Total perd de l’argent, mais gagne un nouveau nom – Le Point

Après la Compagnie française des pétroles, TotalFina ou encore TotalFinaElf, Total prend un nouveau nom. La major française devrait s’appeler, si le conseil d’administration l’approuve le 25 mai, TotalEnergies. Cette fois, le nouveau patronyme n’accompagne pas un changement capitalistique, comme lors des fusions avec Elf ou Fina ; il s’agit, comme l’a dit ce mardi 9 février Patrick Pouyanné en présentant les résultats 2020 de l’entreprise, « d’ancrer la stratégie multi-énergies du groupe dans un nouveau nom. En septembre, c’était une idée, elle a depuis fait son chemin. »

Le pétrole, qui a fait la prospérité de l’entreprise française, reste encore aujourd’hui la principale source de revenus de Total (55 % du cash flow). Ce matin, Patrick Pouyanné, son PDG, a toutefois averti : « Nous ne voulons plus croître dans le pétrole. » L’année passée a, d’une certaine façon, accéléré la sortie de l’or noir : les prix se sont effondrés (le baril valait 20 dollars en avril, contre environ 55 aujourd’hui), et la demande a chuté de 9 %. Les résultats de Total en pâtissent : la compagnie a annoncé une perte de 7,2 milliards de dollars pour 2020, contre un bénéfice de 11,2 milliards en 2019. Mais, a insisté Patrick Pouyanné, le résultat de Total (4,1 milliards de dollars) est meilleur que celui des cinq autres majors, telles BP, Shell ou ExxonMobil.

À LIRE AUSSIPatrick Pouyanné : « Le tournant historique que j’espère »

Orsted, un exemple à suivre ?

À l’avenir, l’entreprise française misera sur deux piliers : le gaz, beaucoup moins émetteur de CO2 que le pétrole, et l’électricité renouvelable. « La décennie 2020-2030 sera essentielle », a souligné le PDG de Total. Durant ces dix prochaines années, la part des produits pétroliers devrait fondre de 55 à 30 % dans les activités de Total, alors que celle de l’électricité passera de 5 à 15 %. Objectif de la major : faire baisser ses émissions nettes de CO2 de 40 % entre 2015 et 2030.

En 2020, Total a poursuivi ses investissements dans les énergies renouvelables (+ 20 % environ). Ses capacités (photovoltaïque et éolien) sont passées à 7 gigawatts (GW), et devraient atteindre 10 GW cette année. Si on cumule les projets en cours, l’objectif de 2025, soit 35 GW, est d’ores et déjà atteint, assure Patrick Pouyanné. Dotée de moyens puissants, la major française devrait faire la course en tête dans le secteur du renouvelable : son objectif pour 2025 est le plus ambitieux parmi toutes les majors (même si Shell et Chevron n’en ont pas encore affiché). Il dépasse aussi celui de nombreuses entreprises du secteur de l’énergie, comme EDF ou Orsted, une entreprise danoise qui a longtemps prospéré dans le brut avant d’opérer un virage radical vers les énergies renouvelables. Un exemple souvent cité par les connaisseurs comme celui d’une mue réussie…

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