. Le processus d’évaluation est conforme aux exigences des normes

ISO 14020 et 14021 qui encadrent les autodéclarations environnementales, et l’ensemble de la démarche est certifié

par un vérificateur indépendant.

En onze ans, 14,8 Mt CO2

ont été évitées grâce à la vente de produits TES. Le Groupe aide ainsi ses clients à réduire leur empreinte environnementale.

Afin de rester pertinent

et en phase avec les attentes croissantes des clients et

de la société civile, TES intègre

  • la gouvernance de son programme, depuis avril 2019, des parties prenantes externes : experts indépendants, universitaires, centres de recherches internationaux, qui viennent enrichir et renforcer l’ambition de la démarche.

Accélérer le développement du gaz naturel carburant dans le transport maritime

Dans le secteur du transport maritime, la transformation énergétique

est également en cours, avec un impact potentiel sur le climat important, puisque plus de 90 % des marchandises sont transportées par voie maritime. Le marché mondial des carburants marins représente un volume total d’environ 265 Mt/an,

95

produits et services sont labellisés Total Eco Solutions en 2020.

faisant de ce secteur un émetteur important de GES. Pour répondre à ce défi, Total propose à ses clients du GNL qui permet une réduction des émissions de GES de l’ordre de 20 %. Total a signé fin 2019 avec CMA-CGM un accord portant sur la fourniture annuelle d’environ 270 000 tonnes de GNL sur 10 ans.

Pour distribuer le GNL maritime, Total va pouvoir s’appuyer sur deux navires avitailleurs dédiés en cours de construction, l’un en Europe du Nord et l’autre à Marseille.

De plus, Total a signé un accord pionnier pour affréter ses deux premiers tankers VLCC (Very Large Crude Carrier) équipés de propulsion GNL. Ces deux navires, d’une capacité de 300 000 tonnes de brut chacun, seront livrés en 2022 et rejoindront

la flotte affrétée de Total.

450

stations-services du réseau mondial de Total proposent du GNV.

Application smartphone permettant de piloter la recharge d’un véhicule électrique.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Privilégier les énergies les moins émissives

Total, dans le cadre de sa nouvelle ambition climat, accompagne ses clients vers des énergies de plus en plus décarbonées. Sa politique marketing l’amènera donc à réduire son offre sur certains usages pour lesquels il existe des alternatives bas carbone compétitives.

Par exemple, pour la génération électrique, Total s’engage à ne plus vendre de fioul d’ici 2025, considérant que le gaz et les renouvelables offrent des alternatives compétitives et à plus faibles émissions que son alternative liquide. En ce qui concerne le secteur maritime, Total encouragera ses clients à coupler l’usage du fioul soute

  • du GNL. Enfin, pour le chauffage domestique, le Groupe incite ses clients en France à passer du fioul domestique aux renouvelables, au gaz ou au bois, via une offre spécifique.

Transports et mobilité : un enjeu global

Dans le domaine des transports, le Groupe a rejoint plusieurs coalitions : Clean Skies for Tomorrow (aviation), Getting to Zero (transport maritime) et la Coalition pour l’énergie de demain. Les 11 groupes internationaux qui composent cette dernière 1 se sont donné pour objectif d’accélérer

38

le développement des énergies et des technologies à même de relever les défis d’une mobilité durable

au sein de l’industrie du transport et de la logistique, notamment par la réduction des émissions.

1. AWS, Carrefour, CMA-CGM, Cluster Maritime Français, Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, Engie, Faurecia, Michelin, Schneider Electric, Total et Wärtsilä.

  • GREENFLEX : DES SOLUTIONS DE PERFORMANCE
  • ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

GreenFlex, filiale à 100 % de Total depuis 2017, offre aux clients professionnels des prestations de conseil et de mise en œuvre de projets de performance énergétique et environnementale.

Ses 550 collaborateurs déployés dans toute l’Europe accompagnent plus de 750 clients. Les équipes de GreenFlex s’appuient pour cela sur quatre métiers : conseil stratégique, accompagnement opérationnel, solutions digitales et financement, notamment via les Certificats d’Économies d’Énergie.

Au Havre, par exemple, les experts de GreenFlex ont contribué avec un partenaire d’exploitation et de maintenance au projet d’extension du réseau de vapeur porté par la SEMEDI, spécialiste havrais du traitement et de la valorisation des déchets industriels, en raccordant trois nouveaux sites industriels au réseau.

Études thermiques, conseil technique et environnemental, pilotage et coordination des travaux : GreenFlex a contribué au succès de

ce projet emblématique d’économie circulaire dans l’industrie. De plus, les 3,2 kilomètres d’extension du réseau bénéficient de techniques d’isolation innovantes, choisies par GreenFlex. Ainsi, en recourant

  • l’énergie issue des déchets de sites industriels voisins, les sites nouvellement connectés, à l’automne 2020, pourront réduire de 10 kt par an leurs émissions de carbone.

Plastiques : développer le recyclage et les bio

Afin de répondre à l’enjeu de la fin de vie des plastiques, Total investit massivement dans le recyclage et les biopolymères.

Les plastiques sont indispensables dans la vie de tous les jours en raison de leurs propriétés (protection bactérienne pour l’alimentation et la santé, légèreté, solidité, facilité de production, etc.). Ils concourent également à limiter les émissions de GES en raison de leur faible poids. Cependant, la gestion de leur fin de vie est un enjeu majeur. C’est pourquoi Total investit dans le recyclage

et les bioplastiques avec l’ambition de produire 30 % de plastiques recyclés à horizon 2030 et d’être le numéro 1 mondial du PLA (PolyLactic Acid), le meilleur

des bioplastiques car biosourcé, biodégradable et recyclable, à travers sa co-entreprise Total Corbion PLA. Total Corbion PLA dispose

d’une usine d’une capacité

de 75 000 tonnes/an en Thaïlande et va en construire une seconde à Grandpuits (France) d’une capacité supplémentaire de 100 000 tonnes/an,

dont la mise en service est prévue en 2024. Total travaille sur tous les types de recyclage, mécanique et chimique, qui sont complémentaires. Dans le recyclage mécanique, Total produit du polyéthylène et

du polypropylène contenant au moins 50 % de matières recyclées et est

le leader français du polypropylène recyclé de haute performance pour le secteur automobile grâce à sa filiale Synova. Dans le recyclage chimique, Total mène de multiples projets pour tester différentes technologies : le Groupe s’est notamment associé

  • Citeo, Recycling Technologies, Nestlé et Mars et a également signé un accord avec PureCycle Technologies afin de leur acheter une partie de leur production et d’évaluer l’opportunité de développer ensemble une nouvelle usine en Europe.
  • HUTCHINSON : ALLÉGER
  • LES VÉHICULES ET RÉDUIRE
  • LES ÉMISSIONS DE CO2

Autre voie d’amélioration pour réduire l’empreinte carbone des clients :

le savoir-faire de Total dans les matériaux innovants, tels que les composites et thermoplastiques.

