Climat : comment Trump respecte presque l’Accord de Paris, malgré lui – Les Échos

Publié le 12 janv. 2021 à 19:41

Donald Trump a beau piétiné l’accord de Paris, il reste qu’à cause, ou grâce à la pandémie de coronavirus , il en respecte presque les objectifs. L’année dernière, les émissions de gaz à effet de serre outre-Atlantique ont fondu de plus de 10 %, pour se retrouver au plus bas depuis au moins 30 ans. Un score qui s’explique par la pandémie de coronavirus qui a mis un bon coup de frein à l’économie du pays, selon une étude publiée par l’institut de recherche Rhodium Group , et épluché par le New York Times .

Toutes sources de pollutions confondues, la baisse sur le territoire est l’une des fortes jamais enregistrées depuis la Deuxième Guerre mondiale, selon Rhodium Group. Elle rapproche franchement les Etats-Unis de l’une de ses cibles fixées dans le cadre de l’Accord de Paris , un pacte international qui lie près de 200 pays dans la lutte contre le changement climatique. Sous Barack Obama, les Etats-Unis s’étaient effectivement engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 17 % sous leur niveau de 2005, d’ici 2020.

A circonstance extraordinaire, conséquence extraordinaire. Les experts sont formels : pour poursuivre ce cycle vertueux, les Etats-Unis ont d’immenses défis à affronter afin de contrôler leurs émissions contributrices au réchauffement de la planète. Car une fois le choc de la pandémie absorbée, la pollution devrait reprendre de plus belle – à moins que les législateurs n’obligent à faire un bon coup de ménage dans les centrales énergétiques, les usines et les voitures du pays.

Les transports au ralenti

« Les baisses les plus importantes de 2019 concernent le transport, -14,7 %, un secteur encore lourdement dépendant des hydrocarbures », explique Kate Larsen, directrice chez Rhodium Group. « Mais une fois que les vaccins seront plus accessibles, et dès que les Américains se sentiront plus en confiance pour reprendre le volant, ou voyager en avion, nous prévoyons une reprise des émissions – à moins que des réformes politiques d’envergure ne soient instituées. » Les Américains ont parcouru 15 % de « miles » en moins en 2020, comparé à 2019, et la demande en kérosène a fondu de plus d’un tiers.

Les émissions émanant des industries lourdes, comme l’acier ou le ciment, ont reculé de 7 % en 2020, alors que les constructeurs automobiles et autres industriels ont moins fait tourner leurs lignes de production, pris dans le marasme économique. L’immobilier américain, producteur de dioxyde de carbone en consommant du pétrole ou du gaz naturel pour les chauffages, ont vu leurs émissions baisser de 6,2 % ? En cause : les nombreux confinements, mais aussi une météo plus clémente qu’ordinaire.

Les énergies renouvelables ont au contraire bondi en 2020, alors que le secteur de l’énergie a surmonté les perturbations liées à la pandémie en construisant un nombre record d’éoliennes et de panneaux solaires avant l’arrivée à expiration de nombreux crédits d’impôts. Les Etats-Unis ont produit quasiment autant d’électricité issue de renouvelables que de charbon en 2020, une étape jamais franchie jusqu’à présent.

Deux bémols

Mais ces bonnes nouvelles sont à prendre avec des pincettes. Tout d’abord, ces statistiques ne prennent pas en compte les émissions liées aux incendies ravageurs de septembre dernier dans tout l’Ouest américain, de la frontière canadienne à la Californie. Ils ont brûlé plus de 4 millions d’hectares sur leur passage. Par ailleurs, ces émissions pourraient repartir à la hausse une fois les vaccins largement distribués et l’économie remise sur pied. Le Groupe Rhodium a remarqué qu’un rebond similaire s’est produit après la crise financière de 2008/2009, qui avait causé une forte baisse de la pollution.

« Malheureusement, 2020 ne nous éclaire en rien sur ce que l’on peut attendre de 2021 et au-delà », conclut le rapport. « La vaste majorité de ces baisses s’expliquent par une activité économique sur le déclin, et non par des changements structurels qui pérenniseraient cette tendance ».

Joe Biden a fait du réchauffement climatique l’une des priorités de son mandat. Le président élu a proposé un plan de 2.000 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures peu carbonées, avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Pour ce faire, selon les experts, de nouvelles politiques majeures sont nécessaires pour accélérer l’emploi des énergies renouvelables, pousser les Américains à rendre les clés de leurs voitures pour aller vers des modèles électriques plus propres et repenser les méthodes de chauffage domestique, la production d’acier et de ciment.

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