Joe Biden continue de déployer son ambitieux plan pour le climat – Radio-Canada.ca

Il faut s’attaquer à cette menace maximale à laquelle nous faisons maintenant face, les changements climatiques, avec un plus grand sens de l’urgence, a-t-il déclaré à la Maison-Blanche, disant voir dans ce défi prioritaire un avenir plein d’espoir et de possibilités.

Le nouveau président des États-Unis a notamment décrété un moratoire sur les forages d’hydrocarbures sur les terres et les eaux fédérales, qu’encourageait son prédécesseur Donald Trump.

Il a aussi ordonné à toutes les agences fédérales d’éliminer les subventions profitant à l’industrie des combustibles fossiles et d’investir de manière à transformer l’économie dans les zones qui en dépendent.

Les décrets ordonnent aussi une augmentation des achats d’énergies renouvelables, notamment éolienne, et des investissements accrus dans la recherche et le développement pour ces sources d’énergie.

Nous avons déjà trop attendu pour faire face à cette crise climatique. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps.

Joe Biden, président des États-Unis

Nous le voyons de nos propres yeux. Nous le ressentons. Nous le savons viscéralement. Et il est temps d’agir, a soutenu M. Biden.

Des décrets consacrent aussi des engagements du président à préserver l’intégrité de 30 % des terres et des eaux fédérales d’ici 2030, afin d’enrayer la perte de la biodiversité, et à électrifier la flotte de véhicules du gouvernement.

<q data-attributes="{"lang":{"value":"fr","label":"Français"},"value":{"html":"Cela signifiera 1million de nouveaux emplois dans l’industrie automobile américaine","text":"Cela signifiera 1million de nouveaux emplois dans l’industrie automobile américaine"}} » lang= »fr »>Cela signifiera 1 million de nouveaux emplois dans l’industrie automobile américaine, a soutenu M. Biden, qui a d’ailleurs lié les actions pour contrer les changements climatiques à la création d’emplois.

Certains détracteurs de son plan ont plutôt déploré la perte de centaines d’emplois occasionnées par le décret présidentiel invalidant le permis de construction de l’oléoduc Keystone XL.

Le président américain souhaite que les États-Unis abandonnent progressivement les énergies fossiles. Il souhaite que tout le secteur énergétique soit carboneutre d’ici 2035, et que l’ensemble de l’économie le soit en 2050.

Des puits de pétrole, au Texas.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Joe Biden a par ailleurs annoncé la création d’un Conseil interagences de la Maison-Blanche sur la justice environnementale, affirmant que l’enjeu de la justice environnementale sera au centre des politiques de son administration.

Il faut prendre en compte les impacts disproportionnés des changements climatiques sur la santé, l’environnement et l’économie des communautés afro-américaines, hispaniques et autochtones, mais aussi des Blancs défavorisés, a-t-il dit.

Les agences gouvernementales seront ainsi sommées d’adopter des mesures de soutien aux populations le plus souvent pauvres et racisées qui vivent à proximité de sources de pollution.

Une priorité nationale

Joe Biden a aussi indiqué que son administration fera de la lutte contre les changements climatiques une priorité nationale en matière de sécurité, qui deviendra un élément essentiel de la diplomatie et des politiques de sécurité du pays. Une première pour les États-Unis.

La présence de l’émissaire spécial du président pour le climat, l’ancien secrétaire d’État John Kerry, au Conseil de sécurité nationale (NSC), témoignait déjà de cette volonté. C’est la première fois que le NSC compte dans ses rangs quelqu’un dont le rôle est entièrement consacré à la lutte contre les changements climatiques.

Plus tôt dans la journée, John Kerry a indiqué au cours d’un point de presse de la Maison-Blanche que les États-Unis entendent convoquer un sommet des dirigeants de la planète le 22 avril, jour de la Terre, pour discuter de la lutte contre les changements climatiques.

Il a promis quel l’administration Biden annoncera d’ici là une nouvelle série d’objectifs spécifiques détaillant la manière dont les États-Unis réduiraient leurs émissions de dioxyde de carbone selon les termes de l’Accord de Paris.

Dans un des premiers gestes posés à titre de président, Joe Biden a annoncé mercredi dernier par décret, dans les heures suivant son investiture, que les États-Unis rejoignaient cette entente internationale, que Donald Trump avait abandonné.

Le sommet annoncé par M. Kerry pourrait offrir l’occasion de préparer le terrain en vue de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP26), qui doit avoir lieu au Royaume-Uni en novembre.

Un impact relatif

Le moratoire sur les forages d’hydrocarbures sur les terres et les eaux fédérales permettra à M. Biden de concrétiser une promesse de campagne, mais l’impact de cette mesure pourrait néanmoins s’avérer limité à court et à moyen termes.

Selon un rapport gouvernemental datant de 2018, environ un quart des émissions de dioxyde de carbone aux États-Unis était attribuable à de l’énergie produite sur les terres ou les eaux fédérales.

Qui plus est, le moratoire ne concernera pas les terrains privés, qui sont essentiellement gérés par les États, et les concessions déjà accordées sur les propriétés fédérales ne devraient pas être touchées.

Selon une analyse de données gouvernementales effectuée par Associated Press, pas moins de 1400 permis d’exploitation ont été accordés par l’administration Trump sur une période de trois mois à la fin de 2020.

Ces permis, qui demeureront valides, permettront à des compagnies de poursuivre leurs activités d’exploration et d’exploitation pour de nombreuses années à venir.

L’approche du nouveau président aura un impact sur les revenus fédéraux. Selon le département de l’Intérieur, l’octroi de concessions pétrolières, gazières ou d’extraction de charbon a généré 11,7 milliards de dollars en 2019.

À lire aussi :

L’industrie pétrolière pousse de hauts cris

Sans surprise, les objectifs du nouveau président démocrate ont provoqué de vives critiques au sein de l’industrie des énergies fossiles, déjà refroidie par l’annulation du permis de construction de l’oléoduc Keystone XL.

Limiter l’exploitation sur les terres et les eaux de l’État, ce n’est rien de moins qu’une politique visant à importer davantage de pétrole, a dénoncé Mike Sommers, président de l’American Petroleum Institute, la plus grande fédération des professionnels de l’industrie pétrolière et gazière aux États-Unis.

La demande en énergie va continuer à s’accroître, notamment avec l’amélioration de la situation économique, et nous pouvons choisir de produire cette énergie ici aux États-Unis ou de dépendre de pays étrangers hostiles aux intérêts américains.

Mike Sommers, président de l’American Petroleum Institute

Certaines associations environnementales, comme l’ONG Oceana, souhaitent au contraire que le nouveau locataire de la Maison-Blanche aille encore plus loin et qu’il transforme le moratoire sur les forages en une interdiction permanente.

En protégeant de façon pérenne nos côtes de forages polluants en pleine mer et en privilégiant des sources renouvelables d’énergie, comme l’éolien en mer, on peut simultanément combattre le changement climatique et garantir une économie verte pour nos littoraux, indique une porte-parole du groupe, Diane Hoskins.

Au-delà des décrets présidentiels, le président Biden doit aussi présenter au Congrès un plan pour le climat assorti d’investissements de 2000 milliards de dollars, censé placer durablement l’énergie verte au cœur de l’économie américaine.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et Washington Post

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