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Transition énergétique : quels objectifs pour la France ces dix prochaines années ? – Sud Ouest

Plus de renouvelables et moins de nucléaire : c’est en pleine pandémie, le 23 avril, que le gouvernement a finalement adopté la programmation énergétique (PPE) de la France pour les dix prochaines années. Des objectifs qu’il faudra cependant tenir, et renforcer, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vent et soleil trouveront-ils leur place ?

Pendant le confinement, dans un contexte de demande en baisse, les énergies renouvelables, qui ont priorité sur le réseau, ont assuré jusqu’à 35% de la production électrique quotidienne. De 23% aujourd’hui, la PPE vise 27% d’électricité d’origine renouvelable consommée en France en 2023, et 33–36% en 2028. Le secteur s’en réjouit, mais s’alarme de la capacité à y arriver au vu du retard du pays, détenteur du « record européen » de lenteur d’avancée des projets. « On est pour l’instant en deçà de ce qu’il faudrait faire », résume Nicolas Wolff, directeur général de Boralex Europe et président de France énergie éolienne.

D’ici 2028, il faudrait installer 2 gigawatts de panneaux solaires par an, quand on est seulement à 1 gigawatt. Et 1,8 gigawatt en éolien, contre 1,3 gigawatt en 2019. La profession réclame une réduction des délais de traitement administratif, un encadrement de l’instruction des recours, un relèvement, « de façon juste », de la taxe carbone sur les énergies fossiles. Côté éolien en mer, le premier chantier (Saint-Nazaire) a démarré, pour une ouverture en 2022, 10 ans après son attribution.

>> À lire aussi : Élisabeth Borne : « la transition écologique est la meilleure stratégie » pour sortir de la crise

Nucléaire : stop ou encore ?

La France compte ramener la part du nucléaire dans la production électrique de plus de 70% aujourd’hui à 50% en 2035. Quatorze réacteurs seront fermés, dont les deux de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) qui cessera son activité le 30 juin. Ce dernier arrêt, hautement symbolique, n’a pas été remis en cause, même si la pandémie a compliqué l’organisation de l’approvisionnement des hivers prochains en retardant des travaux d’entretien.

Quant au chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), « le projet a été très considérablement ralenti » par le confinement, selon le PDG d’EDF, mais l’objectif reste un chargement du combustible fin 2022. Ce n’est qu’après, lors du prochain quinquennat, que la France décidera si elle veut d’autres EPR.

EPR de Flamanville © Crédit photo : Jonathan KONITZ Maxppp

Moins de pétrole ?

La France veut réduire sa dépendance à cet hydrocarbure, qui affecte climat et qualité de l’air. En 2019, les livraisons de carburants routiers ont été stables par rapport à 2018. La consommation a chuté durant le confinement, avant de rebondir: elle reste actuellement 20% à 25% inférieure à la normale, malgré les prix faibles. Pour l’avenir, le gouvernement mise sur le véhicule électrique. De janvier à mai, il s’en est vendu 31.244, soit 6,5% du marché (1,8% un an plus tôt).

Le plan d’aide au secteur automobile prévoit une hausse du bonus à l’achat, un déploiement accéléré des bornes de recharge. Mais contrairement au plan allemand, la prime à la conversion inclut l’achat de véhicules thermiques (de moins de 10 ans). Face au boom des SUV (4×4 urbains), les ONG demandent une réforme de la fiscalité et des contreparties vertes imposées aux constructeurs aidés.

Le Haut conseil du climat, instance indépendante créée par Emmanuel Macron pour évaluer les politiques climatiques, ne dit pas autre chose, interrogeant aussi le « sous-investissement massif dans la maintenance du réseau ferroviaire ». Côté aérien, le gouvernement a promis 15 milliards d’euros, dont 1,5 milliard pour la recherche en faveur d’un avion neutre en carbone, et veut encourager le recours au train sur les plus courtes distances.

Comment accélérer les économies d’énergie ?

Pour tenir les engagements climatiques, la transition devra passer par plus d’efficacité. Le bâtiment est la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre en France, après les transports, mais la rénovation thermique des logements (sept millions de « passoires ») peine à se massifier. La future réglementation pour l’habitat neuf voit aussi s’affronter les tenants du gaz, énergie fossile, et de l’électricité.

Borne de rechargement pour voitures électriques © Crédit photo : Patrick Lefevre Maxppp

En attendant, plus symboliquement, les écologistes s’attaquent aux publicités lumineuses, comme à Paris où ils sont alliés avec la maire sortante Anne Hidalgo. Le gouvernement a aussi lancé un très populaire plan d’aide à la réparation des vélos. Avec l’espoir de voir leur part passer de 3% à 9% dans les déplacements quotidiens d’ici à 2024.

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