Il s’agit de développer tous les marchés de la mobilité du futur, de l’automobile

  • l’aéronautique en passant par le ferroviaire. L’utilisation de matériaux allégés permet de réduire la consommation de carburant et, par conséquent, les émissions
    de CO2 des moyens de transport. Hutchinson, filiale à 100 %
    du Groupe, est un spécialiste de la transformation
    des matériaux à destination des marchés de la mobilité. Ses solutions sont utilisées principalement par
    les constructeurs automobiles et aéronautiques.

TOTAL TRANSFORME SA RAFFINERIE DE GRANDPUITS EN UNE PLATEFORME ZÉRO PÉTROLE DE BIOCARBURANTS ET BIOPLASTIQUES GRÂCE À UN INVESTISSEMENT DE PLUS DE 500 MILLIONS €

  • horizon 2024, la plateforme de Grandpuits accueillera la première usine de recyclage chimique en France. Total prévoit en effet de transformer l’actuelle raffinerie en une plateforme zéro pétrole. Cette plateforme s’articulera autour de quatre nouvelles activités industrielles : la production de biocarburants majoritairement destinés au secteur aérien, la production de bioplastiques, le recyclage de plastiques et l’exploitation de deux centrales solaires photovoltaïques. En partenariat avec la société Plastic Energy, cette usine transformera chaque année 15 000 tonnes de déchets plastiques en « Tacoil » – un liquide permettant de fabriquer des polymères -, contribuant ainsi à atteindre l’objectif du Groupe de produire 30 % de polymères à partir de matières recyclées d’ici 2030.

De plus, le savoir-faire d’Hutchinson – allégement des véhicules, management thermique des moteurs… – en fait un acteur important de l’électrification des véhicules, légers comme utilitaires. L’entreprise mise sur la R&D pour l’amélioration continue

de ses solutions, avec un centre de recherche, 25 centres techniques dont un laboratoire

  • Singapour et plusieurs partenariats universitaires dans le monde.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Investir dans les  puits de carbone

Total ne se contente pas de réduire ses émissions, de modifier son mix énergétique et de contribuer à faire évoluer la demande de ses clients. Il investit aussi dans les puits naturels de carbone et développe des solutions de captage et de stockage du CO2. Enfin, il s’appuie fortement sur la R&D pour relever le défi de la neutralité carbone.

Développer

les puits de carbone

Au-delà de toutes les actions sur ses émissions, ses produits et la demande de ses clients, Total entend diversifier ses activités et équilibrer leur empreinte par des émissions négatives. Le Groupe investit dans deux grandes catégories de puits de carbone : les puits naturels, comme la forêt, l’agriculture régénérative et les zones humides, et le CCS (captage et stockage de CO2).

Nature Based Solutions

Pour développer les puits naturels de carbone, le Groupe a créé en juin 2019 une nouvelle Business Unit, Total Nature Based Solutions (NBS). Dotée d’un budget annuel de 100 M$, elle a pour objectif de financer, développer et gérer des opérations de séquestration du carbone

ou de réduction des émissions de GES.

Le Groupe vise une capacité

de stockage durable de 5 Mt CO2 par an d’ici 2030. Sa démarche part du principe qu’on ne peut développer des puits naturels de carbone pérennes que si cela s’accompagne d’une chaîne

de valeur locale pérenne, que cette dernière soit agricole ou forestière. Cette démarche permet d’intégrer pleinement les enjeux territoriaux liés à la gestion des puits de carbone. Quelques exemples.

L’une des opérations en cours d’étude prévoit la plantation, en Afrique, d’une forêt d’acacias

  • grande échelle (plusieurs dizaines de milliers d’hectares), pour recréer une atmosphère forestière et réenrichir des sols très pauvres, puis son exploitation de façon
  • favoriser la pousse d’espèces

endémiques et créer ainsi les conditions de la réinstallation d’une forêt naturelle à long terme. Le programme des travaux intègre des surfaces de cultures agroforestières pour la production d’aliments locaux, avec et pour

les populations locales. La production de bois matériau servira la demande locale et nationale croissante. L’opération promet la séquestration de plus d’une dizaine de Mt CO2e sur une période de 35 ans.

400 M$

Montant des investissements cumulés du fonds Total Carbon Neutrality Ventures d’ici 5 ans.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Une autre opération, également en Afrique, porte sur la conservation d’une forêt primaire et le développement de productions locales (bois, caoutchouc, agriculture) permettant d’éviter ou de capter plus de 150 Mt de CO2e sur 30 ans. Ce projet se situe dans un contexte de pression croissante sur la forêt liée à l’expansion démographique.

Enfin, troisième exemple, la nouvelle Business Unit travaille en Amérique du Sud sur un projet conjuguant préservation d’un million d’hectares de forêt vierge et soutien à une chaîne de valeur durable de cacao fondée sur l’agroforesterie. Plus de 15 Mt

de CO2e pourraient ainsi être évitées en une dizaine d’années.

  • OFFRIR DES POSSIBILITÉS DE COMPENSATION CARBONE
  • AUX CLIENTS DU GROUPE

Certaines entités de Total, à la demande de leurs clients, souhaitent proposer des produits neutres en carbone.

Total a donc développé des offres de compensation carbone et propose à ses clients des solutions pour compenser leur empreinte carbone dans l’usage des produits fournis, contribuant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. Le Groupe sélectionne des projets (reforestation, prévention de la déforestation, biodigesteurs…) générateurs de crédits carbone de haute qualité, labellisés par des certificateurs internationaux indépendants, comme le programme Verified Carbon Standard ou Gold Standard, et qui offrent

de nombreux co-bénéfices environnementaux et sociaux pour les communautés locales. En Allemagne, par exemple, 50 % des clients achetant du fuel domestique ThermoPlus Premium ont fait le choix de payer un supplément pour compenser l’empreinte carbone de leur consommation. 

Captage et stockage du CO2

Le CCS désigne un processus industriel pour capter le CO2

et le stocker sous terre de manière permanente et sûre. Selon le scénario SDS de l’AIE, le CCS pourrait représenter 2 800 Mt CO2 par an en 2050, à comparer à des volumes mondiaux actuels de l’ordre

de 35 Mt CO2 par an.

Dès 2010, Total a développé un projet pilote de captage, transport et stockage de CO2, une première

en Europe. Il s’agissait, dans le sud de la France, à Lacq, d’une installation reprenant une chaîne complète de CCS, avec le captage du CO2 issu d’une unité de production de vapeur, puis son traitement et enfin son stockage dans un gisement sur place. Depuis 2017, le Groupe accélère

et passe à une phase industrielle en développant avec Equinor

et Shell un projet de stockage de CO2

  • grande échelle sur le plateau continental norvégien, dont la décision finale d’investissement a été prise en 2020 (projet Northern Lights – voir encadré). Le Groupe est par ailleurs partenaire d’un projet de CCS pour la sidérurgie (voir encadré).

