Pourquoi les promesses des emplois «verts» sont difficiles à tenir – Les Échos

Publié le 18 janv. 2021 à 8:10

Sur le papier, la vague de création d’emplois liée à la transition énergétique pourrait être massive. A l’automne dernier, une étude menée par huit fédérations professionnelles représentatives de la filière électrique a chiffré à 200.000 emplois nets le vivier ouvert par la mise en oeuvre de la feuille de route du gouvernement en matière de transition énergétique (la programmation pluriannuelle de l’énergie – PPE) à l’horizon 2030. Soit rien de moins qu’une progression de 30 % par rapport aux effectifs actuels de la filière. Et cela sans même envisager une renaissance de l’industrie photovoltaïque en France…

Un vivier d’emplois massif dans le bâtiment

L’essentiel du vivier identifié provient de la filière du bâtiment qui, si les ambitions du gouvernement se matérialisent, devra mettre en oeuvre des rénovations massives au cours des dix prochaines années pour réduire les émissions des bâtiments résidentiels et aussi tertiaires . Rien que pour ces rénovations, l’étude anticipe 80.000 créations d’emplois en dix ans.

Le deuxième foyer attendu, avec 46.000 emplois potentiels identifiés, est lié à la création de nouvelles infrastructures dans les villes et pour le transport (bornes de recharge, ect.). Des créations d’emplois importantes dans les énergies renouvelables sont aussi anticipées, à hauteur de 34.000, voire 66.000 selon un scénario plus optimiste. De quoi largement compenser les 7.000 emplois qui devraient disparaître à cet horizon, selon cette étude, dans le nucléaire et l’énergie thermique – avec la fermeture des dernières centrales au charbon et de plusieurs réacteurs nucléaires.

En pratique, atteindre ces scores sera une gageure. D’abord parce qu’il faudrait déjà tenir les objectifs de déploiement des énergies renouvelables et de rénovation sur le territoire tout en maintenant les emplois actuels de la filière. Or, un décrochage réel est déjà observé par rapport à la trajectoire, en particulier dans le photovoltaïque qui plafonne à 1 GW de nouvelles capacités installées chaque année, contre 3 GW nécessaires pour tenir le rythme annoncé. Aussi, dans une étude publiée à l’été 2020, l’Ademe notait que la tendance de création d’emplois dans les énergies renouvelables était inférieure de 16 % aux prévisions de la PPE.

Des politiques publiques déterminantes

En outre, les expériences de ces dernières années montrent que pour que la vague d’emplois verts se matérialise, la visibilité des politiques publiques est déterminante. A Saint-Nazaire, où General Electric a repris l’usine destinée à l’éolien en mer lancée par Alstom , les aléas et retard des projets ont convaincu l’américain de recourir largement à des intérimaires et à réduire ses ambitions dans les parcs français.

Dans le solaire, un trou d’air en termes d’emplois a aussi suivi le moratoire imposé au secteur en 2010. Et celui-ci n’a pas encore été rattrapé. Selon l’Ademe, le photovoltaïque employait 6.210 personnes en France en 2018, contre 32.330 en 2010. Globalement dans les énergies renouvelables, l’Ademe comptabilise 90.120 emplois à fin 2018. C’est 14 % de plus qu’en 2016, mais 12 % de moins qu’en 2010.

admin

Share
Published by
admin

Recent Posts

Les groupes pétroliers prennent le virage des énergies renouvelables – Boursier.com

Sylvie Aubert, publié le 25/02/2021 à 09h57 , modifié le 26/02/2021 à 01h57 Les groupes…

1 heure ago

Jean-Luc Martinet lorgne le marché des énergies renouvelables au Maroc – Le Desk

Banques CIH Bank: Le PNB consolidé en hausse de 10,3% en 2020 Le produit net…

5 heures ago

Investir dans les énergies renouvelables au Burkina Faso – Deutsche Welle

Eco Afrique Au Burkina Faso, moins d’un million de personnes sont connectées au réseau électrique…

10 heures ago

Electricité renouvelable, quoi qu’il en coûte ? – Journal de l’Automobile

Zoom de l’Arval Mobility Observatory – Plus les semaines passent, plus la question de l’accès…

11 heures ago

This website uses cookies.