Les fondations engagent leurs forces dans la lutte contre le changement climatique – Les Échos

Publié le 4 févr. 2021 à 12:09Mis à jour le 4 févr. 2021 à 12:10

Lancée en novembre, l’initiative prospère. La Coalition Française des Fondations pour le Climat (CFFC) affichait à la fin de la semaine dernière sur le compteur de son site (https://www.fondationetclimat.org/manifest) 61 fondations et fonds de dotation ralliés à cette cause. C’est déjà plus du double qu’au démarrage. Tous ont signé le manifeste de cette alliance dont la raison d’être est d’engager l’ensemble du secteur philanthropique dans la lutte contre le réchauffement et ses conséquences désastreuses.

On y trouve la Fondation Carasso , la Fondation Entreprendre, Les Apprentis d’Auteuil , la Fondation Chanel, la Fondation Poma ou encore la Fondation Caritas. Des organisations dont la plupart n’ont pas pour vocation première la défense de la cause environnementale, pas plus que celle du climat. Sauf que ce combat est désormais l’affaire de tous. Au point qu’il serait contre-productif de le réserver aux seules fondations et ONG environnementales auxquelles la CFFC n’a bien sûr pas fermé sa porte. La Fondation Nicolas Hulot fait partie des signataires de la première heure du manifeste.

Une idée née à la COP 21

« En France, 7 % des 5.500 fonds de dotation et des fondations ont pour objet la préservation de l’environnement », indique Jean-Marc Pautras, délégué général du Centre français des fonds et fondations . Le CFF a fait germer cette coalition en 2015, lors de la COP 21, la conférence de Paris sur le climat. Faire fi des 93 % autres aurait été un énorme gâchis sachant que le secteur philanthropique finance chaque année des projets pour près de 3 milliards d’euros, en dépense près de 11, gère 28 milliards d’actifs et emploie 130.000 salariés.

« Ce sont ces moyens que nous voulons mobiliser pour le climat », poursuit Jean-Marc Pautras. Il en va aussi des intérêts mêmes des fonds et fondations qui « commencent à ressentir les effets du réchauffement sur leur coeur d’activité ». Le dérèglement climatique, qui se manifeste par des périodes de sécheresse de plus en plus longues et intenses, compromet la sécurité alimentaire, déjà précaire, de certains pays en développement où opère Plan International en faveur des enfants.

En quête de bonnes pratiques

« Les plus fragiles et les plus pauvres sont les premiers affectés par les changements climatiques. C’est très clair dans les pays du sud », observe Jean-Marie Destrée, le délégué général de la Fondation Caritas France. Il estime que son organisation n’est « pas à la hauteur » de cet enjeu et compte sur le manifeste de la CFFC pour faire la chasse aux bonnes pratiques. « Nous venons décidé de chercher un fonds avec un indice climatique dans lequel placer une partie de nos 50 millions d’euros de réserve annuelle », indique Jean-Marie Destrée.

La Fondation Yves Rocher , elle aussi, a signé le manifeste, pour se tenir à l’affût de nouvelles démarches environnementales même si elle est déjà très versée dans cet exercice. « On peut toujours s’améliorer », jugeMarie-Anne Gasnier, déléguée générale de cette fondation reconnue fondation d’utilité publique il y a un an. Ce statut lui a imposé de constituer une dotation dont le montant est de 1,5 million d’euros. « Nous avons créé un comité financier et travaillé avec d’autres fondations pour nourrir nos réflexions sur des placements responsables », détaille Marie-Gasnier.

Un milliard d’euros à lever

La Fondation Yves Rocher a ainsi pu renforcer son expertise sur l’offre existante. « Plusieurs banques nous ont été conseillées, notamment la banque Lombard-Odier qui dispose d’un fonds d’obligations vertes, et la banque Meeschaert qui développe des fonds durables d’obligations dans les énergies renouvelables », poursuit-elle.

Le genre de démarche que Jean-Marc Pautras souhaite voir se multiplier à marche forcée. « Nous visons 200 fondations signataires, celles qui pèsent 80 % du secteur en France », signale-t-il. Dès lors, le manifeste dont elles s’engagent à appliquer les principes, permettrait de lever un milliard d’euros en faveur d’actions bénéfiques pour la planète.

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