Enfin le projet de décarbonation de la raffinerie de Zélande aux Pays-Bas (voir page 28), permettra à Total d’éviter 600 kt/an de CO2 émis par l’unité de fabrication d’hydrogène. Après avoir été purifié et liquéfié, le CO2 capté sera acheminé par bateau vers les plateformes opérées par Total en mer du Nord. Il y sera alors injecté dans des gisements de gaz

déplétés pour y être stocké de manière permanente (projet Aramis). L’économie de ce projet est favorisée par des subventions prévues par le gouvernement néerlandais dans le cadre de son objectif national de réduction des émissions de CO2, ainsi que par d’autres subventions européennes.

Aux États-Unis, Total a rejoint en 2019 le National Carbon Capture Center (NCCC). Ce centre met en œuvre des technologies de captage du CO2 à une échelle pilote de 10 tCO2/j pour réduire les émissions des centrales électriques basées sur des énergies fossiles. Le NCCC a déjà réduit d’un tiers le coût projeté du captage de CO2 à travers l’évaluation de 60 technologies.

Également aux États-Unis, début 2020, Total a signé un partenariat avec Svante, LafargeHolcim et Oxy Low Carbon Ventures pour étudier la faisabilité d’un dispositif industriel de captage et de stockage de 2 Mt/an de CO2 issu d’une cimenterie dans

NORTHERN LIGHTS : UN PROJET CCS PIONNIER EN EUROPE

Northern Lights est né d’une

collaboration entre Equinor, Total,

Shell et le gouvernement norvégien.

Il s’agit du premier projet au monde

à transporter du CO2 par voie

maritime et à le stocker de manière

permanente à l’échelle industrielle.

Ce projet unique pourrait devenir

le premier site de stockage au monde

à recevoir du CO2 de multiples

sources industrielles de plusieurs pays. Sa première phase de développement inclut la capacité

de transporter et stocker jusqu’à 1,5 Mt de CO2 par an. Le CO2 capté

par les émetteurs, mis à disposition de Northern Lights dans leur terminal maritime, est transporté par bateau puis injecté sous forme liquide dans une couche géologique située à environ 2 800 mètres sous le fond de la mer. Les investissements initiaux avoisineront 6,9 milliards

de couronnes norvégiennes (de l’ordre de 500 M$). Sous réserve d’une décision favorable de l’État norvégien en 2020, la phase 1 devrait démarrer en 2024.

le Colorado. En septembre 2020, la phase suivante – une étude d’ingénierie – a été lancée.

Total Carbon Neutrality Ventures, un fonds dédié à la neutralité

Le Groupe a annoncé en 2019

que son fonds de capital-risque sera désormais consacré à la neutralité carbone et verra ses investissements augmenter pour atteindre un montant cumulé de 400 M$ d’ici cinq ans.

Ces investissements soutiendront des startup du monde entier

qui développent des technologies innovantes et des business models permettant aux entreprises de réduire leur consommation d’énergie ou l’intensité carbone de leurs activités. Le fonds investit également dans l’économie circulaire et le recyclage. Désormais dénommé Total Carbon Neutrality Ventures, il compte actuellement des participations dans 35 sociétés.

  • DUNKERQUE, LE PROCÉDÉ DMX™ VEUT ACCÉLÉRER
    LE CCS POUR LA SIDÉRURGIE

Mi-2019, un consortium réunissant 11 acteurs européens, dont ArcelorMittal, Axens, IFP Energies nouvelles (IFPEN) et Total,

a lancé un projet de démonstration d’un procédé innovant de captage de CO2 d’origine industrielle, nommé DMX™.

Le projet « 3D » (pour DMX™ Demonstration in Dunkirk), au budget de 19 M€ sur 4 ans, fait partie d’un programme pour la recherche et l’innovation de l’Union européenne.

Coordonné par l’IFPEN, « 3D » vise un triple objectif. D’abord, démontrer l’efficacité du procédé DMX™ à l’échelle d’un pilote industriel capable, dès 2021, de capter 0,5 tonne par heure de CO2 issu du gaz sidérurgique.

Ensuite, préparer la mise en place d’une première unité industrielle sur le site ArcelorMittal de Dunkerque, pouvant capter plus d’1 Mt CO2 par an.

Enfin, concevoir le futur pôle européen de Dunkerque-Mer du Nord, qui pourrait capter, conditionner, transporter et stocker 10 Mt CO2 par an et verrait le jour à horizon 2035.

Une R&D mobilisée pour la transition énergétique

La transition énergétique conduit à adapter des procédés, à mobiliser des matériaux et des technologies nouvelles, à s’appuyer sur l’intelligence des données… Autant d’axes de progrès qui figurent au cœur des métiers de la R&D. Mobilisée pour donner les meilleurs atouts à l’ambition du Groupe, celle-ci est un fer de lance de l’engagement de Total vers la neutralité carbone.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

La R&D est une clé de la transformation à long terme, et chez Total les projets dédiés à la décarbonation du mix énergétique concentrent plus de 40 % des efforts de recherche. Énergies renouvelables, systèmes électriques hybrides pour la mobilité et les sites industriels, biocarburants, captage du CO2… le Groupe s’investit dans les domaines stratégiques qui contribueront demain à la neutralité carbone.

  • BATTERIES « TOUT SOLIDE » : UN ESPOIR
  • POUR LA MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

Les batteries contemporaines (à base de nickel ou de type lithium-ion) reposent toutes sur l’utilisation d’électrolytes liquides. En revanche, pour les batteries « tout solide » au lithium, il est possible de stocker l’énergie (ou les ions, au choix) en utilisant un électrolyte solide conducteur d’ions associé à une électrode à base de lithium métallique. À la clé : une capacité augmentée, un coût réduit et une diminution importante du risque d’inflammation. Saft, filiale de Total dédiée aux batteries électriques, s’est associé à d’autres champions industriels,

au sein de l’alliance européenne pour les batteries, afin de concrétiser cette voie. 

40Plus de

%

du budget de la R&D dédiés aux énergies bas carbone.

Un des axes stratégiques

de la R&D du Groupe, le « Mix Bas Carbone », se focalise sur les technologies et procédés

de captage, stockage et  utilisation du CO2 (lire page 42), le développement d’outils et de procédés industriels neutres en carbone, et la création de biocarburants et de bioproduits. Total soutient par exemple

la startup canadienne Svante, impliquée dans le CCUS,

qui développe une technologie sans équivalent de captage par adsorption. La production d’électricité bas carbone

par les énergies renouvelables, ou encore le développement du stockage d’électricité

Images satellite prises en Australie dans le cadre du projet DEMETER.

  • DEMETER : QUAND L’IA IDENTIFIE LE POTENTIEL
  • ENR D’UN TERRITOIRE

Le projet R&D de Total DEMETER (DEMocratized gEospatial inTelligencE workRspace), constitué de trois « briques », veut automatiser l’analyse des images satellites au profit des énergies renouvelables (ENR) et des puits de carbone. Solar Mapper, co-développée avec Google, doit automatiser l’évaluation

du potentiel solaire d’un site (le toit d’une maison par exemple), partout dans le monde, sans recours à une image satellite haute résolution. Wind Mapper a pour objectif de cerner le potentiel éolien d’un site. La « brique » Puits de carbone forestiers, enfin, identifiera les indicateurs de suivi de l’exploitation

de parcelles de forêts ou de plantations constituant des puits de carbone naturels. 

