Vers un datahub national pour les données énergétiques – ICTjournal

En quoi consiste le projet de datahub mené par l’OFEN?

L’introduction des compteurs intelligents représente la première étape de la digitalisation des réseaux d’électricité dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération. La deuxième étape consiste à pouvoir utiliser et partager les données récoltées de façon efficace, ainsi qu’à faciliter la gestion de l’accès à ces données. Nous travaillons dans ce but à l’élaboration d’un datahub qui regroupera les données de consommation, mais aussi les données de production d’électricité. Il faut savoir que d’ici 2050, on verra apparaître de plus en plus de petits producteurs d’énergie renouvelable, y compris des particuliers. Rien que dans le domaine photovoltaïque, on pourrait atteindre des centaines de milliers de producteurs. La production sera ainsi toujours beaucoup plus redistribuée. Avec le datahub, toutes ces données seront rendues disponibles de façon rapide et efficace à l’ensemble des parties prenantes des systèmes énergétiques et du marché de l’électricité. Des données sous forme agrégées sont par exemple fournies aux distributeurs pour faire des calculs de prédiction de demande énergétique. Le datahub leur permettra de gagner en efficacité, en garantissant que les données se basent sur des valeurs correctes et complètes.

Outre les avantages que vous venez de décrire, quels autres bénéfices apportera cette infrastructure nationale?

Il sera possible de davantage automatiser la gestion des données et des processus des systèmes énergétiques, ou encore de faire avancer la recherche et la mise au point de services innovants pour les consommateurs basés sur les données. De nombreux chercheurs souhaitent élaborer des algorithmes et solutions exploitant l’intelligence artificielle dans le domaine de la production et de la consommation d’énergie. Mais ils butent contre la difficulté d’accéder à des données fiables et complètes. Pour les particuliers, les bénéfices potentiels des solutions qui pourraient se reposer sur le datahub sont nombreux, qu’il s’agisse de profiter de transparence dans le secteur d’énergie, d’optimiser leur consommation, de les sensibiliser à l’aide d’outils basés sur les données, de changer de fournisseur d’électricité ou de souscrire à des services innovants. Quelqu’un pourrait par exemple partager en un seul clic ses données avec un prestataire qui lui fournira un mix optimal d’énergies renouvelables, de service de flexibilité (gestion de l’électromobilité ou pompe à chaleur). Des «places du marché» transparentes permettront en outre d’acheter et de revendre de l’électricité à son voisin ou à une multitude de petits producteurs renouvelables.

Quel rôle joue l’OFEN dans ce projet et quels sont les principaux challenges?

Nous donnons l’impulsion et travaillons à l’acceptation du projet par les parties prenantes à qui nous devons faire prendre conscience de toutes les possibilités et les bénéfices d’un tel datahub. Ces possibilités proposées grâce aux données numériques sont presque inépuisables et sont le futur du système énergétique. Nous travaillons aussi sur la gestion des risques associés. Nous menons dans ce but des études et des analyses de cas d’usage. Nous allons aussi suggérer quelles réglementations doivent figurer dans la révision de la loi sur l’approvisionnement en électricité afin de pouvoir exploiter tout le potentiel de l’infrastructure de données, ainsi qu’en assurer la transparence et une gouvernance neutre. Convaincre toutes les parties prenantes de l’utilité d’une telle infrastructure ne va pas de soi et nous devons faire en sorte que tous partagent un même niveau de connaissance sur le sujet. C’est aussi un challenge important de devoir gérer la complexité des processus et la transversalité des multiples cas d’usage. Les défis en matière de cybersécurité et de protection des données doivent être pris en compte.

Sur quelle architecture IT se basera le datahub?

L’idée est de mettre en place une infrastructure de stockage distribuée interconnectant les données qui resteront hébergées, toujours en Suisse, auprès des acteurs de la branche. Il s’agira de développer une API nationale pour permettre l’utilisation de données via la plateforme par des parties prenantes enregistrées expressément pour utiliser certaines données, en fonction du besoin et de l’approbation de l’utilisateur final. Pour gérer les accès, nous envisageons la création d’un consortium.

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