TROIS ACCORDS-CADRES

AU SERVICE DE LA

NEUTRALITÉ CARBONE

SIGNÉS EN 2019

  • l’IFPEN, pour une durée de cinq ans, sur le captage, le stockage et l’utilisation
    du CO2 afin de réduire le coût des infrastructures, améliorer l’efficacité

énergétique de la chaîne et assurer son déploiement à grande échelle.

Une chaire avec IFP School est également mise en place pour former une nouvelle génération de chercheurs et d’experts internationaux qui développeront des technologies pour réduire le CO2 dans l’atmosphère. Dans ce cadre, Total a commencé ses travaux sur le déploiement de la bioénergie avec captage et stockage du carbone (BECCS).

le Commissariat à l’énergie

atomique et aux énergies

alternatives (CEA),

pour une durée de cinq ans,

afin de pouvoir développer

des programmes

(via Saft), font également l’objet de partenariats d’excellence.

Les débouchés de ces recherches seront déterminants pour la mobilité électrique ou la gestion de l’intermittence des énergies renouvelables.

La chaîne de valeur

du gaz mobilise, elle aussi,

de nombreuses équipes de R&D que ce soit pour explorer de nouveaux procédés ou pour électrifier tout ou partie des usines de liquéfaction. Surtout, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour la décarbonation du gaz naturel, qui pourrait ainsi lier son destin

  • celui de l’hydrogène. Aujourd’hui 95 % de l’hydrogène commercial

mondial est produit à partir de combustible fossile, avec de fortes émissions associées de CO2. Pour produire de l’hydrogène sans émissions de CO2, il est possible de faire appel aux technologies de captage et stockage de CO2, aux technologies d’électrolyse de l’eau, en utilisant de l’électricité sur base renouvelable, ou

  • de nouveaux procédés, comme la pyrolyse du méthane, permettant de décomposer le gaz naturel
    en hydrogène et en carbone.

de R&D communs dans

les domaines de l’énergie,

notamment bas carbone.

Un premier projet est

en cours dans le domaine

des microalgues pour

permettre de convertir

le CO2 en biocarburants.

le Centre National de

la Recherche Scientifique

(CNRS), pour une période

de quatre ans, afin de

poursuivre les nombreuses

coopérations notamment

sur la chimie organique

et dans le domaine

du photovoltaïque.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Mobiliser les énergies

Les défis à relever pour réussir la transition énergétique et limiter le réchauffement climatique nettement en deçà de 2 °C sont des défis globaux. Total s’implique activement pour les relever, grâce à ses partenariats, à sa participation à de nombreuses associations professionnelles et à sa contribution

à la promotion d’une tarification carbone ambitieuse.

OGCI – Les industriels de l’Oil & Gas conjuguent leurs efforts

Au sein de l’Oil & Gas Climate Initiative (OGCI), Total et onze autres compagnies pétrolières et gazières coopèrent pour identifier, soutenir et accélérer le développement et le déploiement de solutions réduisant les émissions de GES sur la chaîne de valeur de l’énergie, l’industrie et les transports.

L’OGCI a été mise en place en 2014 par les présidents de grandes compagnies pétrolières et gazières

– dont Total -, dans le but

de soutenir une transition vers une économie neutre en carbone.

En 2019, ses membres représentaient 32 % de la production mondiale d’hydrocarbures opérée soit plus

de 20 % de l’énergie primaire consommée. Son périmètre d’action est mondial.

L’OGCI favorise les bonnes pratiques du secteur en matière de reporting, de réduction des émissions et de séquestration du CO2. Grâce à son expertise et à sa capacité financière, elle peut financer et monitorer la recherche de solutions technologiques de rupture dans différents domaines.

32%

de la production mondiale d’hydrocarbures.

En juillet 2020, l’OGCI a annoncé un nouvel objectif pour 2025 portant sur l’intensité carbone moyenne des opérations amont des 12 compagnies membres.

Cet objectif vise une intensité carbone de 20 à 21 kgCO2e/bep d’ici 2025, ce qui correspond à une réduction estimée entre 36 et 52 MtCO2

par an, à production constante. Cet objectif complète une annonce faite en 2018 d’un objectif de réduction des émissions de méthane

  • un taux inférieur à 0,25 % d’ici
  • 2025 contre 0,32 % en 2017. L’ambition affichée est même d’aller au-delà si possible, à un taux de 0,20 %.

Un fonds dédié aux technologies bas carbone

Dans le but de développer

des solutions pour un avenir bas carbone durable, l’OGCI a créé

un fonds spécifique, l’OGCI Climate Investments, lancé en 2017 et doté de plus d’un milliard de dollars sur dix ans. Il finance des technologies limitant significativement les émissions. Parmi celles-ci figurent par exemple des services de détection et mesure des émissions de méthane par satellite (GHGSat), par avion (Kairos Aerospace)

ou par drone (SeekOps Inc.) ;

CHIFFRES CLÉS

DU FONDS OGCI-CI

20M$

dédiés à la réduction

du méthane

36M$

dédiés à la réduction

du CO2

48M$

dédiés au CCS

ou encore une technologie incorporant le CO2 comme matière première dans la fabrication

des polyols, utilisés dans les polyuréthanes, qui sont des matières plastiques aux multiples applications (Econic Technologies). En 2019, le fonds a notamment investi dans la startup 75F,

qui développe une solution

de gestion intelligente de l’énergie des bâtiments (lire encadré).

  UNE IA POUR OPTIMISER LES FLUX D’ÉNERGIE DES BÂTIMENTS

La startup 75F a développé un système de contrôle intelligent, associant logiciels et objets connectés, pour optimiser la consommation énergétique des dispositifs de chauffage et climatisation dans les bâtiments commerciaux. Cette solution peu coûteuse peut être déployée rapidement aussi bien

dans les constructions neuves qu’au sein de bâtiments existants. Les algorithmes de machine learning utilisés par

75F optimisent régulation thermique et éclairage de bâtiments au plus près des usages réels et réduisent la consommation d’énergie de 30 à 50 %. 75F est notamment présente en Asie, où les enjeux de consommation énergétique de la climatisation sont importants. 

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Un fort soutien au CCS

En 2019, l’OGCI a lancé une initiative pour faciliter l’émergence d’une industrie de captage et

de stockage de CO2 à la mesure des enjeux de nombreux secteurs, commercialement viable, sûre

et respectueuse de l’environnement, au-delà même de l’Oil & Gas.

Cette initiative, baptisée CCUS Kickstarter, se concentre

sur l’accompagnement à la mise en place de conditions sociales, économiques, techniques, financières et réglementaires

19

projets et entreprises soutenus par le fond OGCI-CI.

favorables à l’émergence

d’une filière CCUS dans plusieurs pays. Par ailleurs, en cohérence avec cette perspective, le fonds s’est engagé en mai 2019 dans Wabash Valley Resources, le plus vaste programme de CCS

aux États-Unis. Objectif de captage annuel : 1,5-1,75 MtCO2 issues d’une usine de fabrication d’ammoniaque. Elle soutient également un des premiers projets de CCS industriels commerciaux, le Net Zero Teesside au Royaume-Uni, et a publié

en juillet 2020, en partenariat avec le Global CCS Institute et Pale Blue Dot Energy, le premier catalogue mondial indépendant des sites géologiques susceptibles de constituer un réservoir pour le CCS.

Un reporting commun

Les membres de l’OGCI s’appuient sur une méthodologie commune de reporting de leurs émissions. La cohérence des données collectées, rendues anonymes et agrégées est garantie par

un tiers indépendant (EY). Cette homogénéisation des pratiques permet d’établir des cibles communes et d’améliorer les performances individuelles et collectives.

Tarification du carbone : Total aux avant-postes

La tarification du carbone est un levier majeur pour atteindre la neutralité carbone. Depuis plus de 10 ans, Total plaide pour la fixation d’un prix mondial du carbone et applique un prix interne du carbone dans l’évaluation de ses propres projets.

En intégrant dans le prix des énergies leur contenu en CO2, la tarification carbone renchérit les énergies les plus émettrices. Donner un prix au carbone permet notamment d’inciter l’ensemble des acteurs à accélérer le basculement du charbon vers le gaz et les énergies renouvelables dans la production d’électricité. Sur le long terme,

« Les économistes considèrent la taxe carbone comme le moyen le plus efficace pour réduire les émissions. »

James Baker,

ancien secrétaire d’État des États-Unis

c’est également un moyen d’orienter l’investissement vers la recherche dans des technologies bas carbone et dans le captage et stockage du CO2. Partout dans le monde, des projets de taxation ou de marché du carbone émergent et se structurent. Le Canada, par exemple, a instauré une taxe carbone de 20 dollars canadiens la tonne en 2019. Elle est aujourd’hui de 30 dollars la tonne et devrait progressivement passer à 50 dollars d’ici à 2022. D’autres pays – parmi lesquels la Chine et le Mexique – ont mis en place récemment des mécanismes de tarification d’ampleur variable et l’Union européenne a renchéri sa tonne de carbone grâce à la réforme de son marché ETS (Emissions Trading Scheme).

Pour un mécanisme international équilibré

Depuis 2014, l’appel du Pacte mondial des Nations Unies invite les entreprises

  • soutenir publiquement l’importance
    d’un prix du CO2 en promouvant des mécanismes de régulation adaptés aux contextes locaux. En 2015, Total et cinq compagnies pétrolières et gazières mondiales

(BG, BP, Eni, Equinor et Shell) ont adressé un courrier au secrétariat de la CCNUCC1 et à la présidence de la COP21, appelant à l’instauration de mécanismes de tarification du carbone. En 2017, le Groupe a rejoint, en tant que membre fondateur,

le Climate Leadership Council (CLC). D’autres entreprises multinationales issues de secteurs d’activité variés ont à leur tour rejoint cette initiative qui promeut une approche progressive de la tarification carbone aux États-Unis. Les revenus générés

par cette tarification seraient intégralement redistribués aux citoyens sous la forme d’un Dividende Carbone dont le montant serait

le même pour tous. Le plan prévoit de commencer avec un prix

du carbone de 40 $ la tonne. Comme l’écrit l’ancien secrétaire d’État des États-Unis James Baker, co-auteur, avec George Shultz, du Plan Dividende Carbone,

« il commence par une taxe carbone, que les économistes considèrent comme le moyen le plus efficace économiquement pour réduire les émissions… » mais « tout l’argent est rendu directement aux citoyens…

Notre plan évite les réglementations qui freinent la croissance et se finance lui-même ».

Un mécanisme similaire a été mis

en place au Canada et cette initiative a vocation à être répliquée dans d’autres pays. Total estime que la tarification du carbone est essentielle, car les majors de l’énergie ont besoin de politiques publiques stables et de signaux prix prévisibles pour accélérer leurs investissements dans les technologies et les produits bas carbone.

Donner de la visibilité quant à la contrainte future sur les émissions de GES est important pour l’évolution du mix énergétique. Le Groupe encourage, partout dans le monde, la fixation d’un prix du carbone,

tout en veillant au traitement équitable des secteurs exposés aux fuites de carbone, tels que définis par l’Union européenne. Total travaille par ailleurs conjointement avec la Banque mondiale au sein de la Carbon Pricing Leadership Coalition (CPLC).

1. Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques

Associations professionnelles : évaluer pour mieux interagir

S E P T E M B R E 2 0 2 0

Total adhère à des associations professionnelles, dont il publie la liste depuis 2016. Il coopère avec ces associations sur des sujets le plus souvent techniques mais certaines prennent également des positions publiques sur d’autres sujets, dont le climat. Total s’assure de l’alignement des associations dont il est membre avec ses positions et évalue régulièrement cet alignement sur les enjeux climatiques.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E

Total au sein des associations

Total participe à des associations commerciales et industrielles, nationales ou internationales, en particulier lorsqu’une approche collective est plus efficace qu’une action isolée. Via ces associations, le Groupe peut par exemple contribuer

  • la définition de standards techniques mais aussi faire entendre sa voix sur des réglementations et des politiques publiques pertinentes pour ses activités.

La gouvernance des associations les amène le plus souvent à adopter des positions correspondant à une forme de consensus parmi leurs membres. Ainsi, la position d’une association ne reflète pas toujours les positions de chacun de ses membres. La priorité des représentants de Total au sein de ces associations est donc de soutenir, défendre et promouvoir les positions du Groupe. En cas

de désaccord, les représentants du Groupe affirment sa position, cherchent à faire évoluer la position de l’association et proposent éventuellement au Groupe d’en sortir si ces positions n’évoluent pas.

Grâce à cette approche pragmatique, Total s’assure que sa participation à des associations professionnelles concourt à la promotion de ses positions.

La prise en compte du changement climatique est un sujet majeur aujourd’hui pour les pouvoirs publics, les consommateurs et les entreprises. Dans ce contexte, les associations ont un rôle important à jouer dans les débats sur les moyens d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. C’est le cas, par exemple, pour

la reconnaissance de l’intérêt de la tarification du carbone et Total soutient plusieurs associations dont les positions ont permis de faire progresser cette reconnaissance.

Revue des participations

Total a conduit en 2019 une première évaluation des positions publiques des principales associations professionnelles dont il est membre, sur le sujet climatique, et en 2020, une mise à jour de cette évaluation a été réalisée. Pour les associations ayant exprimé des positions sur le climat, l’alignement avec Total a été revu selon six points clés (voir ci-contre).

  REVUE DES PARTICIPATIONS SELON SIX POINTS CLÉS :

  1. La position scientifique : pour Total, le lien entre les activités humaines et le changement climatique est un fait établi.
  2. L’Accord de Paris : Total reconnaît l’Accord de Paris comme une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique et soutient les initiatives des États parties prenantes pour atteindre les objectifs de cet accord, et notamment celles visant à atteindre la neutralité carbone.
  3. La tarification du carbone : Total considère qu’il est nécessaire de mettre en place une tarification du carbone afin de stimuler l’efficacité énergétique, de soutenir les technologies à faible émission de carbone et de mettre en place des solutions de puits de carbone nécessaires à la neutralité carbone.
  4. Le rôle du gaz naturel : Total considère que le gaz naturel, associé au biogaz et à l’hydrogène, est un élément clé de la transition énergétique, en particulier en remplacement du charbon. Le Groupe soutient les politiques visant à réduire les émissions de méthane, de la production à la consommation de gaz naturel, et en particulier les initiatives visant à la réduction du brûlage, comme l’initiative Zero Routine Flaring de la Banque mondiale.
  5. Le développement des énergies renouvelables : Total soutient les politiques, initiatives et technologies visant à promouvoir
    le développement des énergies renouvelables. Total soutient d’autre part le développement des biocarburants durables.
  6. Le développement du CCS : Total soutient le développement du CCS, indispensable à l’atteinte de la neutralité carbone durant la seconde moitié du siècle comme le prévoit l’Accord de Paris.

LA CHARTE ÉTHIQUE

DU LOBBYING DE TOTAL

Présent dans plus de 130 pays et fort de plus de 100 000 collaborateurs, le Groupe est un acteur économique majeur sur la scène internationale. Sur le sujet du climat, les attentes des États et de la société civile sont naturellement fortes. Les actions de lobbying de Total sont fondées sur les valeurs définies dans son Code de Conduite. Depuis 2016, ces actions sont encadrées par la charte éthique du lobbying du Groupe. Celle-ci prévoit notamment que la liste des associations professionnelles auxquelles le Groupe adhère figure sur son site internet. Elle garantit également la cohérence entre les positions publiques du Groupe et celles portées par son lobbying direct ou indirect via les associations professionnelles. Ainsi, dans le cas où ces positions divergeraient, la charte précise

Le Groupe peut être amené à prendre publiquement position dans le débat public lorsque des propositions vont clairement à l’encontre

d’un de ces critères. Ainsi, Total a pris position, fin 2019, contre le relâchement (rollback) de la réglementation méthane aux États-Unis. Le Groupe a d’autre part pris position aux États-Unis en 2020 en faveur de la mise en place d’une plus grande transparence financière sur les paiements effectués par les industries extractives, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années pour les sociétés européennes (depuis 2015 pour Total).

Pour chaque critère, les positions publiques des associations professionnelles opposées à celles du Groupe ont été retenues comme « non alignées » et les positions équivoques comme « partiellement alignées ». L’absence de position a été interprétée pour les deux premiers critères (la position scientifique et l’Accord de Paris) comme un alignement partiel ; pour les autres critères, une absence de position a été ignorée dans l’évaluation.

  • l’issue de l’analyse, chaque association est classée selon son degré d’alignement avec les positions du Groupe, dans l’une des trois catégories suivantes : « non alignée » (au moins un critère avec une position « non alignée »), « partiellement alignée » (un ou plusieurs critères avec des positions « partiellement alignées ») ou « alignée » (pour chaque critère sur lequel l’association a pris position, celle-ci est en ligne avec celle de Total).

En 2019, trois associations avaient été évaluées « partiellement alignées » et ont fait l’objet d’un suivi particulier.

L’American Chemistry Council (ACC) : cette association a récemment publié ses principes sur le climat. Ils sont alignés avec les positions de Total, y compris sur le développement des énergies renouvelables (critère partiellement aligné dans notre analyse de 2019). Cette association est donc maintenant évaluée comme « alignée ».

L’American Petroleum Institute (API) : l’API a montré sa volonté de prendre en compte le sujet climat à part entière en créant un comité dédié, en parallèle de ses comités traditionnels Amont

que ce sont les positions de Total qui prévaudraient.

et Aval. Cependant l’association n’a pas évolué sur son soutien

au relâchement de la réglementation américaine sur les émissions de méthane ; l’API reste donc évaluée comme « partiellement alignée ».

La Canadian Association of Petroleum Producers (CAPP) : dans le cadre

de son retrait progressif des sables bitumineux, Total ne renouvellera pas son adhésion à cette association professionnelle.

Notre analyse de 2020 a également relevé que la Texas Oil & Gas Association (TXOGA) a soutenu

le relâchement de la réglementation américaine des émissions de méthane ; TXOGA est donc évaluée comme « partiellement alignée ».

Pour les associations « partiellement alignées », Total privilégie la possibilité de faire évoluer en interne leurs positions.

M B R E 2 0 2 0

RÉSULTATS DE LA REVUE DES POSITIONS DES ASSOCIATIONS

PARTIELLEMENT ALIGNÉES

American Petroleum Institute (API)

Notre analyse indique que ces associations sont

Texas Oil & Gas Association (TXOGA)

partiellement alignées avec Total sur un ou plusieurs

des critères suivants :

l’Accord de Paris (API),

la tarification du carbone (API),

le développement des énergies renouvelables (API),

le rôle du gaz naturel (API, TXOGA) ; en particulier,

le soutien de ces associations au relâchement de la

réglementation américaine sur les émissions de méthane.

Vis-à-vis de ces associations, la démarche de Total

est la suivante :

faire part de nos points de désaccord,

poursuivre notre engagement pour promouvoir

nos positions,

réévaluer leur alignement et, si nécessaire, reconsidérer

notre adhésion.

ALIGNÉES

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E

American Chemistry Council (ACC)

Association française des entreprises privées (AFEP) Association Française du Gaz (AFG)

Assomineraria (Assomin)

Australian Petroleum Production & Exploration Association (APPEA)

Belgian Petroleum Federation (BPF) BusinessEurope

Conseil européen de l’industrie chimique (CEFIC) Danish Shipping (DS)

Essenscia

EUROGAS

European Round Table for Industry (ERT) France Chimie

FuelsEurope

International Air Transport Association (IATA) International Association of Oil & Gas Producers (IOGP) International Emissions Trading Association (IETA)

IPIECA

MEDEF Mineralölwirtschaftsverband (MWV) Norsk Olje Og Gass (NOROG)

Oil & Gas Denmark (OGD)

Oil and Gas UK (OGUK)

UK Petroleum Industry Association (UKPIA) Union Française de l’Electricité (UFE)

Union Française des industries du Pétrole (UFIP)

World Business Council for Sustainable Development (WBCSD)

Notre analyse indique que ces associations sont alignées avec Total sur les critères sélectionnés pour cette évaluation. Total poursuivra son engagement auprès de ces associations afin d’y promouvoir ses positions y compris sur les sujets climatiques.

TCFD

Cadre de reporting

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Pour son reporting climat, TOTAL suit les recommandations de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) autour des quatre grandes thématiques : gouvernance, stratégie, gestion des risques et indicateurs

  • objectifs. Issue du Conseil de stabilité financière du G20, la TCFD fait référence pour la communication climat des entreprises. Le tableau suivant présente les correspondances entre les recommandations
    de la TCFD, le questionnaire CDP et les informations publiées dans le Document d’enregistrement universel (Universal Registration Document) du Groupe.

Accéder à

Accéder

l’intégralité

à l’intégralité

du Document

des réponses

d’enregistrement

de Total au

universel

questionnaire

de Total

CDP 2020

THÉMATIQUES

RECOMMANDATIONS

SOURCES DE L’INFORMATION

DE LA TCFD

DANS LE REPORTING DE TOTAL

GOUVERNANCE

a) Décrire la supervision des risques

URD 2019 – 5.6.1

Décrire la gouvernance

et opportunités relatifs au climat

CDP – C1.1

par le Conseil d’administration.

de l’organisation concernant

les risques et opportunités

b) Décrire le rôle du management dans

URD 2019 – 5.6.1

relatifs au climat.

l’évaluation et la gestion des risques

CDP – C1.2

et opportunités relatifs au climat.

STRATÉGIE

a) Décrire les risques et opportunités

URD 2019 – 5.6.2

Décrire les impacts existants

relatifs au climat que l’organisation

CDP- C2

a identifiés pour le court, moyen

et potentiels des risques

et long terme.

et opportunités relatifs au climat

sur les activités de l’organisation,

b) Décrire les impacts des risques

URD 2019 – 5.6.2

sa stratégie et sa planification

financière, dans la mesure

et opportunités relatifs au climat

CDP- C3.1

où l’information est pertinente.

sur les activités de l’organisation,

sa stratégie et sa planification

financière.

c) Décrire la résilience de la stratégie

URD 2019 – 5.6.2

de l’organisation, en prenant en

considération différents scénarios

relatifs au climat, y compris

un scénario à 2 °C ou moins.

GESTION DES RISQUES

a) Décrire les processus de l’organisation

URD 2019 – 5.6.3

Décrire comment l’organisation

pour identifier et évaluer les risques

CDP – C2.1, C2.2

relatifs au climat.

identifie, évalue et gère les risques

relatifs au climat.

b) Décrire les processus de l’organisation

URD 2019 – 5.6.3

pour gérer les risques relatifs au climat.

CDP – C2.2

c) Décrire comment les processus

URD 2019 – 5.6.3

pour identifier, évaluer et gérer

CDP – C3.1

les risques relatifs au climat sont

intégrés dans le management

des risques de l’organisation.

INDICATEURS ET OBJECTIFS

a) Décrire les indicateurs utilisés par

URD 2019 – 5.6.4

Décrire les indicateurs et objectifs

l’organisation pour évaluer les risques

CDP – C6, C10

et opportunités relatifs au climat,

utilisés pour évaluer et gérer

en liaison avec sa stratégie

les risques et opportunités relatifs

et son processus de management

au climat, dans la mesure

des risques.

où l’information est pertinente.

b) Publier les émissions de GES scope 1,

URD 2019 – 5.6.4

scope 2, et, si c’est pertinent, scope 3,

CDP – C6, C10

et les risques correspondants.

c) Décrire les objectifs utilisés

URD 2019 – 5.6.4

par l’organisation pour gérer

CDP – C4.1, C4.2

les risques et opportunités relatifs

au climat, et sa performance

par rapport aux objectifs.

URD = Universal Registration Document 2019 de TOTAL

CDP = Réponse 2020 de TOTAL au questionnaire CDP Climate Change

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Indicateurs

ÉMISSIONS DE GES

2015

2016

2017

2018

2019

SCOPE 1 OPÉRÉ

Mt CO2e

42

41

38

40

41

Émissions de GES directes des sites opérés

DÉCOMPOSITION PAR SECTEUR

Activités hydrocarbures Amont (a)

Mt CO2e

19

19

17

18

18

Integrated Gas, Renewables & Power,

Mt CO2e

0

0

2

3

excluant les activités gaz de l’amont

Raffinage-Chimie(b)

Mt CO2e

22

22

21

21

20

Marketing & Services(c)

Mt CO2e

<1

<1

<1

<1

<1

DÉCOMPOSITION PAR ZONE GÉOGRAPHIQUE

Europe : UE27 + Norvège + Royaume-Uni

Mt CO2e

22

21

20

24

24

Europe : autres (yc. Russie)

Mt CO2e

1

< 1

< 1

< 1

< 1

Afrique

Mt CO2e

12

12

10

11

11

Amériques

Mt CO2e

4

4

4

4

4

Asie / Océanie

Mt CO2e

3

3

2

< 1

< 1

Moyen-Orient

Mt CO2e

1

1

1

1

1

DÉCOMPOSITION PAR TYPE DE GES

CO2

Mt CO2e

39

38

35

38

39

CH4

Mt CO2e

2

2

2

2

2

N2O

Mt CO2e

<1

<1

<1

<1

<1

Mt CO2e

SCOPE 2 OPÉRÉ (d)

4

4

4

4

4

Émissions indirectes liées à la consommation

d’énergie des sites opérés

SCOPES 1 ET 2 DES INSTALLATIONS

Mt CO2e

46

45

41

42

41,5

OIL & GAS OPÉRÉES(a)+(b)+(c)+(d)

SCOPE 1 EN PART PATRIMONIALE

Mt CO2e

50

51

50

54

55

Émissions directes de GES en part patrimoniale

SCOPE 3 1

Mt CO2e

410

420

400

400

410

Autres émissions indirectes – Utilisation par

les clients des produits vendus pour usage final

INDICATEUR D’INTENSITÉ CARBONE

Indicateur d’intensité carbone des produits énergétiques

Base 100 en 2015

100

99

97

95

94

utilisés par les clients du Groupe (71 gCO2e/MJ en 2015)

AUTRES INDICATEURS

Indicateur Groupe d’Efficacité Energétique (GEEI)

Base 100 en 2010

90,8

91,0

85,7

88,4

88,0

Volume quotidien de gaz envoyé à la torche (activités

Mm3/j

7,2

7,1

5,4

6,5

5,7

hydrocarbures amont, périmètre opéré ; inclus brûlage

de sécurité, de routine et de non-routine)

dont brûlage de routine

Mm3/j

2,33

1,7

1,0

1,1

0,9

1. Le Groupe suit généralement les méthodologies sectorielles pour l’industrie pétrolière publiées par l’IPIECA, et qui sont conformes aux méthodologies du GHG Protocol. Dans ce document, seul le poste 11 du Scope 3 (utilisation des produits vendus), qui est le plus significatif, est rapporté. Les émissions de ce poste sont calculées à partir des ventes de produits finis dont l’étape suivante est l’usage final, c’est-à-dire leur combustion pour obtenir de l’énergie. À ces ventes est appliqué un facteur d’émissions stœchiométrique (oxydation des molécules en dioxyde de carbone) pour obtenir une quantité d’émission.

Pour en savoir +

Total propose un dispositif de reporting et d’information sur ses enjeux de Corporate Social Responsibility (CSR). En complément du document d’enregistrement universel (URD), le reporting complet sur ces thématiques est consultable sur notre site sustainable-performance.total.com. Et retrouvez toutes les publications du Groupe sur le site total.com.

Le Document d’enregistrement universel intègre :

  • le rapport financier annuel 2019,
  • le rapport du conseil d’administration sur le gouvernement d’entreprise prévu à l’article L. 225-37 du Code de commerce,
  • le descriptif du programme de rachat d’actions,
  • le rapport sur les paiements effectués au profit des gouvernements prévu à l’article L. 225-102-3 du Code de commerce,
  • les rapports des commissaires aux comptes.

Sustainable performance

Total a ouvert en mai 2016 un site dédié au reporting CSR, régulièrement enrichi et mis à jour. Sécurité, climat, préservation de l’environnement, éthique, respect des droits de l’homme, engagement sociétal : sur l’ensemble des enjeux du CSR, ce site rassemble nos politiques, l’information sur les actions menées par le Groupe ainsi que les indicateurs de performance associés. Il rend également publique la réponse de Total aux différents standards de reporting extra-financier.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

Unités de mesure

  1. baril

bep/j

baril équivalent pétrole par jour

CO2e

équivalent CO2

  1. équivalent
  1. milliard
  1. joule
  1. millier
  1. million

Mm3

million de mètres cubes

Mtpa

Million de tonnes par an (de GNL)

  1. tonne

TWh térawatt-heure

  1. watts

Acronymes

AIE

Agence internationale de l’énergie

CCS

Captage et stockage de CO2

(Carbon Capture & Storage)

CCGT

Centrale à gaz à cycle combiné

(Combined Cycle Gas Turbine)

CCUS

Captage, stockage et valorisation

de CO 2 (Carbon Capture,

Use and Storage)

EPA

Environmental Protection Agency

GES

Gaz à effet de serre

GIEC

Groupe d’experts

intergouvernemental

sur l’évolution du climat

GNC

Gaz naturel comprimé

GNL

Gaz naturel liquéfié

GNV

Gaz naturel pour véhicule

GRP

Gas, Renewables & Power

IA

intelligence artificielle

OGCI

Oil & Gas Climate Initiative

R&D

Recherche et développement

$

abréviation pour le dollar

américain (États-Unis)

SDS

Scénario Développement

durable de l’AIE

Définitions

Biogaz

Le biogaz est produit par fermentation de matière

organique issue de déchets. Il est composé

à 60 % de méthane renouvelable et à 40 %

de dioxyde de carbone (CO2).

Biométhane

Le biométhane est un biogaz épuré dans lequel

on a concentré le méthane. Il peut notamment

être injecté dans le réseau de transport de gaz.

Il peut remplacer le gaz naturel dans tous

ses usages classiques.

GES

Les gaz à effet de serre désignent les six du

protocole de Kyoto, à savoir le CO2, CH4, N2O,

les HFC, les PFC et le SF6, avec leurs pouvoirs

de réchauffement global) respectifs tels que

donnés par le rapport du GIEC de 2007.

Installations oil & gas opérées

Installations opérées par le Groupe dans

le cadre des activités d’hydrocarbures Amont

et des activités des secteurs Raffinage-Chimie

et Marketing & Services. Elles n’incluent pas

les installations de génération électrique à partir

de sources renouvelables ou de gaz naturel telles

que les centrales à cycle combiné au gaz naturel.

Périmètre opéré

Sites et actifs industriels dont TOTAL SE ou 

l’une des sociétés qu’elle contrôle est l’opérateur,

c’est-à-dire opère ou s’est vu déléguer

contractuellement la maîtrise des opérations.

V E R S L A N E U T R A L I T É C A R B O N E S E P T E M B R E 2 0 2 0

ICONOGRAPHIE

Total, Xavier Aansart, Michel Cecconi, Beatrice Offshore Windfarm Limited, Bernard Blaise, Thierry Gonzalez, Nedim Imre, Michel Labelle, Win Initiatives, Total E&P Nigeria LTD, Ken Taylor, Laurent Villeret, Laurent Zylberman – Graphix Images, DR.

CONCEPTION ET RÉALISATION

AVERTISSEMENTS

Ce rapport est publié uniquement à des fins d’information et aucune conséquence juridique ne saurait en découler. Les entités dans lesquelles TOTAL SE détient directement ou indirectement une participation sont des personnes morales distinctes et autonomes. TOTAL SE ne saurait voir sa responsabilité engagée du fait des actes ou omissions émanant desdites sociétés. Les termes « Total », « groupe Total » et « Groupe » qui figurent dans ce document sont génériques et utilisés uniquement à des fins de convenance. De même, les termes « nous », « nos », « notre » peuvent également être utilisés pour faire référence aux filiales ou à leurs collaborateurs. Il ne peut être déduit de la simple utilisation de ces expressions une quelconque implication de TOTAL SE ni d’aucune de ses filiales dans les affaires ou la gestion d’une autre société du groupe Total. Ce document se réfère à un indicateur d’intensité carbone des produits énergétiques utilisés par les clients du Groupe,

qui mesure les émissions moyennes de gaz à effet de serre de ces produits depuis leur production jusqu’à leur utilisation finale, par unité d’énergie.

Cet indicateur couvre les émissions directes de gaz à effet de serre des installations de production et transformation (scope 1) et les émissions indirectes liées à l’achat d’énergie (scope 2), ainsi que les émissions liées à l’usage des produits par les clients du Groupe (scope 3) dont TOTAL n’a pas la maîtrise (pour une information complémentaire sur les définitions des scopes 1, 2, 3 se reporter au Document d’Enregistrement Universel).

Ce document peut contenir des informations et déclarations prospectives qui sont fondées sur des données et hypothèses économiques formulées dans un contexte économique, concurrentiel et réglementaire donné. Elles peuvent s’avérer inexactes dans le futur et sont dépendantes de facteurs

de risques. Ni Total SE ni aucune de ses filiales ne prennent l’engagement ou la responsabilité vis-à-vis des investisseurs ou toute autre partie prenante de mettre à jour ou

de réviser, en particulier en raison d’informations nouvelles ou événements futurs, tout ou partie des déclarations, informations prospectives, tendances ou objectifs contenus dans ce document. Des informations supplémentaires concernant les facteurs, risques et incertitudes susceptibles d’avoir un effet sur les résultats financiers ou les activités du Groupe sont par ailleurs disponibles dans les versions les plus actualisées du Document d’Enregistrement Universel déposé par la Société auprès de l’Autorité des marchés financiers et du Form 20-F déposé par la Société auprès de la United States Securities and Exchange Commission (« SEC »).

total.com

Total est un acteur majeur de l’énergie, qui produit et commercialise des carburants, du gaz naturel et de l’électricité bas carbone. Nos 100 000 collaborateurs s’engagent pour une énergie meilleure, plus sûre, plus abordable, plus propre et accessible au plus grand nombre. Présent dans plus de 130 pays, notre ambition est de devenir la major de l’énergie responsable.

Direction de la Communication

TOTAL SE

2, place Jean-Millier

92400 Courbevoie – France

Tél. : +33 (0)1 47 44 45 46

Capital Social : 6 641 697 357,50 euros 542 051 180 RCS Nanterre

www.total.com

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Total SA published this content on 01 October 2020 and is solely responsible for the information contained therein. Distributed by Public, unedited and unaltered, on 01 October 2020 15:49:05 UTC

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